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SENEGAL-CAPVERT-CULTURE

Troisième édition de "Cabo Verde Success’’ au Sénégal en décembre

Dakar, 4 nov (APS) - La troisième édition du gala "Cabo Verde Success" se déroulera en décembre prochain au Sénégal, à l’initiative du gouvernement capverdien, a appris l’APS de source diplomatique.
 
Le gouvernement capverdien "organise chaque année le gala +Cabo Verde Succes+. Cette initiative, qui en est à sa troisième édition, est prévue cette année au Sénégal en décembre prochain, après une première aux Etats-Unis, qui abritent la plus grande diaspora capverdienne, et une deuxième à Lisbonne, au Portugal", a révélé Fatima Helena Alves Silva Handem, première secrétaire de l’ambassade du Cap-Vert au Sénégal.
 
"Le choix du Sénégal s’explique par des raisons géographiques, la proximité des deux Etats, mais aussi par (la présence d’une) forte communauté capverdienne dans ce pays qui accueille la troisième plus grande diaspora capverdienne dans le monde", a expliqué la diplomate, chargée des affaires politiques et de la coopération de l’ambassade capverdienne.
 
Il s’y ajoute que beaucoup de Capverdiens aujourd’hui installés en Europe ou aux Etats-Unis "ont séjourné ou ont vu un parent qui a vécu au Sénégal avant de gagner d’autres horizons", a fait valoir Mme Handem, interrogée au sujet du Festival international de la musique capverdienne (FESMUCAP), prévu pour dix jours.
 
Selon Mme Handem, le FESMUCAP "est une initiative de la communauté capverdienne résident au Sénégal. Ce n’est donc pas un projet initié par l’ambassade. Ce que la représentation diplomatique peut faire cependant c’est d’accompagner les organisateurs".
 
"Au Cap-Vert, on respire la musique, la culture de façon générale. Le président de la République, Jorge Carlos Fonseca, a l’habitude de dire que +mon pays est une musique+, citant le titre d’un ouvrage de son frère Mario Fonseca. Ce dernier a longtemps vécu au Sénégal", a relevé la diplomate.
 
"De l’indépendance jusqu’aux années 1980, (…)", les deux pays étaient liés par "plusieurs protocoles d’accords relatifs aux semaines culturelles organisées annuellement de façon tournante à Dakar et à Praia", a-t-elle indiqué, ajoutant : "Cette dynamique a prévalu jusqu’aux années 1990 qui inaugurent une ère de refroidissement".
 
Elle rappelle par ailleurs que la diaspora capverdienne vivant au Sénégal, estimée à quelque 50.000 personnes, en est à sa troisième génération, voire même quatrième.
 
"La première génération était généralement dans les secteurs comme la coiffure, la peinture, la menuiserie et la musique aussi. Les générations suivantes qui ont grandi et suivi des études ici sont pour la plupart dans la justice, la médecine, l’enseignement supérieur, l’imprimerie, l’industrie de l’eau", a-t-il dit en citant Alexandre Alcantara, directeur général de la société Kirène, spécialisée dans l’eau minérale.
 
"Concernant les Sénégalais vivant au Cap-Vert, a poursuivi Mme Handem, ils sont généralement dans le commerce, la couture et la construction. C’est une population dynamique jugée très gentille. Ils sont tous désignés sous le vocable de +amigo+, généralement dû à la difficulté des autochtones de prononcer certains noms sénégalais, peu familiers pour eux."
 
Le Cap-Vert est un pays de migrants, souligne la diplomate, à une question sur la tendance au départ vers d’autres pays notée depuis quelques années dans certains quartiers dakarois réputés être les principaux lieux de résidence des Capverdiens au Sénégal.
 
"On estime la population résidant sur place (au Cap-Vert) à quelque 500 mille contre presque le double de ce chiffre vivant à l’extérieur. Donc le déplacement de ces populations vers d’autres horizons s’inscrit dans des phénomènes naturels liés au développement et pourrait trouver des explications dans des perspectives économiques", a-t-elle dit. 
 
Elle laisse entendre que ces départs ne sont pas liés à un manque de promotion de la culture Capverdienne au Sénégal. "Les Capverdiens, où qu’ils se trouvent, vivent leur culture", insiste Fatima Handem.

SMD/BK/ASG