Les journaux à fond sur la reprise du procès en appel de Khalifa Sall
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SENEGAL-PRESSE-REVUE

Les journaux à fond sur la reprise du procès en appel de Khalifa Sall

Dakar, 19 juil (APS) - Les quotidiens parvenus jeudi à l’APS traitent principalement de l’audience de reprise, la veille, du procès en appel du maire de Dakar, Khalifa Sall, condamné à 5 ans de prison en mars dernier pour notamment escroquerie aux deniers publics.

Vox Populi, à l’image de la plupart des quotidiens, rapporte que la Cour d’appel de Dakar a débouté Khalifa Sall et Cie "qui avaient, via leurs avocats, introduit une demande de libération immédiate, suite à la décision rendue par la Cour de justice de la CEDEAO", la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
 
La juridiction communautaire, saisie par les conseils de l’édile de Dakar, a estimé dans un arrêt rendu le 29 juin dernier que les droits de Khalifa Sall à un procès équitable, à la présomption d’innocence et à l’assistance d’un conseil lors de la procédure avaient été violés.
 
Ses conseils ont en conséquence demandé il y a une semaine sa mise en liberté, se fondant notamment sur l’argumentaire de la juridiction communautaire, une requête rejetée par le juge d’appel.
 
"Le juge Demba Kandji a rejeté la requête aux fins d’annulation de la procédure et la mise en liberté d’office du maire de Dakar, comme conséquence de l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO (...)", rapporte Libération.
 
Le président de la Cour d’appel de Dakar "douche Khalifa Sall", estime Enquête, citant le magistrat : "J’ai déjà vidé cette affaire et je ne parlerai plus de la CEDEAO" pour le reste du procès en appel qui se poursuit donc. Tribune renchérit : "Le juge Kandji +déchire+ l’arrêt de la CEDEAO".
 
Dans son argumentaire, le premier président de la Cour d’appel de Dakar, "estimant que la Cour de justice de la CEDEAO ne peut pas se substituer aux juridictions nationales, a indiqué que sa cour n’a pas obligation d’appliquer les arrêts de la justice communautaire", explique Sud Quotidien.
 
"L’espoir de voir Khalifa Sall et ses co-inculpés recouvrer la liberté était suspendu à la décision que devait prendre le président de la Cour d’appel. Mais il s’est volatilisé comme de la fumée dans l’air après le refus de Demba Kandji d’accorder la liberté immédiate aux prévenus. Ils devront attendre l’issue du procès pour connaître leur sort", écrit Le Quotidien.
 
"Le procès en appel de la caisse d’avance de la ville de Dakar ne sera pas perturbé par l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO. Du moins, pas pour le moment", souligne le quotidien L’Observateur.
 
"Maintenant, que cessent les manipulations et qu’on parle des faits, c’est-à-dire des délits de détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur le détournement de deniers publics, de faux et usage de faux, d’association de malfaiteurs et de blanchiment d’argent", dit Me Ousmane Sèye, un des avocats de l’Etat, dont les propos sont rapportés par le quotidien national Le Soleil.
 
Il fait ainsi référence aux griefs retenus contre Khalifa Sall, dans le cadre de cette affaire dite de la "caisse d’avance" de la mairie de Dakar, pour laquelle il a été condamné à 5 ans de prison en mars dernier.
 
Cette injonction de Me Ousmane Sèye ne semble toutefois pas avoir d’effet, tellement certains journaux se concentrent sur les critiques contre le juge d’appel, se faisant l’écho des "échanges épiques" entre les différentes parties à ce procès, à l’image de Walfquotidien.
 
"Le juge Demba Kandji et le procureur général Lansana Diabé Siby en ont vu de toutes les couleurs" hier, mercredi, "au procès Khalifa Sall dont la reprise a été émaillée d’incidents", avance Walfquotidien.
 
Me Ousseynou Fall, un des avocats du maire de Dakar, par exemple, "dénonce la corruption dans la magistrature (...)", souligne le même journal, citant une déclaration de ce dernier : "Pour des soucis de carrière, vous piétinez les droits de Khalifa Sall".
D’où cette manchette du quotidien L’As : "Me Ousseynou Fall fait le procès du juge Demba Kandji".
 
"Quand l’un des plus hauts magistrats de ce pays se fait huer et traiter de tous les noms d’oiseaux dans un brouhaha indescriptible à l’intérieur d’une salle de tribunal, il faut se rendre à l’évidence. Il y a quelque chose de cassé dans les rapports entre le pouvoir judiciaire et la société", analyse le billettiste de Tribune.
 
"La manière dont le juge Demba Kandi est défié ouvertement par des citoyens écœurés jusqu’à l’overdose, et sa propension systématique à se prévaloir d’une moralité dont les fondements auraient été jetés à la poubelle dans un système judiciaire indépendant, sont de symptômes violents de la crise qui mine le monde de la magistrature sénégalaise, du moins celui qui a accepté l’enrôlement partisan dans la guerre des contradictions en cours dans l’espace sociopolitique nationale", ajoute le billettiste de Tribune.
 
"A un peu plus de sept mois de l’élection présidentielle, le candidat Khalifa Sall doit d’abord gagner le combat pour la liberté dans l’affaire dite de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar avant de songer à aller à la pêche aux voix", observe par ailleurs Le Témoin quotidien.
 
Or, constate-t-il, les choses "se passent mal pour lui devant la juridiction de second degré puisque, jusqu’ici, toutes les exceptions soulevées par ses avocats devant la barre de la Cour d’appel ont été rejetées par le magistrat Demba Kandji qui préside la dite cour".

Un procès en cache un autre, les quotidiens s’intéressent dans le même temps au procès pour terorisme de l’imam Alioune Ndao dont le délibéré sera connu ce jeudi. ’’Le Ciel va-t-il s’abattre sur imam Ndao et Cie ?’’, se demande Vox Populi. 

’’Imam Ndao sort le chapelet’’ (Enquête) et ’’Jour de vérité pour imam Ndao et co-accusés’’ (Sud Quotidien), sont d’autres manchettes consacrées à ce sujet. 

’’C’est ce jeudi 19 juillet 2018 que la Chambre criminelle (ex-Cour d’assises) de Dakar rend son délibéré. Le procès s’était tenu durant 20 jours, au palais de Justice de Dakar’’, rappelle Walfquotidien.

’’Jugés pour +association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, apologie du terrorisme, blanchiment de capitaux (...), détention d’armes et de munitions sans autorisation+, les accusés risquent des peines diverses’’, signale le journal.

Il précise que l’imam Ndao, considéré comme ’’le cerveau’’ de cette affaire, risque jusqu’à 30 ans de travaux forcés. L’Observateur lui explore la ’’face cachée de imam Ndao’’ à travers sa vie à Kaolack (centre), son ’’daara’’ (école coranique), ses épouses.

BK