SENEGAL-MONDE-CYBERCRIMINALITE
Dakar, 20 fév (APS) – Au moins 300 000 personnes originaires de 66 pays seraient impliquées, ”souvent sous la contrainte”, dans les réseaux mondialisés d’escroqueries en ligne, a indiqué le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) dans un rapport rendu public vendredi à Genève.
L’agence onusienne déclare se baser sur des ‘’estimations jugées crédibles’’. Le rapport dévoile notamment, selon HCDH, l’envers des escroqueries en ligne, un système dans lequel les enlèvements, les tortures, les violences sexuelles et les avortements forcés sont plus que présents.
”Pour alimenter cette industrie criminelle en pleine expansion, des centaines de milliers de personnes, recrutées dans des dizaines de pays, sont contraintes de travailler dans des centres d’arnaque en Asie du Sud-Est, dans des conditions relevant de la traite d’êtres humains”, souligne le rapport.
Le document signale que ces pratiques, développées par des réseaux mafieux implantés, principalement dans le bassin du Mékong (Asie du Sud-est), génèrent désormais des milliards de dollars par an. Il tente ainsi de décrire un système structuré et transnational au sein duquel les arnaqueurs sont eux-mêmes des victimes.
”Attirées par des fausses offres d’emploi puis kidnappées, ces dernières se retrouvent enfermées dans des complexes sécurisés, puis forcées de mener des opérations frauduleuses en ligne allant de l’usurpation d’identité aux escroqueries sentimentales, en passant par l’extorsion ou la fraude financière”, déplore le HCDH.
Commentant les enseignements de ce rapport, Volker Türk, Haut-commissaire des Nation unies aux droits de l’homme évoque ”une litanie d’abus stupéfiante et déchirante”.
Portée par l’essor des cryptomonnaies et de la finance numérique, cette économie criminelle générerait jusqu’à 64 milliards de dollars par an, indique le rapport.
Ce travail de l’agence onusienne en charge des droits de l’homme, basé sur des témoignages recueillis dans neuf pays, documente principalement des cas de traite recueillis entre 2021 et 2025 vers des centres frauduleux situés notamment au Cambodge, au Laos, au Myanmar, aux Philippines et aux Émirats arabes unis.
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