La presse commente la contamination du premier Sénégalais au coronavirus
APS
SENEGAL-PRESSE-REVUE

La presse commente la contamination du premier Sénégalais au coronavirus

Dakar, 12 mars (APS) – ‘’Le virus se ‘sénégalise’’’, ‘’Coronavirus à Touba’’, ‘’Le virus migre vers Touba’’, ‘’Déménagement forcé [du patient] à [l’hôpital de] Fann’’… Les quotidiens commentent le 5e cas de coronavirus diagnostiqué au Sénégal et tiennent à préciser que le patient est le premier Sénégalais à contracter la maladie.
 
Les quatre premiers patients diagnostiqués positifs au Sénégal étaient tous des étrangers, rappellent les journaux.
 
Mais le décompte des ‘’patients authentiquement nationaux’’ a commencé par le diagnostic positif de la maladie à coronavirus, à Touba (centre), d’un Sénégalais fraîchement rentré d’Italie, indique le Témoin quotidien.
 
‘’Après la Chine, l’Italie devient le deuxième pays le plus touché par la pandémie de coronavirus. Ce pays qui accueille presque 100.000 Sénégalais devient donc une véritable menace pour notre pays. La preuve : un compatriote rentré d’Italie (…) a été testé positif au coronavirus’’, explique Le Témoin Quotidien.
 
‘’Après la guérison des quatre cas de coronavirus détectés sur son territoire, le Sénégal, qui enregistre son premier cas d’un Sénégalais contaminé au coronavirus, n’est pas à l’abri de tout ce qui se passe dans les autres pays’’, commente La Tribune.

Ce journal pose la question de savoir s’il ne serait pas nécessaire de ‘’fermer l’aéroport de Diass’’, le plus grand aéroport du pays, afin d’éviter que ‘’la catastrophe ne nous tombe dessus’’.
 
‘’Le premier Sénégalais de souche atteint de la maladie à coronavirus est un émigré établi en Italie. Trois jours après qu’il a pris part au ‘magal’ (pèlerinage) de Prokhane (centre), il s’est senti mal’’, rapporte EnQuête. 
 
Il annonce, comme d’autres journaux, que la famille du patient est placée en quarantaine par les autorités sanitaires, lesquelles sont en train de mener ‘’la chasse aux cas contacts’’ pour déceler d’éventuels cas de contamination dans l’entourage du patient. ‘’Un modou-modou (un émigré) infecte Touba’’, écrit EnQuête.

‘’Interdire les évènements religieux’’
 
Le journal Source A évoque le ‘’déménagement forcé’’ du patient au service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann, à Dakar. Il se demande si, en raison de l’épidémie mondiale de maladie à coronavirus, ‘’l’Etat [du Sénégal], garant de la sécurité civile, prendra son courage à deux mains pour interdire les évènements religieux, en cas de craintes avérées’’, à la suite de l’évaluation des risques de contamination, qui sera rendue publique jeudi par le Comité national de gestion des épidémies.
 
La crainte d’une propagation de la maladie semble d’autant plus réelle que, selon Vox Populi, ‘’nous nous acheminons vers un grand rassemblement, le Kazou Rajab ou ‘’magal’ de Serigne Fallou Mbacké (1888-1968)’’. Des milliers de fidèles musulmans prennent part à ce pèlerinage de la communauté mouride, dont la prochaine édition aura lieu le 22 mars, à Touba.

Une partie des quotidiens accorde la priorité à d’autres sujets.
 
Sud Quotidien, par exemple, est surtout préoccupé par le ‘’ras-le-bol’’ engendré par la pénurie d’eau dans certains quartiers de Dakar, dont Grand-Yoff et Niary Tally. ‘’Des ménages sont obligés de veiller presque toute la nuit pour s’approvisionner en eau’’, car le ‘’liquide précieux (…) ne coule que vers 2 h ou 4 h’’, lit-on dans ce journal.
 
L’As s’intéresse surtout à la ‘’vente de données personnelles’’. ‘’La Sonatel, Orange Money et la CDP [ont été] cuisinés par l’OFNAC’’, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption, selon le même journal.
 
Des responsables de la Société nationale des télécommunications, de la société de transfert d’argent Orange Money et de la Commission de protection des données personnelles ont été ‘’longuement’’ auditionnés par l’OFNAC, à la suite de la plainte d’une dame. Cette dernière ‘’accuse la Sonatel d’avoir livré ses données à Orange Money, et la CDP de n’avoir pas [réagi] à ses nombreuses plaintes’’, rapporte L’As.
 
L’Observateur entretient ses lecteurs du ‘’flou’’ qu’il y aurait eu dans le dossier judiciaire concernant le patron de l’Iseg, un institut d’enseignement supérieur privé de Dakar. ‘’La famille de Dieyna a proposé de retirer la plainte si mon client acceptait [d’être l’auteur de sa] grossesse’’, déclare l’avocat Alassane Cissé, cité par ce journal.
 
Le patron de l’Iseg est poursuivi en justice pour le délit présumé de détournement de mineur. Il est arrêté depuis plusieurs jours, à la suite d’une plainte de la famille d’une jeune fille qu’il aurait enceintée. Une affaire qui défraie la chronique. 

‘’Un Etat de droit plus faible’’
 
WalfQuotidien s’intéresse au classement de 128 pays en matière de respect des libertés. ‘’Le Sénégal très loin des meilleurs élèves’’, écrit le journal sur la base de l’Indice sur l’Etat de droit, un classement fait par World Justice Project, présenté comme une organisation indépendante. 

Le Sénégal a pris la 52e place de ce classement, il est 7e sur 31 pays africains concernés, une position qui ‘’révèle une tendance négative soutenue’’ et fait du Sénégal ‘’un Etat de droit plus faible’’ aujourd’hui qu’auparavant, lit-on dans WalfQuotidien.
 
Le Soleil évoque les ‘’concertations’’ prévues jeudi à Dakar, entre la Gambie et le Sénégal. Le conseil présidentiel sénégalo-gambien, auquel prendront part les chefs d’Etat des deux pays, a été précédée d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des deux Etats, mercredi, à Dakar.
 
A cette occasion, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Amadou Bâ, a souhaité que les deux pays tentent de ‘’relever les défis dans des secteurs névralgiques’’ pour eux, ‘’la sécurité, la libre circulation des personnes et des biens, la protection de l’environnement, etc.’’
 
‘’Le Sénégal et la Gambie, c’est deux pays, mais une seule nation, un même peuple’’, affirme diplomatiquement le ministre gambien des Affaires étrangères, Mamadou Tangara, cité par Le Soleil.


ESF/ASG