Les démêlés judiciaires de Cheikh Tidiane Gadio, un des sujets en exergue
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SENEGAL-PRESSE-REVUE

Les démêlés judiciaires de Cheikh Tidiane Gadio, un des sujets en exergue

Dakar, 21 nov (APS) - Les démêlés de l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères avec la justice américaine est l’un des sujets les plus en vue dans la livraison de mardi de la presse quotidienne, avec celui portant sur le dialogue politique, prévu pour s’ouvrir le même jour à Dakar.

Le responsable d’une "ONG basée à Hong-Kong et en Virginie, dans l’est des Etats-Unis, ainsi qu’un ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères", en l’occurrence Cheikh Tidiane Gadio, "ont été inculpés par la justice américaine dans une affaire de corruption de hauts responsables au Tchad et en Ouganda", annonce le quotidien national Le Soleil.
 
Cheikh Tidiane Gadio, qui "a la nationalité américaine depuis 2000", a été placé sous mandat de dépôt par un juge de Manhattan, rapporte le quotidien Libération, selon lequel l’ancien patron de la diplomatie sénégalaise serait accusé d’être le courtier de la China National Petroleum Corporation. 
 
A ce titre, "Gadio a fait remettre 2 millions de dollars à Idriss Deby (le président tchadien) avant de demander son +pourcentage+ de 400.000 dollars dans un mail versé au dossier", précise Libération, évoquant les résultats d’une enquête ouverte depuis 2014, selon le journal.
 
"L’ancien ministre des Affaires étrangères sous le régime du président Abdoulaye Wade est dans de sales draps. Cheikh Tidiane Gadio a été arrêté ce vendredi après-midi à New York et présenté samedi devant un magistrat, le juge Kevin Nathaniel Fox", écrit Le Témoin quotidien.
 
"Son présumé complice dans cette affaire de corruption d’officiels africains de haut niveau, Chi Ping Patrick Ha aka Patrick C.P. Ho, 68 ans, de Hong Kong, Chine, a été lui arrêté samedi après-midi et a été présenté ce lundi devant le magistrat américain Andrew J. Peck qui a ordonné sa détention", ajoute le même journal.
 
Le fils de Cheikh Tidiane Gadio est "également cité dans l’affaire", signale Vox Populi, quotidien qui explique que celle-ci porte sur "des pots-de-vin portant sur des millions de dollars dont 1 million de dollars ayant transité dans le système bancaire new-yorkais".
 
"Gadio mouillé dans une affaire étrange", affiche L’Observateur. Tribune note que les faits pour lesquels il est poursuivis portent sur des "pratiques de corruption visant à octroyer des avantages à une entreprise pétrolière chinoise dont le nom n’a pas été cité par le communiqué du département de la Justice des Etats-Unis".
 
"Pendant 3 ans, ses appels téléphoniques et ses emails ont fait l’objet de surveillance", souligne Enquête, avant d’ajouter que l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères "est poursuivi pour quatre chefs d’accusation dont chacun peut lui valoir plus de 5 ans de prison".
 
Le journal Le Quotidien, lui aussi, évoque "une affaire de corruption à l’endroit du chef de l’Etat tchadien, afin qu’il accorde des faveurs à une entreprise pétrolière chinoise". 
 
Outre ce sujet, la question du dialogue politique s’impose également dans une large mesure aux quotidiens. "Vers un dialogue de sourds", titre ainsi Walfquotidien, en signalant que 14 partis de l’opposition ont décidé de ne pas donner suite à l’invitation du ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye.
 
"À la place d’un dialogue politique, on va assister à des conciliabules, des échanges d’amabilités entre l’APR et ses alliés de Benno et de l’opposition. Les partis qui prendront part à cette rencontre sont plus ou moins liés au parti présidentiel", écrit Walfquotidien.
 
Selon le journal, le ministre de l’Intérieur "ne devra pas compter aujourd’hui avec la participation des partis dits significatifs de l’opposition sénégalaise", 14 partis, parmi lesquels le PDS, Pastef, AJ/PADS, Yoonou Askan Wi, le RND, Bokk Gis Gis, Tekki, l’Act et Tawax Temm ayant "décidé de boycotter la rencontre tout en mettant sur pied un front électoral". 
 
En plus de la méfiance qui a fini de s’installer entre les membres de la classe politique, ces partis font de la libération du maire de Dakar, Khalifa Sall, un préalable à leur participation à ce dialogue dont l’initiative vient du pouvoir.
 
Khalifa Sall, un des poids lourds de l’opposition, est en détention depuis mars dernier pour des malversations présumées portant sur 1,8 milliard de francs CFA dans le cadre de la gestion de la "caisse d’avance" de la municipalité de la capitale.
 
Même en détention, il a pu participer aux législatives du 30 juillet dernier à l’issue desquelles il a été élu député en tant que tête de liste nationale de l’une des deux principales coalitions de l’opposition.
 
L’opposition, dès lors, estime qu’il doit bénéficier et se prévaloir d’une immunité parlementaire, son camp faisant même de sa libération un préalable à sa participation au dialogue politique lancé par le pouvoir.
 
Le président Sall et son régime doivent donc "s’attendre à tout" de la part de ces 14 partis dont l’initiative vise à "intensifier le combat pour la restauration de la fiabilité du processus électoral". "Ils entendent lancer un Front électoral pour des élections transparentes", note Le Quotidien.
 
De son côté, "Macky Sall méprise les boycotteurs" et assure : "Ceux qui veulent dialoguer vont dialoguer, ceux qui ne veulent pas dialoguer vont faire autre chose". Des propos repris autrement par Le Soleil : "Nous dialoguerons avec ceux qui veulent". Cela n’empêche, ce dialogue est celle de "toutes les attentes", estime Sud Quotidien en conclusion. 
 

BK/PON