Le Loujniki entretient la mémoire du Spartak
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MONDE-RUSSIE-FOOTBALL

Le Loujniki entretient la mémoire du Spartak


Dakar, 16 juil (APS) - Le stade Loujniki de Moscou, en plus d’avoir abrité dimanche la finale de la Coupe du monde 2018 (14 juin-15 juillet), est aussi un lieu de mémoire pour le Spartak, une des équipes-phares de la capitale russe.
 

Un drame a frappé à jamais les supporteurs du Spartak de Moscou, le 20 octobre 1982, dans cette enceinte érigée en 1955 au temps de l’URSS (Union des républiques socialistes et soviétiques) et qui portait le nom de Lenine, célébré théoricien communiste et homme d’Etat russe.
 
"C’est lors d’un match de coupe d’Europe contre le club néerlandais de Haarlem que se produisit ce qui est peut-être le plus grand drame de l’histoire du football", rappelle le quotidien français l’Equipe dans son édition du dimanche 15 juillet, jour de la finale du Mondial 2018
 
Un mouvement de foule "survenu ce soir-là a provoqué officiellement 66 victimes mais les témoins de l’époque évoquent plus de 350 morts", rapporte le quotidien spécialisé français, évoquant "une enquête étouffée".
 
"Car la responsabilité revenait à la police qui avait refusé d’ouvrir les portes du stade alors que la foule voulait sortir", affirme L’Equipe.
 
Avant d’abriter la finale de la 21-ème Coupe du monde football, le stade Loujniki avait été aussi le théâtre de la célébration de la grandeur soviétique avec les Jeux olympiques de Moscou 1980.
 
Ces Jo, même boycottés par le Bloc occidental, les USA en tête, avaient permis aux Soviétiques et à leurs alliés d’en faire une vitrine, une opportunité de vulgarisation du socialisme, ce qui a contribué à davantage mettre en exergue l’importance du sport dans la géopolitique mondiale.
 
C’est dire si ce stade réduit à 81.000 places - il peut en contenir 110.000 - a fait vibrer les fans russes d’hier et d’aujourd’hui, la sélection russe, la Sbornaya, ayant par exemple déjoué tous les pronostics en se qualifiant pour les quarts de finale du Mondial 2018, même si elle n’a pu aller au-delà, contrairement aux athlètes soviétiques qui avaient dominé le monde en 1980.
 
La fierté russe a semble-t-il trouvé tout son compte dans la qualification de la sélection russe pour les quarts de finale aux dépens de l’Espagne aux tirs au but (4-3 et 1-1 à la fin du temps réglementaire et des prolongations), ajoutée aux déclarations du président de la FIFA Gianni Infantino selon lesquelles la Coupe du monde 2018 est "la meilleure de l’histoire".
 
Il y a aussi que ce stade n’a pas seulement fait vibrer les férus de sport, des fans de musique ont également vécu des moments inoubliables dans cette enceinte avec notamment le concert que la défunte star de la pop américaine, Michaël Jackson, y a animé après la chute du Mur de Berlin.
 
Ce concert géant avait symbolisé l’entrée de la Russie dans la mondialisation et l’économie de marché, dont les signes sont partout visibles à travers tous les coins de rue de la capitale russe, jusqu’aux portes du Kremlin, le palais présidentiel et centre du pouvoir russe.
 
Des échoppes vantant de célèbres enseignes américaines spécialisées dans la restauration rapide de restauration, la preuve que la Russie est devenue une destination "normale".
 
Le stade Loujniki, au-delà de la finale du Mondial, va continuer à écrire son histoire, une histoire de larmes mais aussi de joie, la vie devant continuer même après les plus terribles drames.
 
Comme les supporters du Stade de Mbour (élite sénégalaise), qui ont prié ce dimanche pour les leurs qui ont perdu la vie le 15 juillet 2017 dans les mêmes conditions, lors de la finale de Coupe de la Ligue, ceux du Spartak du Moscou vont continuer à toujours entretenir la mémoire du drame du 20 octobre 1982.
 
SD/BK