Les quotidiens sénégalais à fond sur les prolongations de l’incarcération de Khalifa Sall
APS
SENEGAL-PRESSE-REVUE

Les quotidiens sénégalais à fond sur les prolongations de l’incarcération de Khalifa Sall

Dakar, 9 mars (APS) – La presse sénégalaise de ce vendredi se focalise sur la détention de Khalifa Sall à la prison de Rebeuss dans l’affaire de la caisse d’avance de la Mairie de Dakar.
 
Le maire de Dakar et cinq de ses complices présumés ont été placés mardi sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. 
 
Revenant sur les conditions de détention du maire de Dakar, L’Observateur titre : "Khalifa s’évade en prison". Ce journal, qui cite des sources proches de la Maison d’arrêt de Rebeuss, indique que "Khalifa Sall est logé au quartier réservé à des personnalités d’un certain rang, mais dans la cellule de Karim Wade", le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade.
 
"Il est seul dans une cellule d’un bloc aménagé", écrit L’Obs qui ajoute :"Mais comme à son habitude, le maire de Dakar, qui est rarement sous pression, s’évade presque en prison. Entre prières et lecture du Saint Coran".
 
L’Obs et Vox Populi ne s’accordent pas cependant sur les conditions de détention du maire de la capitale. Incarcéré au quartier VIP de la prison centrale de Dakar, "le maire de Dakar loge dans la chambre qu’occupait Karim Wade", renseigne Vox Populi.
 
"Le maire de la ville qui, à en croire certains de ses proches ne rate aucune des cinq prières, a demandé à sa femme de lui amener un exemplaire du Saint Coran, un chapelet et un tapis de prière", relève ce journal.
 
Sud Quotidien de son côté a mis en exergue le soutien apporté au maire de Dakar après son inculpation et son placement sous mandat de dépôt par le Doyen des juges d’instruction, en titrant : "Les boucliers de Khalifa".
 
Il informe que "le bureau international des maires francophones, dont Khalifa Sall est le secrétaire général, se désole de l’arrestation du maire de Dakar".
 
Pour sa part, le Pr Babacar Guèye, président du Collectif des organisations de la société civile, souligne "la nécessité de pacifier le climat politique", indique Sud Quotidien. 
 
"Il aurait mieux valu placer Khalifa Sall sous contrôle judiciaire que le placer sous mandat de dépôt", a-t-il dit dans des propos rapportés par la même publication, écartant par ailleurs "toute possibilité d’une délégation spéciale à la ville de Dakar".
 
Estimant que c’est "la seconde étape du combat contre Khalifa Sall", WalfQuotidien titre : "Vers une délégation spéciale à la mairie de Dakar".
 
"Khalifa Sall et ses bras droits à la mairie ne doivent pas se faire d’illusions. Les misères ne font que commencer puisqu’en plus des poursuites judiciaires, il est fort à parier que la prochaine étape sera la mise sous délégation spéciale de la mairie de Dakar pour mettre la future tête de liste Taxawu Dakar hors d’état de nuire", analyse ce journal.
 
Et WalfQuotidien d’ajouter : "Ce n’est qu’en cas de condamnation qu’il devra démissionner pour être remplacé, par un autre conseiller municipal, dans les mêmes conditions qu’il a été élu".
 
"Autrement dit, relève-t-il, pour placer la mairie de Dakar sous délégation spéciale, les pouvoirs publics doivent épuiser toutes les voies légales. Et les partisans de Macky Sall ne lésineront pas sur les moyens et les déclarations pour éloigner définitivement Khalifa Sall de la mairie de Dakar."
 
Emprisonné pour détournement, "l’avenir de Khalifa en question", indique La Tribune. "La prison sera-t-elle pour Khalifa Sall la rampe de lancement vers le Palais de la République ou le cimetière de ses ambitions présidentielles ?", s’interroge ce journal.
 
"Pour ne pas annihiler ses chances, Khalifa devra d’ores et déjà préparer des arguments convaincants qui pourraient le tirer de la mauvaise passe dans laquelle il se trouve. Il doit impérativement démontrer son innocence pour que la confiance placée en lui ne s’effrite pas", commente La Tribune.
 
Incarcérations tous azimuts depuis 2012, ‘’Macky invente le délit d’opposition’’, écrit Enquête. Selon ce quotidien, "de 2012 à nos jours, ils sont des dizaines d’opposants à avoir été emprisonnés".
 
Il indique qu’après" le Parti démocratique sénégalais (PDS) soumis au rouleau compresseur de la justice pendant trois ans, c’est désormais autour de la coalition Taxawu Dakar".
 
En politique toujours, Le Quotidien écrit à sa une que "Aïda Mbodj divorce d’avec le PDS". Selon ce journal, la députée libérale et présidente de l’Alliance nationale pour la démocratie (AND), a réitéré, mardi dernier à Ziguinchor, son refus de fusionner la liste de son mouvement avec celle du PDS de Oumar Sarr aux prochaines législatives.
 
Pour sa part, Le Soleil continue à mettre en exergue la tournée économique du président Macky Sall dans les régions de Louga, Saint-Louis et Matam.

Le quotidien national informe que le chef de l’Etat, qui est depuis mercredi l’hôte de la région de Matam, a inauguré plusieurs infrastructures comme le forage de Saré Aiou, l’usine de transformation du riz du maire Kalidou Wagué, à Bokidiawé et le tronçon de la route nationale 2 de Ndouloumadji.

ASB/ASG/MS