Les remous au sein de la magistrature alimentent l’actualité
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Les remous au sein de la magistrature alimentent l’actualité

Dakar, 24 août (APS) - La presse quotidienne traite des remous au sein de la magistrature sénégalaise après l’annonce de la tutelle de saisir l’Inspection générale de l’administration de la justice (IGAJ) pour faire la lumière sur des accusations de corruption visant un haut magistrat.
 
Il s’agit d’accusations de corruption portées par le juge Amadou Yaya Dia, président de chambre à la cour d’appel de Kaolack (centre), contre Ousmane Kane, le président de cette juridiction.
 
Le premier président de la cour d’appel de Kaolack, après avoir démissionné de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), a donné une conférence de presse, vendredi, pour contester les accusations dont il est l’objet. 
 
‘’L’affaire de corruption présumée, qui secoue la cour d’appel de Kaolack, met en mal toute la magistrature. En [choisissant] de saisir’’ l’IGAJ pour une enquête, ‘’le garde des Sceaux agit pour la sauvegarde de la crédibilité de l’institution judiciaire’’, écrit le quotidien Kritik’.
 
‘’Seulement, ajoute le journal, l’option de Maître Malick Sall de fouiller le dossier médiatisé de Kaolack risque d’être la goutte d’eau de trop dans la querelle’’ opposant la nouvelle génération de magistrats à ses aînés.
 
D’autant plus que l’UMS vit déjà des ‘’heures sombres’’, pendant que le Syndicat des travailleurs de la justice ‘’traverse aussi une crise depuis des mois’’, d’où les craintes de voir le temple de Thémis ‘’trembler les jours à venir’’, selon le même journal.
 
Source A interroge à ce sujet le psychologue Serigne Mor Mbaye qui observe : ‘’La réticence des magistrats aux critiques trouve sa source dans la société sénégalaise, qui est foncièrement réactionnaire.’’
 
M. Mbaye ajoute : ‘’Normalement, un magistrat peut être contredit. Mais dès le moment qu’il a le droit d’aînesse, il pense qu’on ne peut pas le contredire ; cela pose problème et c’est pour cela que cette société n’avance pas…’’
 
Ce qui vaut cette interrogation terrible à la une de ‘’Lii Quotidien’’ : ‘’Notre justice est-elle crédible ?’’. Une réponse sans nuance de Babacar Diop, le secrétaire général des Forces démocratiques du Sénégal, un parti d’opposition. ‘’La justice fout le camp dans ce pays’’, soutient-il dans le quotidien EnQuête.
 
‘’La chienlit’’, écrit Le Quotidien qui n’y va pas par quatre chemins. ‘’Le ministère de la Justice a attendu quatre mois pour saisir l’Inspection générale de l’administration de la justice alors que le conflit opposant les juges Yaya Amadou Dia et Ousmane Kane empoisonne la cour d’appel de Kaolack’’, dénonce le journal.
 
L’Observateur dévoile ‘’les dessous’’ de ce différend, affirmant que le conflit entre Ousmane Kane, le premier président de la cour d’appel de Kaolack, et le juge Amadou Yaya Dia, président de chambre au sein de la même juridiction, ‘’ferait suite à une ‘erreur technique’‘’ commise par le second.
 
M. Dia ‘’aurait refusé de [se justifier] quand son supérieur le lui a demandé. C’était lors d’un délibéré sur une affaire civile de liquidation d’astreinte’’, indique L’Observateur.
 
Selon Sud Quotidien, la saisine de l’Inspection générale de l’administration de la justice vise à faire en sorte que ‘’le virus’’ né de ce conflit ne se propage ‘’dans une profession hautement importante dans une république’’.
 
L’As évoque les sanctions encourues par les juges Dia et Kane, lesquelles vont de l’avertissement à la radiation. ‘’Des poursuites pénales’’ peuvent également être menées, ‘’pour des faits de corruption’’. ‘’D’ailleurs, le coordonnateur national du Forum civil exige la lumière’’ et souhaite que ‘’l’impunité soit bannie partout, surtout dans la magistrature", poursuit le même journal.
 
L’actualité ne se résume toutefois pas à l’affaire de corruption présumée dans la magistrature. Dans les quotidiens, d’autres titres sont consacrés à divers sujets.
 
WalfQuotidien, par exemple, s’intéresse au prochain voyage présidentiel à Paris. En perspective de ce voyage du chef de l’Etat dans la capitale française, des employés de l’ambassade du Sénégal en France ont été placés en quarantaine, pour éviter toute contamination à la Covid-19 lors du séjour de Macky Sall à Paris, selon WalfQuotidien.
 
‘’Le protocole de l’Etat ne semble prendre aucun risque avec la santé du chef de l’Etat devant se rendre dans la capitale française pour prendre part notamment à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France, ses équipes sont en train de préparer ce terrain miné par la calamité publique de la Covid-19 qui n’a épargné aucun pays’’, peut-on lire dans le même journal.
 
‘’Confusion au sommet’’, écrit EnQuête, concernant le projet de décret modifiant le décret 72-1288 relatif aux conditions d’affectation et de désaffectation des terres du domaine national.
 
‘’Adopté en conseil des ministres, le 12 août 2020, il a été retiré le lendemain et demeure introuvable. Des sources soupçonnent une volonté de dessaisir les collectivités [territoriales] de la gestion des terres’’, explique le journal.
 
Le Soleil offre un billet retour sur ‘’les cendres refroidies de Kaguitte’’, un ‘’village-martyr’’ du conflit casamançais où ‘’plus de 300 familles’’ sont désormais revenues au bercail.


BK/ESF