Les quotidiens préoccupés par la hausse du nombre des députés
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Les quotidiens préoccupés par la hausse du nombre des députés

Dakar, 3 jan (APS) – Les quotidiens rapportent le désaccord survenu lundi entre la majorité et l’opposition à l’Assemblée nationale, lors de l’examen d’un projet de loi relatif au Code électoral et à l’augmentation du nombre des députés.



"Discorde entre pouvoir et opposition", titre L’As qui, comme d’autres journaux, voit la main du pouvoir exécutif dans la décision du groupe majoritaire ("Benno Book Yaakaar") à l’Assemblée nationale de faire passer le nombre des députés de 150 à 165, soit 15 de plus.

"Dans le camp présidentiel, on défend cette augmentation. L’opposition, elle, rue dans les brancards, crie au scandale et juge que cette mesure va entraîner des dépenses de plus", rapporte L’As.

"Le forcing de Macky Sall", titre Enquête, ajoutant que "le chef de l’Etat a pris de court l’opposition en faisant passer hier le nombre des députés de 150 à 165". "Vous êtes contre la diaspora", a lancé le député Abdou Mbow aux contestataires de la hausse de l’effectif.

La majorité parlementaire, dont M. Mbow est membre, a invoqué, comme motif de la hausse du nombre des députés, la nécessité de représenter les Sénégalais vivant à l’étranger à l’Assemblée nationale. Cet argument ne convainc pas Mamadou Diop "Decroix".

"On augmente le nombre des députés. Les frais [de leur prise en charge] seront aussi revus à la hausse. Au même moment, l’école ne marche pas, les enseignants et les agents de la santé sont en grève", a argué ce membre du groupe des Libéraux et démocrates à l’Assemblée nationale.


Sud Quotidien impute la responsabilité de cette augmentation au président de la République. "Macky ‘tue’ le consensus", titre-t-il, ajoutant que le texte adopté lundi par l’Assemblée nationale "consacre le dernier acte de la série de divergences autour des questions électorales, entre le régime de Macky Sall et son opposition".

"Quinze nouveaux députés pour la diaspora", titre sobrement Le Soleil, qui annonce la création de "huit départements électoraux pour les émigrés" sénégalais : le département de l’Afrique du Nord, celui de l’Afrique de l’Ouest, en plus des départements dédiés à l’Afrique du Centre, à l’Afrique australe, à l’Europe de l’Ouest, etc.

L’Observateur voit une Assemblée nationale minée par la "discorde". "La majorité dicte sa loi, l’opposition menace de saisir le Conseil constitutionnel" pour faire annuler la hausse de l’effectif des membres de la chambre parlementaire, ajoute le même journal, qui mesure "la joie, les déceptions et regrets" découlant de cette décision.

"La liste des mange-milliards s’allonge", écrit La Tribune. "S’il est vrai que les Sénégalais de la diaspora sont d’un apport inestimable pour l’économie du pays, et que leurs préoccupations doivent être prises en compte, ce ne sont pas des députés choisis pour caser une clientèle politique qui vont résoudre leurs problèmes, mais la promotion de personnes compétentes au ministère des Sénégalais de l’extérieur", commente La Tribune.

"C’est une arnaque", dénonce la députée Elène Tine, élue du mouvement "Bës Du Ñakk", citée par Le Quotidien. "Alors que les pays qui veulent vraiment émerger sont dans le ‘Doing Business’, Macky Sall [est] dans le ‘Doing Politics’, autrement dit, il fait de la politique", commente Le Témoin Quotidien.

ESF/PON