La plainte de Timis et l’étude du Timbuktu Institute en exergue
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La plainte de Timis et l’étude du Timbuktu Institute en exergue

Dakar, 11 oct (APS) - La plainte de l’homme d’affaires australo-roumain Frank Timis contre des personnalités sénégalaises et l’étude du Timbuktu Institue sur la prévalance de l’islamisme radical au Sénégal sont les principaux sujets traités par la livraison de mardi des quotidiens.
 
"L’avocat de Timis Corporation, Me El Hadj Diouf, a porté plainte contre 11 personnes qui, pense-t-il, ont trainé dans la boue le PDG, Frank Timis et son employé Aliou Sall. Cette liste pourrait atteindre 21 personnes", écrit Le Soleil.
 
"Timis tient son onze de départ", relève Le Témoin quotidien, qui s’inspire de l’actualité du football pour évoquer la plainte de l’homme d’affaires australo-roumain contre ces 11 personnalités sénégalaises, "parmi lesquelles les principales figures de l’opposition".

"Frank Timis et son avocat poursuivent ces personnes pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles et association de malfaiteurs", en lien avec des allégations sur le rôle présumé d’Aliou Sall, maire de Guédiawaye et frère du président Macky Sall, dans l’installation et les opérations de Pétro Tim au Sénégal.
 
Aliou Sall serait selon ses détracteurs au centre d’une "nébuleuse" en rapport avec les derniers développements de la filière du pétrole et du gaz au Sénégal, où des gisements importants découverts ces deux dernières années.
 
"La bataille judiciaire sur l’affaire Pétro Tim a été enclenchée (…)" avec le dépôt de cette plainte, avec divers personnalités citées comme témoin, à savoir Abdoulaye Wade, Karim Wade, Pierre Goudiaby Atépa, Samuel Sarr, Me Souleymane Ndéné Ndiaye, entre autres, rapporte le journal Le Quotidien.
 
"Le procureur saisi pour sortir Sall du Timis", rapporte L’Observateur, selon lequel l’avocat sénégalais de Frank Timis a choisi de recourir à la voie de la citation directe "pour une enquête plus exhaustive", pour les besoins de laquelle "ceux qui sont visés peuvent même être arrêtés".
 
Les menaces de plainte de Frank Timis n’étaient donc "pas une menace en l’air", indique le quotidien Enquête, bien que Walf quotidien estime que toute cette affaire "sent l’auto-victimisation". "Silence, on tourne", comme au cinéma, juge la Tribune, encore plus impitoyable dans son commentaire du jour, portant sur cette affaire.
 
L’avocat de Frank Timis, Me El hadj Diouf, "a encore l’occasion de s’offrir en spectacle et d’impressionner son client qui a certainement suivi les recommandations de ses amis sénégalais qui lui ont +vendu+ les talents de la +robe noire+", écrit le commentateur.
 
"On aurait applaudi à tout rompre si cette décision de ce sombre homme d’affaires n’était mue que par une volonté de faire jaillir la lumière sur une nébuleuse qui intéresse tellement les Sénégalais", avance le billettiste du quotidien La Tribune.
 
Il ajoute : "Mais la tournure actuelle des choses montre nettement qu’il s’agit d’une simple comédie qui n’apportera rien de nouveau au débat sur le pétrole. Sauf extraordinaire, on ne verra pas ce beau monde au tribunal de Dakar à plus forte raison en Angleterre. Nous ne sommes vraiment pas au bout de nos multiples interrogations".
 
L’avocat de Frank Timis, "embourbé dans ses tous de passe-passe hydrocarburés entre pros du pétrole, annonce la couleur. Fort en gueule, le tonitruant avocat n’a pas fait dans la dentelle (…). En fait, lui, sa botte secrète, c’est de faire le procès avant le procès, gagner la bataille médiatique avant d’entamer celle judiciaire plus feutrée et plus technique", renchérit un autre billettiste, celui du quotidien Le Populaire.
 
"Donc à l’opinion friande de sensationnel, de scandale, il distille graduellement ses coups de gueule bourrés de formules choc. Pour dire que les ténors de l’opposition ont un sacré client. Et à cette bataille de procès d’intention, Me El hadj Diouf perd rarement", conclut le commentateur.
 
D’autres journaux se font l’écho d’une enquête sur l’islam radical au Sénégal, à l’initiative de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux au Sénégal, dénommé Timbuktu Institute, qui révèle "la prévalence et la latence du radicalisme islamique au Sénégal", indique par exemple Sud Quotidien.
 
"Sur les 4.000 jeunes interrogés, ajoute Sud Quotidien, près de 10% se disent prêts à rejoindre l’islam radical", selon les résultats de cette enquête menée aux Parcelles assainies, à Pikine et à Guédiawaye, dans la grande banlieue dakaroise.
 
Les personnes interrogés pour les besoins de cette étude "ont indexé la défaillance de l’Etat par rapport au règlement de la pauvreté et du chômage qui sont les germes" du radicalisme, signale le même journal. 
 
"Des femmes prêtes à aller faire le jihad", note de son côté Le Quotidien. "La banlieue se radicalise", affiche ce quotidien, avant d’ajouter que des solutions doivent être trouvées au chômage, à la précarité et à la pauvreté, pour mieux lutter contre la radicalisation des jeunes dans la banlieue dakarioise.
 
Le journal indique que le rapport du Timbuktu Institute recommande par ailleurs la mise en place d’un système éducatif inclusif, pour annihiler "les facteurs de radicalisation chez les jeunes de la grande banlieue dakaroise". 
 
 

BK