Des observateurs agitent l’idée d’une diminution du nombre de clubs en Ligue professionnelle
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SENEGAL-FOOTBALL-ORGANISATION

Des observateurs agitent l’idée d’une diminution du nombre de clubs en Ligue professionnelle

Dakar, 19 mai (APS) - Des observateurs du football national se sont interrogés sur la viabilité de la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP) au vu du nombre très important de clubs, lors de différents panels organisés autour de la gestion de la discipline.
 
 
Invité à un panel organisé récemment par l’Association nationale de la presse sportive (ANPS), le professeur Abdoulaye Sakho, vice-président du Jaraaf, a théorisé une baisse du nombre de clubs évoluant dans la Ligue professionnelle.
 
Sur le document produit pour les besoins de cette rencontre et dont l’APS a obtenu une copie, l’enseignant de droit à l’université Cheikh Anta Diop s’interroge sur la pertinence de réduire ou non le nombre de clubs professionnels. Il note ensuite que la réponse à cette interrogation relève d’une "décision politique’’ et ne relève pas du "cadre juridique".

Faisant le compte rendu de l’intervention du professeur Sakho, le site officiel du Jaraaf avance que son vice-président appelle à prendre une décision quant au nombre de clubs évoluant dans le championnat d’élite.
 
"Le professeur Sakho a soutenu qu’il faut prendre une décision, celle de limiter les clubs professionnels à dix (une dizaine), il a donné l’exemple de l’Ecosse qui a débuté son championnat professionnel avec moins de cinq clubs avant de devenir un grand championnat qui fournit des joueurs à la Premier League", rapporte le site du Jaraaf de Dakar.
 
La LSFP, lancée en 2009 et qui se joue avec 14 clubs en Ligue 1 et autant en Ligue 2, peine à prendre son véritable envol à cause notamment de l’absence de sponsors et de diffuseur officiel.
 
Au cours d’une autre rencontre organisée par l’Institut de formation des Métiers du sport (IFMS), Me Moustapha Kamara, spécialisé en transferts de joueurs, appelle lui aussi à un resserrement de l’élite.
"C’est comme la Loi Lamine Diack (1969) qui a réussi la fusion des clubs", a rappelé l’avocat inscrit au barreau de Paris (France).
 
"Concernant le nombre d’équipes, je pense sincèrement que 14 clubs, c’est trop. On doit pouvoir avoir moins de clubs pour plus de qualité sur les aires [de jeu] et le public va mieux suivre", suggère Me Kamara.
 
Spécialiste du droit du travail et du sport et des opérations de transferts des footballeurs, le natif de Tambacounda (est) a traité des questions de métiers d’agents sportifs et intermédiaires et des contrats sportifs pour l’institut de formation.
 
A propos de la question de la diminution du nombre de clubs dans l’élite professionnelle, le directeur exécutif de la LSFP, Amsatou Fall, reconnaît l’existence de difficultés pour la structuration et le financement du football professionnel au Sénégal.
 
Le nombre de clubs en L1 et L2 a été fixé sur la base d’une recommandation de la Fifa, a-t-il précisé, rappelant que "le Sénégal est l’un des pays dont le nombre de clubs par ligue est le plus petit".

Il estime que les entraves au développement du football professionnel portent principalement sur la gouvernance et le financement.
 
Ce dernier élément constitue selon lui le principal obstacle au développement du football professionnel au Sénégal avec l’accompagnement de l’Etat toujours attendu depuis 2009.

A l’inexistence des droits télévisuels et au manque d’intérêt du secteur privé, vient s’ajouter le fait que le marché du sport est peu ou pas exploité pour attirer les sponsors potentiels.

SD/ASG/BK