AFRIQUE-POLITIQUE-DARFOUR
La FIDH déplore le refus de l’Union Africaine de coopérer avec la CPI
30/07/2010 12:47 GMT
Dakar, 30 juil (APS) -
La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et des organisations soudanaises déplorent ’’vivement’’ le refus de l’Union africaine de coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) sur la situation au Darfour, indique un communiqué transmis à l’APS.
L’UA a exprimé cette position à l’issue du 15-ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui s’est tenu à Kampala en Ouganda du 15 au 27 juillet dernier.
’’L’UA réitère sa volonté de voir différer les poursuites contre le président soudanais Omar El Bechir, ainsi que sa volonté d’amender l’article 16 du Statut de Rome afin de permettre à d’autres organes des Nations Unies de demander à la CPI de suspendre des poursuites en cas d’inaction de la part du Conseil de sécurité’’, indique la FIDH dans un communiqué transmis à l’APS.
Selon la FIDH, ’’elle refuse également la mise en place d’un bureau de liaison de la CPI auprès de l’UA et menace même de sanctions les Etats africains parties au Statut de Rome qui dérogeraient aux décisions de l’UA’’.
‘’La décision du Conseil de sécurité de déférer la situation au Darfour à la CPI a été prise du fait de l’absence totale de justice au Soudan en dépit de crimes les plus abominables commis à l’occasion du conflit qui oppose aujourd’hui encore les troupes gouvernementales et les groupes rebelles’’, rappelle la FIDH.
L’organisation de défense des droits e l’homme estime que ‘’la prise de position de l’UA se base notamment sur l’argument selon lequel la justice s’oppose à la paix au Darfour’’ et que la CPI n’intervient qu’en Afrique alors que ‘’d’autres crimes graves sont commis ailleurs, y compris par des représentants de pays occidentaux’’.
‘’Si cela est un fait, peut on pour autant, au prétexte de l’absence d’universalité de la compétence de la CPI, piétiner la mémoire des 300 mille victimes du Darfour et des autres victimes africaines de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo, de la République centre africaine ou encore du Kenya, qui appellent de leur vœux l’intervention de la justice internationale pour lutter contre l’impunité ‘’s’interroge la FIDH.
ASB/ADC