Un rapport souligne les efforts à faire pour l’éradication de la faim
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MONDE-SENEGAL-SOCIETE

Un rapport souligne les efforts à faire pour l’éradication de la faim

Dakar, 11 oct (APS) - Le niveau de la faim dans les pays en développement "a diminué de 29 pour cent depuis 2000", sans que la communauté internationale soit "sur la bonne voie" pour mettre un terme à ce phénomène à l’horizon 2030, indique l’édition 2016 de l’Indice mondial de la faim (GHI, en anglais), dont un résumé a été transmis mardi à l’APS.

"Le niveau de la faim dans les pays en développement, tel que mesuré par l’Indice mondial de la faim a diminué de 29 pour cent depuis 2000", mais la communauté internationale ne semble pas être "sur la bonne voie" pour vaincre ce phénomène, souligne la dernière étude de cet outil statistique mis à jour chaque année par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), basé à Washington (Etats-Unis).

"Vingt pays, dont le Rwanda, le Cambodge et le Myanmar, ont réduit leurs scores GHI de plus de 50 pour cent chacun depuis 2000. Et pour la deuxième année consécutive, aucun pays en développement pour lesquels des données étaient disponibles n’était dans la catégorie « extrêmement alarmante »", indique cette étude.

Malgré tout, la communauté internationale ne semble pas être "sur la bonne voie pour mettre fin à la faim", conformément aux Objectifs de développement durable de l’Organisation des Nations unies à l’horizon 2030, selon les auteurs de ce rapport.

"Autrement dit, les pays doivent accélérer le rythme auquel ils réduisent la faim ou nous ne parviendrons pas à atteindre le deuxième objectif de développement durable" des Nations unies en 2030, à savoir l’élimination de la faim, a commenté le directeur général de l’IFPRI Shenggen Fan. 

"Mettre fin à la faim mondiale est certainement possible, mais il revient à nous tous qui avons fixé les priorités, de veiller à ce que les gouvernements, le secteur privé et la société civile consacrent le temps et les ressources nécessaires pour atteindre cet objectif important", a ajouté M. Fan, dans des propos rapportés par ce document.

Un obstacle "pour atteindre la faim zéro est le manque de données complètes pour calculer les scores de l’indice pour les 13 pays. 10 de ces pays ont des indicateurs tels que le retard de croissance, le gaspillage et la mortalité infantile qui soulèvent des préoccupations importantes pour avoir des niveaux de faim élevés, dont le Soudan, le Sud-Soudan, la Somalie et la République arabe syrienne", note le rapport. 

"Le conflit armé est une des principales causes de la faim et de la dénutrition dans beaucoup de ces pays", a déclaré Bärbel Dieckmann, président de Welthungerhilfe, une ONG allemande de coopération au développement et d’aide d’urgence.

L’objectif d’éradication de la faim "ne sera possible que si l’on augmente de manière significative les engagements politiques à la résolution des conflits et à la prévention", ajoute M. Dieckmann, également cité dans cette étude. 

"À l’échelle régionale, l’Afrique au Sud du Sahara a le niveau de la faim le plus élevé, suivie de près par l’Asie du Sud", signale le rapport, précisant des pays la République centrafricaine, le Tchad et la Zambie font partie du top 10 des pays enregistrant "les plus hauts niveaux de la faim", avec Haïti, Madagascar, le Yémen, la Sierra Leone, l’Afghanistan, le Timor-Leste et le Niger. 

Le GHI, l’Indice mondial de la faim, est calculé par l’IFPRI à partir de trois critères que sont la sous-alimentation (part de la population ayant un apport calorique insuffisant), la sous-alimentation infantile (proportion d’enfants de moins de 5 ans ayant un poids insuffisant) et la mortalité infantile (taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans). La notation va de 0 à 100.

En dessous de 5, le niveau de faim est considéré comme bas, de 5 à 10 : modéré ; de 10 à 20 : grave ; de 20 à 30 : alarmant ; et au-dessus de 30 : extrêmement alarmant.

Les statistiques utilisées par l’IFPRI sont celles fournies aux agences internationales par les gouvernements de 122 pays et révisées par ces dernières.

BK/ADC