L’avis du Conseil constitutionnel à la Une
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L’avis du Conseil constitutionnel à la Une

Dakar, 28 juil (APS) - Les journaux reçus vendredi à l’APS commentent l’avis du Conseil constitutionnel qui a donné la possibilité de voter avec ou sans carte d’électeur biométrique CEDEAO et la campagne électorale qui prend fin ce vendredi.
 
Le détenteur d’un récépissé dont l’inscription effective sur les listes électorales a été vérifiée peut être autorisé, à "titre exceptionnel", à voter si la carte d’identité numérisée, la carte d’électeur numérisée, le passeport ou le document d’immatriculation présenté permet de l’identifier, a estimé le Conseil constitutionnel dans un avis rendu mercredi. 
 
"A titre exceptionnel, pour les élections législatives prévues le 30 juillet 2017, l’électeur n’ayant pu retirer sa carte d’identité CEDEAO faisant office de carte d’électeur, mais dont l’inscription sur les listes électorales est vérifiée, peut voter sur présentation de son récépissé d’inscription accompagné de l’un des documents ci-après dès lors que celui-ci permet de s’assurer de son identité", a dit le Conseil, saisi par le chef l’Etat. 
 
Il cite "une carte d’identité nationale numérisée, une carte d’électeur numérisée, un passeport, un document d’immatriculation pour les primo-inscrits non détenteurs d’un des trois documents administratifs". 
 
Le Conseil constitutionnel fait état des "circonstances exceptionnelles" dans lesquelles se déroule le processus d’organisation des législatives, "caractérisée notamment par des inscriptions massives ainsi que des lenteurs et dysfonctionnements dans la distribution des cartes d’électeur non imputables aux citoyens eux-mêmes, de nombreux Sénégalais jouissant de leurs droits civils et politiques et inscrits sur les listes électorales risquent ainsi d’être privés de l’exercice du droit de vote garanti par la Constitution".
 
Selon Le Soleil, "Le Conseil constitutionnel valide la requête du chef de l’Etat". Mais, le journal signale que la coalition "Mankoo taxawu Senagaal" dénonce "une violation du Code électoral".
 
Pour Vox Populi, "les récépissés font planer des risques sur le scrutin". Dans le journal, le juriste Abdoulaye Dièye parle de "précédent dangereux pour la sécurité juridique".
 
Il déclare : "Ce que le Conseil constitutionnel a fait, c’est paralyser l’application de la loi en invoquant les circonstances. Le Conseil constitutionnel n’est pas au-dessus de la loi, le Conseil constitutionnel n’est pas le législateur".
 
Pour le journal Le Témoin, "Macky Sall +sauve+ ses élections" grâce à cet avis du Conseil constitutionnel.
 
Sud Quotidien parle de "l’avis de la discorde". Selon le journal, l’opposition dénonce "un précédent dangereux" pour la démocratie sénégalaise et des risques "de hold-up électoral et de fraudes massives" tandis que pour la majorité "parler de fraude au Sénégal relève de l’illusion".
 
"Un avis, une polémique", affiche à sa Une Le Quotidien qui note que d’un côté la majorité salue "un geste qui restaure les citoyens dans leur droit constitutionnel", alors que "Mankoo taxawu Senegaal", à Dakar, annonce qu’elle "ne votera pas avec des récépissés".
 
Le scrutin de dimanche comporte "les ingrédients d’un cocktail explosif", selon le quotidien Enquête qui affiche à sa Une : "Le feu couve".
 
La publication note que la coalition "Mankoo taxawu Sengaal" "accuse le pouvoir de +parquer partout à Dakar des individus pour qu’ils votent à la place des vrais électeurs. Mankoo met aussi en garde l’Etat contre la publication de +résultats préfabriqués+".
 
L’Observateur signale qu’à la faveur de l’avis du Conseil constitutionnel, "700 mille électeurs vont agir…".

OID/ASB