Pape Fall rappelle OM-Ajax de 1988, match qui a précipité son départ de Marseille
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Pape Fall rappelle OM-Ajax de 1988, match qui a précipité son départ de Marseille

Dakar, 20 avr (APS) – Dans l’histoire des confrontations entre l’OM et l’Ajax, une rencontre aller de Coupe de l’UEFA en 1988 est restée en travers de la gorge des fans du club français et a donné lieu au lynchage de l’ancien défenseur sénégalais Pape Fall.
 
Fall s’était retrouvé face à la pépite néerlandaise de l’époque, Richard Witschge. 
 
Revenant sur cet épisode, le 11 mars 2009, le journal marseillais Le Phocéen écrivait sur son site internet : ‘’Le futur Stéphanois (Witschge) fit étalage de toute sa classe depuis son aile gauche et signa un doublé. Le pauvre défenseur sénégalais de l’OM, Pape Fall, fut mis au supplice et désigné ensuite comme le coupable de la déroute olympienne.’’ 
 
Dans un forum de journalistes et d’observateurs du football africain, l’ancien défenseur international, arrivé à l’OM en provenance de la SEIB de Diourbel, a accepté ce dimanche de revenir sur cette rencontre ayant impacté sa carrière professionnelle. 
 
Il a rappelé avoir été obligé de remplacer au pied levé William Ayache (le titulaire) qui avait déclaré forfait. ‘’C’est au petit déjeuner que le coach (Gérard Banide) est venu lui annoncer qu’il allait démarrer la rencontre’’, rappelle l’ancien défenseur. div>
 
‘’Le match était bizarre. Dès que je montais, les Hollandais mettaient le ballon sur le côté de Jean-François [Domergue] parce qu’ils savaient qu’il n’allait pas vite’’, a rappelé l’ancien arrière droit international. 
 
‘’Et à partir de là, c’était centre et but avant que la défense de l’OM ait eu le temps de se replacer’’, a précisé Pape Fall, concernant cette rencontre perdue (0-3) par l’équipe phocéenne, qui jouait pourtant à domicile. 
 
Les supporters, dit-il, ont par la suite "voulu chercher un bouc émissaire’’ à travers "le petit Black venu d’une région [du Sénégal] qui s’appelle Diourbel’’. 
 
‘’C’était trop facile mais j’ai eu la force de caractère pour me relever, je suis allé au SM Caen où j’ai fait une excellente saison et, rebelote, je suis devenu meilleur latéral d’Afrique en Algérie et chouchou du public de la CAN 1990’’, a rappelé Pape Fall, qui s’est reconverti dans le coaching. 
 
‘’L’OM a voulu me récupérer, [Bernard] Tapie (président du club d’alors) et Jean-Pierre Bernès (actuel agent de joueurs, homme de confiance du président de l’OM) m’ont appelé’’, a-t-il raconté. 
 
Pape Fall dit avoir refusé cette offre et soutient avoir eu gain de cause en signant par la suite un contrat de trois ans avec Caen, où il a ensuite passé plusieurs années en compagnie de Franck Dumas comme entraîneur.
 
‘’Je savais mon potentiel avant de signer à l’OM, je pouvais jouer partout dans le monde, mais ce match m’a forgé et ce caractère trempé est toujours resté’’, a-t-il dit. 
 
L’ancien footballeur considère cette rencontre comme un mal pour un bien, dans la suite de sa carrière. 
 
Et Le Phocéen de rappeler que dans ‘’un stade Vélodrome archicomble, c’était les Olympiens [qui] passèrent hélas à côté de leur sujet’’. 
 
Au match retour, l’OM sauva l’honneur en l’emportant grâce (2-1) à JPP (Jean-Pierre Papin) et Klaus Allofs, poursuit le journal. 
 
Pour sa signature au SM Caen, Pape Fall rappelle que c’est l’ancien président de l’OM, Pape Diouf (décédé le 31 mars dernier du Covid-19), agent de joueurs à cette époque, qui est allé négocier la signature de son contrat. 


SD/ASG/ESF