L’affaire du saccage de la maison du PS toujours en exergue
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L’affaire du saccage de la maison du PS toujours en exergue


Dakar, 7 jan (APS) - Les quotidiens parvenus samedi à l’APS n’en ont que pour ce que certains titres assimilent à une "crise" au Parti socialiste, en allusion aux prolongements judiciaires de l’affaire du saccage de la Maison du PS, le 5 mars 2015, à Dakar.


Cette affaire, finalement portée devant les tribunaux, témoigne des contradictions internes au sein du PS, une des formations membres de la coalition regroupant le pouvoir et ses alliés.


Elle n’en est pas encore à son terme, le juge d’instruction ayant décidé vendredi de renvoyer à lundi les auditions des personnes mises en cause, renseigne le quotidien L’Observateur, par exemple. 


La décision du juge était motivée par la position des avocats de la défense de ne pas prendre part à cette audience de première comparution, précise le journal, qui revient dans le détail sur une inculpation annoncée des mis en cause mais finalement "bloquée par les avocats du PS" dirigée par Ousmane Tanor Dieng.


Vox Populi explique que les avocats de la défense, en décidant de boycotter l’interrogatoire de leurs clients, comptaient ainsi protester contre ‘’la +violation grave+ des droits de Bamba Fall et Cie (…)".

’’Le doyen des juges d’instruction, Samba Fall, était dans les dispositions de les entendre, mais les avocats, invoquant le règlement de l’UEMOA, ont refusé d’assister au placement sous mandat de dépôt de leurs clients sans agir’’, écrit le quotidien L’As.

D’autant qu’en matière criminelle, ’’la présence de l’avocat est obligatoire’’, le doyen des juges d’instruction, se basant sur des dispositions du Code pénal, ’’a reporté l’audition à lundi’’ après avoir cependant ’’déjà signé le mandat de dépôt’’ concernant un des mis en cause, Amath Diouf.

Il s’agit donc là selon Le Quotidien, du troisième retour de parquet pour le maire de la commune d’arrondissement de la Médina Bamba Fall et ses huit camarades présentés comme des soutiens du maire de Dakar Khalifa Sall et poursuivis dans le cadre de l’enquête sur le saccage de la Maison du PS dont ils sont soupçonnés d’être les auteurs.


Ces violences faisaient suite à des dissensions entre des militants qui seraient favorables à la ligne politique du maire de Dakar Khalifa Sall, et la direction de la formation socialiste, Ousmane Tanor Dieng en tête.


M. Sall ambitionnerait de porter une candidature PS à la prochaine présidentielle, ce qui ne serait pas la ligne préconisée par la direction actuelle du PS qui privilégierait un soutien à l’actuel chef de l’Etat Macky Sall.


Cette position se justifie par les relations actuelles du PS et de l’Alliance pour la République (APR), le parti du président Sall, les deux formations faisant parti de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar regroupant les alliés du pouvoir.


"Les choses se précisent pour les proches du maire de Dakar. Après le placement sous mandat de dépôt de l’un des leurs, Bamba Fall et Cie qui ont fait l’objet d’un 3e retour de parquet hier, passent le week-end au commissariat central. Alors que leurs avocats ont boycotté l’audition du juge d’instruction", rapporte Le Quotidien.


Il reste que Bamba Fall et Cie "n’ont toujours pas été édifiés sur leur sort après trois jours de garde-à-vue à la police", note Le Soleil. "Bamba Fall et Cie en week-end carcéral", souligne de son côté Sud Quotidien.


"La guerre totale", estime Enquête dans une analyse totale de cette "crise" au PS. "Tanor-Khalifa, le point de non retour", indique le journal, selon lequel la situation au PS "est arrivée à un point de non-retour avec le glissement du duel fratricide entretenu par Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Sall dans le champ judicaire".


Si l’on en croit Walfquotidien, le pouvoir "veut faire perdre à Khalifa ses +députés+". "Au moment où Macky Sall et sa coalition partent avec une confortable avance de quinze députés de la diaspora, Khalifa Sall qui devrait vraisemblablement diriger la coalition Taxawu Dakar va partir avec un très lourd handicap", écrit le journal.


Il ajoute : "Les députés Barthélémy Dias, Aminata Diallo et le maire de la Médina (Bamba Fall) sont sous le coup d’une illégitimité", ce qui fait que "Khalifa Sall devra batailler ferme pour sauver ses lieutenants".


 


BK