Patrimoine bâti de l’Etat : vers un rééquilibrage des budgets de rénovation entre Dakar et les régions (DG)
APS
SENEGAL-PATRIMOINE-REHABILITATION

Patrimoine bâti de l’Etat : vers un rééquilibrage des budgets de rénovation entre Dakar et les régions (DG)

Tambacounda, 6 oct (APS) - L’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’Etat (AGPBE) envisage de procéder à un rééquilibrage des enveloppes allouées à la rénovation des bâtiments constituant le patrimoine bâti de l’Etat à Dakar et dans les régions a indiqué, mercredi à Tambacounda, son directeur général Abdou Karim Fofana.
 

"L’Etat veut un rééquilibrage du budget de réhabilitation des bâtiments, pour éviter que l’essentiel soit alloué à Dakar et des miettes soient données aux régions" a noté M. Fofana. Les travaux de rénovation du patrimoine bâti recensé en 2015 à Kaolack et Saint-Louis ont démarré, a-t-il dit, informant que ce sera ensuite au tour des régions de Tambacounda, Ziguinchor, Kédougou, Kaffrine et Louga.

A Tambacounda, la mission de l’AGPBE a démarré lundi dans le département de Bakel, avant d’arriver mercredi à Tambacounda. Elle se poursuivra jeudi à Goudiry et vendredi à Koumpentoum. Les régions les moins bien loties seront la priorité, a-t-il assuré.

Abdou Karim Fofana a relevé que la présente mission est une étape estimative visant à déterminer la priorité parmi les bâtiments recensés. L’un des objectifs de cette tournée est de vérifier si ces conventions on fait l’objet d’une résiliation définitive. Rien que dans la journée du mardi, la délégation de l’AGPBE a résilié des conventions pour près de 11 millions.

Une directive présidentielle supprimant les logements conventionnés, a occasionné une baisse de 34% sur l’engagement locatif de l’Etat qui est passé de 16,5 milliards de francs CFA à 12,5 milliards de francs CFA.

Le président de la République accorde une importance à ces bâtiments qui ont un "sens historique très fort". Interpellé sur l’enveloppe globale qui sera allouée aux régions ciblées, M. Fofana a relevé qu’"on ne peut pas aller très vite en besogne, c’est une histoire d’ingénieur".

Après l’estimation des techniciens venus faire le diagnostic et les propositions qui seront faites avant la fin de l’année, les dispositifs nécessaires devraient être mis en place dès 2017 en fonction du budget qui sera alloué à chaque région.

L’enveloppe globale ne sera connue qu’après le vote de la loi de finance rectificative, a-t-il dit, précisant que la part de chaque région ne peut être déterminée à l’avance.

Concernant la conservation de l’architecture d’origine des édifices à rénover, il a expliqué que pour ce qui est des bâtiments classés comme celui abritant la préfecture de Tambacounda, qui figure parmi les "priorités", "la règlementation ne permet pas de faire autre chose que ce qui existait".

"Nous sommes obligés de respecter l’architecture et l’histoire de ces bâtiments" a-t-il rassuré, relevant en passant que l’annexe de la préfecture de Tambacounda construite pendant la colonisation, avait accueilli la résistante casamançaise Aline Sitoe Diatta, pendant une période trouble.

Soulignant l’importance que le président de la République accorde aux zones frontalières, M. Fofana a cité, au nombre des infrastructures susceptibles d’être réhabilités, les préfectures de Bakel et Goudiry, tout comme la sous-préfecture de Kéniéba.

L’Etat est le "premier propriétaire" de bâtiments mais ces édifices sont mal en point faute de réfection. Pour le gouverneur de la région de Tambacounda Bouya Amar qui avait reçu les agents de l’AGPBE, c’est une "vieille doléance" des régions qui est en train d’être satisfaite par le programme en cours.

Il a salué la démarche de l’Agence consistant à prioriser les bâtiments à retaper. Il a ajouté que dans un souci d’amélioration de la qualité de service offert aux usagers de l’administration devenus à ses yeux des "clients", la construction dans les régions de cités administratives regroupant l’essentiel des services, aiderait les citoyens à gagner du temps et de l’argent en demandant des prestations auprès de l’administration.

Ils n’auront plus à aller dans quatre différents quartiers pour se procurer certains documents, a-t-il dit. Le directeur général de l’AGPBE a indiqué que la structure qu’il dirige travaille à des propositions allant dans ce sens avec l’idée de réaliser des ‘’guichets uniques’’ de l’administration.

ADI/PON