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SENEGAL-ECONOMIE

Adama Lam : "Cessons de faire des entreprises nationales des sociétés de sous-traitance''

Dec. 6, 2022, 4:27 p.m.

Dakar, 6 déc (APS) – Le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal, Adama Lam, a appelé, mardi, à cesser de faire des entreprises nationales sénégalaises, des sociétés de sous-traitance pour des multinationales étrangères, en leur facilitant l’accès à la commande publique.

‘’Il nous faut arrêter de faire de nos entreprises nationales, des sociétés de sous-traitance pour des multinationales étrangères, en leur accordant une plus grande accessibilité à la commande publique’’, a-t-il préconisé.


M. Lam s’exprimait ainsi, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture d’un atelier sur le thème ‘’Défis et enjeux de l’opérationnalisation des régimes de préférences accordés au secteur privé dans la commande publique communautaire dans les pays de l’UEMOA’’. Cette rencontre est organisée par la CNES, en collaboration avec l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP).


Elle constitue, selon lui, une occasion pour le secteur privé et l’administration centrale, de ‘’poser un regard attentif et constructif sur la performance du système de la commande publique au Sénégal, en termes de niveau d’intégration des biens et services de notre secteur privé dans les prestations, les fournitures et les travaux communautaires.’’


Il estime que l’atelier doit ’’permettre d’engager des réflexions stratégiques approfondies sur le contenu communautaire de la commande publique des pays de l’UEMOA et d’enclencher des actions planifiées devant conduire à une large diffusion et à une mise en œuvre efficace des dispositions préférentielles communautaires’’, ainsi que celles de la ’’Banque mondiale.’’

A en croire le président de la CNES, ’’l’intensité d’utilisation de biens et services communautaires pour satisfaire la commande publique’’ au Sénégal et dans les autres pays de l’UEMOA, constitue ’’le levier indispensable au sein de notre communauté sous-régionale, pour l’intégration commerciale, l’intégration des capacités productives et celle des travaux d’infrastructures.’’


’’La commande publique qui mobilise plus de 2000 milliards de francs CFA par année peut être un levier de développement du secteur privé national dans ce contexte de crise, si une bonne stratégie est mise en place’’, a pour sa part affirmé le directeur général de l’ARMP, Saer Niang.
 

Selon le DG de l’ARMP, il est ’’unanimement admis’’ aujourd’hui, qu’il y a ’’nécessité de renforcer la participation du secteur privé dans les investissements à long terme dans notre espace’’. Il a cependant rappelé que ‘’cette participation est consubstantielle à la révision de nos procédures de passation et d’exécution des marchés publics pour atteindre l’efficience dans un contexte de raréfaction des ressources’’.

C’est le sens, selon lui, de l’organisation de cet atelier avec le secteur privé national, pour ’’trouver les voies et moyens de renforcer nos entreprises à travers la commande publique’’. Il relève toutefois qu’’’entre 2020 et 2021, leur part de marché correspond à 67% du volume des marchés, en participant seules ou en constituant des groupements avec des entreprises étrangères.’’

Toutefois, il est d’avis que ce taux ’’certes satisfaisant’’, est toujours ’’en deçà de nos objectifs, au regard des grands enjeux que sont l’existence d’un secteur privé fort, l’emploi et l’employabilité des jeunes, des femmes et des personnes vivant avec un handicap.’’

A ce propos, Saer Niang a annoncé la mise en œuvre prochaine par l’ARMP d’un projet dénommé ‘’Small Business Act’’, dont l’objectif est ‘’d’accompagner les entreprises’’, notamment, celles dirigées par’’ cette frange de la population’’. 

Il signale en outre que ‘’des régimes préférentiels sont accordés aux entités classées économiquement faibles, dont les groupements d’ouvriers, les coopératives d’artisans ou d’artistes et les artisans individuels.’’


‘’Le développement harmonieux de nos Etat est à ce prix, pour rivaliser avec les plus grandes firmes internationales’’, a pour sa part soutenu la présidente du Haut Conseil du dialogue social (HCDS), Innocence Ntap Ndiaye, invitant les acteurs à ‘’toujours privilégier le dialogue et la concertation.’’

MK/ASG

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