Un Festival des minorités culturelles transfrontalières pour accompagner l’inauguration de l’Espace culturel
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SENEGAL-CULTURE-INITIATIVE

Un Festival des minorités culturelles transfrontalières pour accompagner l’inauguration de l’Espace culturel "Kuyan Baa"

Dakar, 1-er août (APS) – La première édition d’un Festival des minorités culturelles transfrontalières devrait accompagner l’inauguration de l’Espace culturel "Kuyan Baa" de Ziguinchor, en avril 2017, a annoncé à l’APS l’expert en politiques culturelles, Moustapha Tambadou.


Omar Camara, le promoteur de l’espace en construction, est "engagé avec nous dans la promotion d’un festival des minorités culturelles transfrontalières", a assuré M. Tambadou.


Selon lui, mettre les expressions ethnolinguistiques de la Casamance qui se retrouvent de l’autre côté des frontières de la Casamance peut être "un puissant facteur d’intégration".


L’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) et l’Afrique du Sud sont intéressées par le sujet, a révélé cet ancien fonctionnaire du ministère de la Culture.


"Les démarches continuent, et je pense que vers l’inauguration du centre (avril 2017), on pourra en même temps lancer la première édition de ce festival", a-t-il annoncé.


Moustapha Tambadou a relevé que, dans son expérience de professionnel de la culture, qui a duré trente ans, concernant la Casamance, "il y a une donnée majeure : l’enclavement culturel de la région".


Il a ajouté : "Les gens ont un discours rituel. Aujourd’hui encore, le rituel est dans tous les discours : on parle de la nécessité de désenclaver la Casamance sur le plan culturel, mais dans les actes il n’y a rien".

M. Tamabadou a prévenu contre "un phénomène de repli sur soi" pouvant résulter de cette situation. "C’est pourquoi, sur cette question casamançaise, il est absolument impératif de s’occuper de la mise en œuvre de politiques de développement culturel", a-t-il fait valoir.


Il s’agit, selon lui, de "protéger et promouvoir les expressions culturelles de la Casamance, protéger et promouvoir les expressions culturelles en Casamance, pour que cette région se sente elle-même et se sente partie prenante du Sénégal".


"C’est ça la donnée politique majeure. C’est ça que nous encourageons, a insisté Moustapha Tambadou. Quand j’ai rencontré Omar Camara (promoteur culturel de l’espace +Kuyan Baa+), je lui ai dit que pour cette politique culturelle, on avait besoin d’infrastructures d’accès".


"C’est tout le Sénégal qui est pauvre en infrastructures d’accès. Où aller au théâtre ? Où aller aux concerts ? Où aller au cinéma ? Au Sénégal, il n’y a pas d’infrastructures", a-t-il soutenu.


Aussi juge-t-il ’’très importante’’ l’entreprise de Camara consistant à construire "une infrastructure d’accès de haute qualité, dotée d’une technologie de pointe", relevant que, "malheureusement, l’Etat ne finançait plus des initiatives immobilières des privés".


"Camara a eu une idée géniale : tout en construisant, il développe des activités. L’espace culturel de Ziguinchor est déjà actif : il organise des défilés de mode, des sessions de renforcement de capacités des artistes ; il a des projets d’échanges avec la ville des Mureaux", s’est réjoui l’expert, selon qui "toutes ces activités sont d’une importance culturelle fondamentale et doivent être encouragées et appuyées par l’Etat".


Il a ainsi lancé un appel au ministère de la Culture pour qu’il s’intéresse à toutes ces activités culturelles développées par des artistes casamançais.


 ADC/BK