Un embargo sur le Soudan retarde la livraison d’équipements médicaux à Dakar (ministre)
APS
SENEGAL-SANTE-EQUIPEMENTS

Un embargo sur le Soudan retarde la livraison d’équipements médicaux à Dakar (ministre)

Dakar, 5 fév (APS) – L’hôpital Aristide-Le-Dantec de Dakar tarde à se faire livrer une commande d’équipements de radiothérapie à cause d’un "embargo sur les transactions financières en provenance du Soudan", a déclaré, dimanche, le ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ.

Le retard de la livraison des équipements commandés par le ministère de la Santé et de l’Action sociale s’explique par "des problèmes de transfert de fonds entre Dakar, Khartoum (capitale du Soudan, Ndlr) et la BADEA", a dit M. Bâ à l’émission "Grand jury" de la Radio futurs médias (RFM).

La BADEA, ou Banque arabe pour le développement économique en Afrique, est l’un des partenaires financiers de l’Etat du Sénégal.

Dans les équipements non encore réceptionnés par l’hôpital Aristide-Le-Dantec se trouvent trois appareils de radiothérapie, selon Amadou Bâ.

Depuis plusieurs semaines, des malades souffrant du cancer ne peuvent plus se faire soigner dans ce centre hospitalier, l’un des plus importants du Sénégal, à cause de la panne de l’appareil de radiothérapie, le seul du genre qui en existe dans le pays.

Selon des médias sénégalais, des malades ont été évacués à l’étranger à cause de la panne de cet appareil.

Lors du dernier conseil des ministres, mercredi, le président Macky Sall a demandé au gouvernement de "prendre d’urgence toutes les dispositions requises pour le renouvellement, dans les meilleurs délais, de l’appareil de radiothérapie de l’hôpital Aristide-Le-Dantec".

Des entreprises publiques et des associations sénégalaises ont lancé une campagne de collecte de fonds auprès de leurs membres ou employés, dans le but de trouver des moyens financiers suffisants pour la réparation de l’appareil hors d’usage.

Mais le professeur Mamadou Diop, directeur de l’Institut du cancer, un démembrement de l’hôpital Aristide-Le-Dantec, a laissé entendre qu’il ne s’agit pas d’une simple panne de l’appareil.

"L’appareil a connu des pannes successives (…). Cette panne ne date pas d’aujourd’hui. Nous sommes arrivés à un point où cette machine constituait un danger pour les patients et le personnel de l’hôpital. C’est ce qui nous a emmenés à demander son arrêt", a déclaré M. Diop dans une interview publiée ce weekend par le quotidien d’Etat Le Soleil.

Selon lui, la machine en panne est un "don" fait à l’hôpital Aristide-Le-Dantec en 1989 par une association française de recherche sur le cancer.

ESF/MS