Tambacounda : l’IA annonce la suppression effective de la sjournée continue cette année
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Tambacounda : l’IA annonce la suppression effective de la sjournée continue cette année

Tambacounda, 24 sept (APS) - La mesure de suppression de la journée continue qui a été suspendue l’année dernière, sera effective à la prochaine rentrée des classes où les cours seront dispensés matin et soir dans les écoles de la région de Tambacounda (est) a annoncé, vendredi, l’inspecteur d’Académie, Alassane Niane. 
 

L’inspection d’académie avait reporté l’application de sa décision de supprimer à la journée continue dans les écoles, jusqu’à la rentrée scolaire 2016, après des pourparlers avec les syndicats d’enseignants opposés à la mesure.

Des responsables et militants d’organisations syndicales d’enseignants avaient, à travers un sit-in en début novembre 2015 devant les locaux de l’Inspection, protesté contre cette mesure de suppression.

"C’est réglé depuis l’année dernière, quand j’ai convoqué toutes les parties prenantes, l’administration scolaire, les syndicats, les élèves ici-même à l’IA", a dit M. Niane. "Nous avons dit que les cours doivent se faire et le matin et dans l’après-midi. Ce sont les directives que nous avons données cette année", a souligné l’inspecteur d’Académie.

"Cette année, les cours se feront et la matinée et dans l’après-midi et ça, dans le seul but d’aider les élèves, de faire en sorte qu’ils puissent apprendre au mieux", a réitéré le responsable régional de l’éducation, soulignant que "c’est ça la règlementation".

Battant en brèche l’argument de la canicule avancé par les partisans de la journée continue, M. Niane a estimé que la chaleur est une raison de plus pour revenir à la réglementation. "Entre 13 heures et 14 heures, c’est le moment où la chaleur culmine, mais à 16 heures le climat s’adoucit un peu", a-t-il relevé.

Pour lui, il est "très difficile" pour un élève de suivre un cours de mathématiques ou de géographie pendant cette période de la journée. "Pourquoi ne pas donner à l’enfant le temps de prendre son repas. Il vous reviendra frais (….) il prêtera une écoute attentive au cours qui lui sera dispensé", s’est interrogé M. Niane.

"Il faut viser l’intérêt de l’élève", a-t-il dit, ajoutant que compte tenu de la "centralité de l’élève", de ses aspects physiologiques et psychologiques, "il est bon qu’on fasse des cours le matin et dans l’après-midi".

"L’élève a besoin de se reposer, rassurez-vous, cette année, on va rompre d’avec les pratiques anciennes (…) les cours se feront et les matins et les après-midi", a-t-il répété, indiquant avoir adressé une correspondance aux inspections de l’éducation et de la formation (IEF) et aux proviseurs pour les instruire de mettre en application cette année, la journée discontinue.

Une note de service en date du 29 octobre 2015, avait défini de nouveaux horaires dans les structures scolaires de la région. Concernant le moyen-secondaire, les heures de cours vont de 8 à 13h le matin et de 16 à 18 h l’après-midi alors qu’avant la note, ils s’arrêtaient à 14 h ou exceptionnellement à 15 h du fait d’un manque de classes.

Pour ce qui est de l’élémentaire, les cours démarrent à 8 heures pour se terminer à 13 heures ou 13 heures 30, et l’après-midi, de 16 heures à 18 heures ou 18 heures 30, les mardis et jeudis, selon qu’il s’agisse des classes de type traditionnel ou à double-flux.

L’académie avait motivé cette décision par un souci de "garantir la qualité qui sied à la réalisation des performances scolaires", a souligné M. Niane, précisant toutefois qu’en période de forte canicule, à partir du mois d’avril, "’application de la journée continue pourra être consécutive à la réception d’un rapport du chef d’établissement faisant l’état des lieux".

Ce document doit confirmer que l’établissement en question remplit les conditions l’autorisant à mettre en pratique la journée continue. Il s’agit, entre autres, de l’existence de blocs sanitaires répondant aux normes, de salles de classes en adéquation avec le nombre de classes pédagogiques ou encore d’une "restauration sur place à un coût supportable par les ménages souvent démunis".

Souleymane Fickou, secrétaire général régional du Saemss/Cusems, avait jugé, lors du sit-in de l’année dernière, la mesure "impopulaire" parce que la plupart des élèves fréquentant certains établissements habitent hors de la commune de Tambacounda.

Selon lui, "s’ils doivent rentrer à 13 heures pour revenir à 16 heures, cela constituera une charge supplémentaire pour les parents d’élèves qui devront doubler le montant des frais de transport".

"Nous sommes dans une région très chaude, il ne faut pas déshydrater les élèves", avait-il dit, ajoutant que la journée continue leur donne le temps de "récupérer" à la maison et apprendre les leçons.

"Avec cette décision, le déficit marqué de classes dans la région se fera plus sentir et le quantum horaire enregistrera un manque à gagner" avait ajouté M. Fickou.

ADI/PON