Aminata Ouédraogo, une ambassadrice du commerce burkinabè à la FIDAK
APS
SENEGAL-BURKINAFASO-COMMERCE-PROFIL

Aminata Ouédraogo, une ambassadrice du commerce burkinabè à la FIDAK


Dakar, 14 déc (APS) - Aminata Ouédraogo, une commerçante burkinabè âgée de 56 ans, est une habituée de la Foire internationale de Dakar (FIDAK), l’une des plus grandes rencontres du commerce ouest-africain, à laquelle elle participe depuis une quinzaine d’années, sans relâche.

Adja, comme l’appellent affectueusement ses proches, mère de cinq enfants, est de l’ethnie des Mossi, l’une des plus importantes de son pays.

Propriétaire de trois boutiques au marché central de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, elle mène ses activités commerciales dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Sénégal.

Mme Ouédraogo prend part à la 27e édition de la FIDAK, la plus grande rencontre commerciale du Sénégal et l’un des plus importants rendez-vous du commerce ouest-africain.

"Mon premier contact avec les gens de la FIDAK a eu lieu il y a plus de 15 ans. Ils étaient venus nous rencontrer à la Foire internationale de Ouagadougou pour nous inviter à la FIDAK", se souvient la présidente d’Art et Décor, une association de commerçants et d’artisans burkinabè.

"C’est sur cette initiative-là que j’ai décidé de venir participer à la FIDAK. J’en étais encore au petit commerce. J’avais pris l’avion pour visiter la foire de Dakar avant d’emmener mes marchandises pour les éditions suivantes", rappelle-t-elle, visiblement très satisfaite de son expérience avec la foire commerciale dakaroise.

Aujourd’hui, pour faire venir ses marchandises à la FIDAK, Mme Ouédraogo est obligée de louer des camions, qu’elle partage avec d’autres commerçants burkinabè. 

Elle est aidée de son frère cadet pour étendre les tentacules de son commerce au Sénégal, où elle écoule diverses marchandises : paniers, beurre de karité, pagnes tissés, objets d’art, etc. 

"J’ignorais tout de ce pays (le Sénégal, Ndlr)", se souvient-elle, reconnaissant que la conquête du marché sénégalais a été "fructueuse" pour elle, qui fait venir à Dakar les membres de l’association Art et Décor.

"Beaucoup de gens de ma ville ont entendu parler de la FIDAK et m’ont contactée pour pouvoir s’y rendre. Je leur ai demandé de venir travailler avec moi", ajoute la commerçante aujourd’hui parmi les responsables de l’importante délégation de commerçants burkinabè venant exposer chaque année à la FIDAK.

Pourtant, l’aventure n’a pas été facile, comme dans tout début, selon Aminata Ouédraogo.

Elle se souvient des démarches administratives à mener auprès des autorités de son pays pour avoir l’autorisation de participer à la Foire internationale de Dakar et obtenir l’invitation de leurs homologues du Sénégal.

Des démarches d’autant plus nécessaires que Mme Ouédraogo et ses compatriotes devaient parcourir des milliers de kilomètres, de Ouagadougou à Dakar, en passant par le Mali, à travers de nombreux points de contrôle de passagers et de marchandises. 

"Pour ma troisième participation à la FIDAK, j’ai mobilisé plusieurs commerçants et artisans, ainsi que plus de 60 tonnes de marchandises", rappelle-t-elle, se réjouissant d’avoir "tissé des liens et noué des partenariats" avec d’autres commerçants rencontrés au fil des ans à Dakar.

A Dakar, la commerçante burkinabè joue aussi les ambassadeurs de l’artisanat de son pays, proposant de nombreux objets d’art à la clientèle.

"Chez les Mossi, on peut tout donner à la jeune mariée comme cadeau. Mais sans cette écuelle, le mariage ne sera pas pris au sérieux", dit Aminata Ouédraogo, montrant cet objet faisant partie intégrante des produits artisanaux qu’elle expose à la FIDAK.

Pour la présente édition de la foire dakaroise, dont la clôture est prévue dimanche 16 novembre, elle a fait venir deux camions de marchandises, avec l’aide de ses compatriotes. "Cette année, plus de 35 exposants burkinabè participent à la FIDAK. Chacun y trouve son compte", dit-elle fièrement.

Mme Ouédraogo ramène de Dakar des marchandises qu’elle revend au Burkina Faso. "Venir à la FIDAK me permet d’augmenter mon chiffre d’affaires. La seule inquiétude, c’est la hausse des prix des stands à louer. Nous payions autrefois 500.000 francs CFA, maintenant on nous loue les stands à 700.000 l’unité", raconte-t-elle, invitant les services du commerce sénégalais, organisateurs de la FIDAK, à une baisse des tarifs des stands.

Aminata Ouédraogo se désole par ailleurs du "mauvais état" de certaines parties de la route Ouagadougou-Dakar, à cause duquel, selon elle, un camion de marchandises appartenant à la délégation burkinabè s’est renversé sur son trajet vers Dakar. 

AMN/ESF/BK