Les journaux s’émeuvent des violences, des morts et des dégâts
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SENEGAL-PRESSE-REVUE

Les journaux s’émeuvent des violences, des morts et des dégâts


Dakar, 5 mars (APS) – Les journaux du vendredi consacrent leurs Unes à la poursuite des manifestations violentes notées à Dakar et dans d’autres localités du pays depuis l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, en s’émouvant particulièrement des premiers morts et des importants dégâts déjà provoqués par les scènes d’émeute.


Jeudi, deux jeunes ont perdu la vie à Bignona, une localité du sud du pays, et à Yeumbeul, une commune de la banlieue dakaroise, à la suite de manifestations de protestation contre l’arrestation du leader des Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef).


‘’Deux morts déjà !’’, s’exclame Libération dont la une est illustrée de photos des deux jeunes tués dans les manifestations.


Le journal fait savoir que Cheikh Ibrahima Coly, la victime enregistrée à Bignona a reçu une balle en pleine région du cœur et qu’un agent d’assistance à la sécurité de proximité (APS) a été sauvé de justesse après avoir été aspergé d’essence. Il précise que l’autre victime a trouvé la mort dans un atelier mécanique.


‘’Scènes de chaos dans Dakar sa banlieue et dans plusieurs localités, les étudiants de l’Université de Dakar et celle de Saint-Louis dans les rues’’, résume la publication.

Walf Quotidien dénonce ‘’une folie meurtrière’’ et souligne que le rubicond est en train d’être franchi dans cette affaire de viol présumé dans laquelle le député de l’opposition est citée.


Le journal fulmine contre la coupure des signaux de deux chaînes de télévision, Walf Tv et Sen Tv, des médias privés et évoque une entrave à la liberté d’expression et au droit à l’information.


Les scènes de vandalisme, de pillage et d’affrontement avec les forces de l’ordre se sont poursuivis jusque tard dans la soirée, particulièrement dans la banlieue dakaroise.


Le siège de la RFM, une radio du Groupe futurs médias appartenant au chanteur Youssou Ndour, et qui abrite également les locaux de son journal, celui du quotidien Le Soleil ont par exemple été attaqués provoquant des dégâts importants.


‘’Inacceptable !’’, s’élève ainsi L’Observateur en mettant en relief une photo montrant des véhicules en feu devant le siège de la radio.


‘’Alors que les saccages sont perpétrés un peu partout, que la capitale et sa banlieue s’embrasent, les manifestants ont choisi une autre cible : les locaux du GFM sis à la rue 15 sur la Corniche. L’horloge affiche 20h30 min, les journalistes sont occupés à apporter les dernières touches à leurs articles, lorsqu’une meute de manifestants en furie déboule. Armés de pierre, ils commencent l’opération +caillassage+’’, relate le quotidien. 


Le quotidien Enquête évoque un ‘’Etat balafré’’ au sujet des manifestations de protestation contre l’arrestation d’Ousmane Sonko. Le journal estime que Dakar et certaines régions du pays vont offrir ce matin un spectacle hideux, fruit d’une journée d’affrontements ayant déjà causé la mort de deux jeunes, des dizaines de blessés, en plus d’édifices saccagés, pillés et brûlés.


‘’L’Etat touché, pas coulé’’, affiche de son côté Le Témoin en faisant remarquer que plusieurs villes du pays ont été touchées avec une intensité particulière en banlieue dakaroise où stations-services, magasins Auchan, agences de Sonatel et de banques ont été saccagés.


‘’Le Gouvernement condamne ces violences et annonce des poursuites’’, relaie Le Soleil.


‘’Le gouvernement condamne fermement les actes de violence, les pillages et destructions de biens publics et privés et exprime sa solidarité aux personnes physiques et morales impactées par ces actes dont les instigateurs, auteurs et complices seront recherchés et poursuivis conformément à la loi’’, rapporte le journal en citant un communiqué officiel du gouvernement.


Pendant ce temps, d’autres journaux redoutent de nouvelles violences, à l’image de Sud Quotidien qui alerte sur un ‘’vendredi de tous les dangers’’ après l’appel à manifester pour le respect de l’Etat de droit, lancé par des partis d’opposition et des mouvements de la société civile.


Sur l’affaire de ’’viols répétées’’ et de ’’menaces de mort’’ dans laquelle Ousmane Sonko est cité, un mandat d’amener a été décerné à l’opposant, en garde à vue depuis mercredi dans les locaux de la section de recherches de la gendarmerie de Colobane, à Dakar. 

M. Sonko a été arrêté pour ‘’troubles à l’ordre public’’ et ‘’participation à une manifestation non-autorisée’’.


Il devrait faire face au Doyen des juges, Samba Sall, après le retrait du premier magistrat instructeur qui avait été désigné dans un premier temps .

 


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