L’axe Dakar-Pretoria à la lumière de la
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SENEGAL-AFSUD-COOPERATION

L’axe Dakar-Pretoria à la lumière de la "Conférence de Dakar"

Dakar, 17 juil (APS) - L’ambassadeur d’Afrique du Sud, Lenin Shope a souligné l’importance des relations que son pays entretient avec le Sénégal, en évoquant la "Conférence de Dakar", un épisode peu connu des négociations ayant conduit la nation arc-en-ciel à la fin de la ségrégation raciale.


"Nous sommes très fiers des relations entre les deux pays", a dit le diplomate sud-africain dans un entretien paru dans l’édition de mardi du quotidien Le Soleil, en rappelant la commémoration du 30e anniversaire de la "Conférence de Dakar", organisée en 1987.
 
"La +Rencontre de Dakar+ ou +Conférence de Dakar+ marque le début des négociations en Afrique du Sud. Elle a donc réellement contribué au début des négociations entre l’ANC (le Congrès national africain) et le gouvernement de l’apartheid", a expliqué Lenin Shope.
 
Cette conférence organisée du 9 au 12 juillet 1987 à Dakar par l’Institut pour une alternative démocratique pour l’Afrique du Sud (IDASA) avait permis aux Afrikaners blancs (alors au pouvoir en Afrique du Sud, de rencontrer des leaders du Congrès national Africain (ANC), porte flambeau de la lutte des Noirs à l’époque.
 
Elle est considérée comme un "tournant" dans le processus ayant conduit à la fin de l’apartheid, la ségrégation raciale institutionnalisée en Afrique du Sud, pour avoir permis au Congrès national africain (ANC) de rencontrer des Afrikaners "une première fois de manière structurée".
 
La fin des discussions de Dakar avait coïncidé avec une grève des métallurgistes et des mineurs, un secteur important de l’économie sud-africaine, ce qui a amené le grand patronat à s’inquiéter avant finalement de lâcher le régime de l’Apartheid.
 
Frederik De Klerk succédait ainsi à Pieter Botha à la présidence sud-africaine en 1989, avant d’entamer des négociations avec l’ANC, lesquelles avaient abouti en 1990 à la libération du leader de l’ANC, Nelson Mandela, emprisonné depuis 1962. Les lois de l’apartheid ont été abolies l’année suivante. 
 
"Il faut préciser qu’il ne s’agissait pas d’une rencontre entre l’ANC et le gouvernement de l’apartheid, mais plutôt une rencontre entre l’ANC et un groupe libéral de blancs sud-africains", a souligné l’ambassadeur d’Afrique du Sud.
 
Il a rappelé que lorsque les discussions avaient été organisées "dans la discrétion la plus totale puisque le gouvernement de l’apartheid n’en voulait pas du tout".
 
"Ce que nous pouvons faire maintenant, c’est d’élever le niveau de nos échanges économiques", a préconisé Lenin Shope, avant d’annoncer que le président Macky Sall prendra part, en tant qu’invité, à la prochaine rencontre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), à Johannesburg, qui va coïncider avec l’inauguration de la banque BRICS-Afrique.
 
"Nous pouvons dire que nous sommes en train de faire un certain nombre de choses dans la coopération. Le potentiel existe et nous devons faire plus", a-t-il conclu en référence aux investissements sud-africains au Sénégal.
 
Des partenaires sud-africains sont engagés dans la joint-venture constituée par la centrale de charbon de Bargny, sans compter d’autres investissements dans les assurances, le commerce et les exportations, entre autres opportunités d’affaires. 
 

BK/PON