Le jugement du TAS permet au président Ahmad de recouvrer toutes ses prérogatives (juriste)
APS
AFRIQUE-FOOTBALL-VERDICT-REACTIONS

Le jugement du TAS permet au président Ahmad de recouvrer toutes ses prérogatives (juriste)

Dakar, 30 jan (APS) - La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de lever provisoirement la suspension du président déchu de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmed permet à ce dernier de "recouvrer tous ses droits", soutient le juriste sénégalais Abdoulaye Sakho et fondateur du Master droit et économie du sport.

"Tant qu’il n’est pas condamné définitivement, oui, il recouvre ses droits", a répondu le juriste interrogé sur les implications de la décision du Tribunal arbitral du sport.
 
Le TAS a annoncé avoir levé provisoirement la suspension du président Ahmad Ahmad, une décision qui remet en selle le président déchu de la Confédération africaine de football (CAF) qui briguait sa propre succession à la tête de l’instance africaine dont les élections générales sont prévues le 12 mars prochain.
 
Le Malgache Ahmad Ahmad, élu président de la CAF en 2017, avait écopé d’une suspension de 5 ans avec interdiction de toute activité liée au football. Il devait aussi s’acquitter d’une amende de 185.000 euros, soit plus de 120 millions de francs CFA.
 
Le président déchu de la CAF avait été jugé coupable d’avoir enfreint plusieurs articles du code d’éthique de la FIFA et était notamment accusé de détournement de fonds et d’abus de pouvoir.
 
Sur la base de cette décision de commission d’éthique de la FIFA, Ahmad avait été jugé inéligible par la Commission de gouvernance de la CAF et la Commission de contrôle de la Fifa.
 
"En raison notamment d’un risque de dommage irréparable pour M. Ahmad en cas de maintien de la sanction disciplinaire durant la période précédant les élections de la CAF, la Formation du TAS a accepté la demande de suspendre temporairement les effets de la décision de la Chambre de jugement de la Commission d’éthique de la Fifa jusqu’au prononcé de la sentence finale", écrit la juridiction internationale dans un communiqué.
 
Selon le professeur Abdoulaye Sakho, cette décision est "juste une conséquence de l’application de la justice sportive que rend le TAS qui est la juridiction officielle de la Fifa même si elle doit malgré tout tenir compte de ce que disent les juridictions étatiques de tous les pays".
 
"La Fifa avait rendu une décision, ici une sanction, le fonctionnement interne de cette organisation autorise un appel contre cette décision et Ahmad y a fait usage et donc, le TAS dit qu’en attendant de vider tout le contentieux, on ne peut pas préjuger de ce que sera sa décision finale", ajoute l’universitaire sénégalais, fondateur d’un master droit et économie du sport.
 
"Donc, pendant qu’elle instruit l’affaire, Ahmad doit pouvoir bénéficier de ce principe à la disposition de tous les accusés au monde : la présomption d’innocence", insiste l’enseignant de droit à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
 
Le TAS laisse donc Ahmad "mener ses activités tranquillement" jusqu’au rendu de sa décision qui peut soit confirmer la Fifa soit l’infirmer, selon le juriste.
 
Le TAS, pour ne pas le léser, a annoncé avoir prévu de se pencher sur son cas le 2 mars et de rendre une sentence avant le jour des élections, le 12 mars prochain à Rabat (Maroc).
 
En lieu et place du président par intérim de la CAF, le Congolais Constant Omari, déclaré inéligible par la commission de gouvernance de la CAF et le comité de contrôle de la Fifa, c’est le président Ahmad qui va être réinstallé dans ses fonctions.
 
Le président par intérim, actuellement au Cameroun où se déroule le Championnat d’Afrique des nations (CHAN), est candidat à un poste de représentant au conseil de la Fifa.
 
Le professeur Sakho fait observer que "la justice sportive a beau être spécifique, elle est soumise à tous les principes qui gouvernent le procès notamment la préservation des droits des personnes accusées".
 
"Dans l’attente de la décision de ce juge, tu gardes toutes tes prérogatives de citoyen sauf si ce que tu as fait est flagrant et qu’on te met en détention provisoire ou garde à vue pour les besoins de l’enquête", en vue d’éviter que "tu dissipes les preuves", a-t-il ajouté.
 
Avec cet avis, le TAS remet en selle le président Ahmad qui a tout loisir de battre campagne pour l’élection à la présidence de la CAF, au même titre que les quatre autres candidats dont les dossiers ont été validés.
 
Il s’agit du Sénégalais Augustin Senghor, du Mauritanien Ahmad Yahya, de l’Ivoirien Jacques Anouma et du Sud-africain Patrice Motsepe.
 
SD/BK