Les quotidiens redoutent la marche de l’opposition
APS
SENEGAL-PRESSE-REVUE

Les quotidiens redoutent la marche de l’opposition

Dakar, 14 oct (APS) - Les quotidiens parvenus vendredi à l’APS font étalage de leurs craintes concernant d’éventuels affrontements à l’occasion de la marche de l’opposition, prévue à Dakar dans l’après-midi, l’itinéraire choisi par les initiateurs n’ayant pas été validé par l’autorité administrative.


 
"Marche interdite en ville", affiche La Tribune, en allusion au fait que l’autorité administrative a validé l’itinéraire place de l’Obélisque-RTS plutôt que le trajet menant au centre-ville dakarois en partant de la RTS pour aboutir au ministère de l’Intérieur via la Poste Médina.
 
"Les choses se sont gâtées entre le gouvernement et l’opposition sur l’itinéraire à emprunter pour la marche d’aujourd’hui. Face aux positions tranchées de part et d’autre, si un consensus n’est pas trouvé d’ici 15 heures, ce sera la première scène d’affrontements entre les forces de sécurité et la coalition Mankoo Wàttu Senegaal", note le journal.
 
"L’itinéraire de la discorde", souligne également Enquête à travers sa Une. Le journal de signaler de son côté que le préfet de Dakar et les leaders de l’opposition "n’ont pas réussi à s’accorder sur le trajet de la marche". "Et chaque partie campe sur sa position", écrit Enquête. 
 
L’Observateur relève même que "l’opposition se radicalise", à partir du moment où le préfet a décidé de changer l’itinéraire de sa marche. D’où la manchette du journal : "Un vendredi ceint de dangers". "Bataille des itinéraires entre l’opposition et le préfet", qui fait craindre "un affrontement" entre les deux parties, affiche Le Populaire.
 
Cette marche risque par conséquent d’être "celle de tous les dangers", ajoute Le Populaire dont la formule est reprise à sa Une par Le Témoin quotidien. "Légalement, explique ce journal, la marche de l’opposition, prévue cet après-midi est autorisée à condition que les initiateurs changent d’itinéraire".
 
"Mais, les leaders de l’opposition campent sur leur position pour ce vendredi et selon l’itinéraire qu’ils avaient indiqué dans leur déclaration de marche. Dakar pourrait donc être aujourd’hui le théâtre de manifestations politiques violentes si l’opposition et l’administration, chacune de son côté, campe sur leurs positions. Les germes d’un affrontement sont ainsi semés", estime Le Témoin quotidien.
 
"Mankoo promet le feu à Macky Sall" (Libération). "Le vendredi de tous les dangers" (Walfquotidien). Des titres parmi d’autres, qui rendent compte des inquiétudes de la presse quotidienne. "Il y a de l’électricité en l’air ce vendredi. Les positions tranchées de l’opposition et des autorités laissent craindre des affrontements cet après-midi dans les rues de Dakar", écrit Walf quotidien. 
 
Cette marche décidée par l’opposition est en partie liée à la polémique sur le pétrole et le gaz, qui s’est installée dans le pays depuis quelques jours et qui a apporté de l’eau au moulin des contempteurs du régime, qui disent également vouloir marcher pour "le respect des libertés" au Sénégal.
 
Le Front pour la défense du Sénégal/Mankoo Wattu Sénégal (FDS/MWS) a dit maintenir sa marche par le biais de laquelle il "compte engager une série d’actions de défense des intérêts du Sénégal", en relation avec la polémique sur le pétrole et le gaz.
 
Celle-ci est partie d’allégations de l’opposition sénégalaise sur le rôle présumé d’Aliou Sall, maire de Guédiawaye (banlieue dakaroise) et frère du président Macky Sall dans l’installation et les opérations de Pétro Tim au Sénégal. 
 
A ce sujet justement, Le Soleil annonce la démission de M. Sall de Timis Corporation. "Pour mettre à l’aise le président de la République, j’ai démissionné de mon poste d’administrateur de Timis Corporation Sénégal", écrit-t-il dans un post sur sa page facebook, cité par Le Soleil.
 
Le journal fait observer que la démission du maire de Guédiawaye "intervient à 24 heures de la marche que le Front pour la défense du Sénégal +Wattu Senegaal+ organise, aujourd’hui, pour, entre autres, dénoncer le contrat liant l’Etat du Sénégal à la société Timis Corporation".
 
"La polémique raffine Aliou Sall" mais il n’en devient pas moins "directeur marketing Afrique de Timis group", annonce le journal Le Quotidien. L’Observateur revient sur la même information, de même que Libération, qui affiche : "Aliou Sall démissionne et obtient une….promotion".
 
"Lors d’une réunion qui a duré trois heures de temps hier, à Paris (France), Aliou Sall a fait accepter à Frank Timis sa démission de Timis Corporation. Mais c’était pour obtenir une sacrée promotion", celui de responsable marketing des nouveaux projets de Timis sur le continent africain.
 
Une proposition acceptée par l’intéressé, à condition que "le Sénégal ne soit pas compris dans ses compétences. Une volonté acceptée et on devrait d’ailleurs connaître son remplaçant au Sénégal dans les prochaines heures", écrit Libération.
 
BK/PON