Elections africaines : une étude Afrobaromètre rend compte des inquiétudes persistantes des citoyens
APS
SENEGAL-AFRIQUE-POLITIQUE

Elections africaines : une étude Afrobaromètre rend compte des inquiétudes persistantes des citoyens

Dakar, 10 sept (APS) - Une nouvelle étude conduite par Afrobaromètre fait état d’une "image inquiétante" des organes chargés de la conduite des élections et de la qualité des consultations électorales en moyenne dans 36 pays africains enquêtés, "seule la moitié (50%)" des personnes sondées affirmant par exemple faire "+partiellement confiance+ (25%) ou +très confiance+ (25%) à leur commission électorale".
 
"En moyenne à travers 36 pays enquêtés, seule la moitié (50%) des répondants affirment faire « partiellement confiance » (25%) ou « très confiance » (25%) à leur commission électorale", écrivent les auteurs de cette étude réalisée par le réseau de recherches panafricain du même nom.
 
Afrobaromètre conduit des enquêtes sur les attitudes du public envers la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques, et des questions connexes à travers plus de 30 pays d’Afrique.
 
"Certains des niveaux les plus bas de confiance sont exprimés dans les pays avec des élections très serrées en 2016, dont le Gabon (25%), São Tomé et Príncipe (31%), et le Ghana (37%)", soutiennent les auteurs de sa dernière étude en question.
 
Si l’on en croit cette enquête, par ailleurs deux-tiers des Africains "considèrent leur toute dernière élection « entièrement libre et équitable » (41%) ou « libre et équitable, mais avec de petits problèmes".
 
Mais il reste que "de grandes proportions de la population sont sceptiques quant à la qualité de leurs élections", plus de quatre Africains sur 10 affirmant que "les électeurs sont au moins « quelques fois » menacés de violence dans les bureaux de vote (44%" et que "les partis et les candidats de l’opposition sont au moins « quelques fois » empêchés de se présenter aux élections (43%)".
 
Les sondés disent aussi que "les médias ne couvrent « jamais » ou que « quelques fois » tous les candidats sans parti pris (43%)". Ils répondent aussi que "des électeurs sont « souvent » ou « toujours » soudoyés (43%)". 
 
De même, indique la même source, seulement un tiers (34%) d’Africains "pensent que les votes sont « toujours » comptés avec impartialité".
 
Aussi "plusieurs des pays qui ont connu des violences électorales" expriment-ils "des niveaux de confiance bas quant au décompte des votes, y compris le Kenya (26%), le Zimbabwe (22%), et le Nigéria (6%) (Figure 5)".
 
S’y ajoute qu’une bonne moitié des Africains affirment par ailleurs que "les élections ne sont pas efficaces comme mécanismes permettant de s’assurer que les opinions des électeurs soient représentées (50%) et que les électeurs puissent révoquer les autorités qui ne comblent pas leurs attentes à travers les urnes (51%)". 
 
"Parmi les pays aux niveaux de mécontentement les plus élevés quant à la performance de représentativité et de responsabilité des élections on retrouve le Bénin, le Ghana, la Mozambique, Madagascar et la Tanzanie", signale l’étude.
 
"Alors que des élections nationales se tiennent dans 25 au moins des pays africains en 2016- 2017, commentent ses auteurs, les perceptions des citoyens présentent une image inquiétante des institutions en charge de la gestion des processus électoraux et de la qualité des élections".
 
"Quand bien même les appréciations publiques varient considérablement d’un pays à l’autre, en moyenne plus de quatre Africains sur 10 se préoccupent de l’impartialité des décomptes des votes, de la corruption lors des élections, et de la sécurité des électeurs", analysent-ils.
 
Ils font en outre observer que la moitié des Africains "affirment que les élections n’assurent pas vraiment que les opinions des électeurs soient représentées et que les autorités élues puissent être tenues responsables". 
 

BK