La fronde des magistrats et le différend Mansour Faye-Sonko en exergue
APS
SENEGAL-PRESSE-REVUE

La fronde des magistrats et le différend Mansour Faye-Sonko en exergue

Dakar, 3 oct (APS) - Le vent de contestation qui secoue la magistrature compte parmi les sujets en vue dans la livraison de samedi de la presse quotidienne comptant pour le week-end.


"Sur le pied de guerre", souligne le quotidien Enquête au sujet de la décision de la chancellerie de traduire le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), le juge Souleymane Téliko, devant le conseil de discipline.

L’UMS, fondée en 1968, "vit l’une de ses périodes les plus incertaines. Si, par le passé, l’organisation était surtout connue pour ses luttes de classes, la revendication de privilèges matériels, elle a été réconciliée avec bon nombre de Sénégalais, grâce à l’œuvre de l’actuel bureau. Ce qui dérange jusque dans ses propres rangs", selon Enquête.
 
Les membres du bureau de l’UMS ont rencontré la presse vendredi à Dakar, "pour dévoiler leur stratégie de guerre contre la chancellerie", rapporte le journal Le Quotidien. "Les magistrats coupent toute forme de collaboration avec le ministre de la Justice", Malick Sall.
 
"Ils réclament d’ailleurs son départ +pur et simple+ de son poste mais également exigent l’abandon +immédiat+ de la procédure initiée contre le président de l’UMS, le juge Souleymane Téliko", ajoute Le Quotidien.

"Les magistrats ont également invité le président Macky Sall à intervenir pour régler le problème", signale L’As, en allusion au différend opposant le président de l’UMS au ministre de la Justice, dont les services reprochent au premier d’avoir commenté une décision de justice.
 
Le magistrat Aliou Niane, un ancien président de l’UMS, comme à contre-courant, considère lui que "le fait de commenter une décision de justice est une faute", fait-il valoir dans des propos rapportés par L’As à sa Une. "Je pense, très sincèrement, que le président de l’UMS a commis un lapsus qui demeure une faute", déclare M. Niane au journal.
 
"Oui à la solidarité avec le président de l’UMS qui est mon ami et mon frère. Mais non à toute forme de surenchère", poursuit Aliou Niane. Surenchère ou non, l’UMS a de toutes les manières "choisit +la voie de la liberté et de la dignité+", indique Vox Populi, citant les frondeurs.
 
Walfquotidien évoque également cette rébellion au sein de la magistrature, un "bras de fer" avec le ministre de la Justice qui "semble atteindre le point de non-retour". "Révulsés par la traduction du juge Téliko en conseil de discipline, ces hommes à la toge noire décident de suspendre toute collaboration avec la chancellerie", écrit ce journal.
 
"L’UMS condamne Macky Sall à limoger Me Malick Sall", souligne Tribune, qui dit un tout petit peu la même chose que Sud Quotidien via sa manchette : "La tête de Me Malick Sall réclamée". Kritik informe que plusieurs organisations "prennent la défense du juge Téliko", dont le Forum civil, ainsi que que le mouvement Y’en a marre à travers précisément certains de ses membres.
 
Les journaux font par ailleurs leurs choux gras d’un tout autre différend, de nature politique, opposant le ministre Mansour Faye, en charge du Développement communautaire et de l’Equité sociale et territoriale, à l’opposant Ousmane Sonko.
 
Les journaux ne se lassent pas de compter les coups entre ces deux personnalités, depuis que M. Faye, réagissant aux critiques du député et opposant contre sa gestion, a affirmé, manière de discréditer, que ce dernier l’avait rencontré pour le solliciter de faciliter une audience avec le président Sall. Ce qu’a nié Ousmane Sonko. 
 
Enquête note : "Les coups pleuvent" depuis, transformant cette affaire en feuilleton politico-médiatique comme on en voit très souvent au Sénégal. "Le maire de Saint-Louis, remonté contre le ton du député Ousmane Sonko le traitant de menteur, persiste et signe qu’il a bien reçu l’opposant, avouant détenir un élément sonore qui confirme l’existence de cette audience", écrit Kritik.
 
"Sans tarder, le leader de PASTEF a répliqué" pour évoquer une "diversion" du ministre, avant de l’autoriser "à rendre public tout élément pouvant compromettre son image", renseigne le journal.
 
"Ousmane Sonko donne carte blanche à Mansour Faye", note Sud Quotidien. Le Quotidien retient plutôt que les deux hommes "se lancent des défis". Pas que des défis, si l’on en croit Vox Populi, quoitidien selon lequel Mansour Faye, par ailleurs beau-frère du président Sall, "va envoyer un huissier à Sonko pour consigner sur acte son autorisation à divulguer l’enregistrement" dont il disposerait.

"Tous les coups sont permis" dans cette affaire, estime Walfquotidien, ce qui "n’est pas digne d’une République qui se respecte", commente un analyste politique dans les colonnes du quotidien L’Observateur.
 
Le Soleil s’intéresse pour sa part au remplacement de véhicules de transport dits "7 places", suite à la réception, mercredi dernier, par le chef de l’Etat, d’un premier lot de minibus climatisés de 15 places. Les voyageurs de la garde des Baux-maraîchers de Pikine "jubilent, espérant plus de confort et de sécurité et à un tarif abordable", selon Le Soleil.
 

BK