Le football ghanéen dans la tourmente
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Le football ghanéen dans la tourmente


Dakar, 7 juin (APS) - Le football ghanéen, jadis considéré comme une référence sur le continent africain et confronté à une crise de résultats ces dernières années, vit une situation qui pourrait terminer dans une grande confusion avec les accusations de corruption contre des dirigeants de la Fédération ghanéenne, dont son président Kwesi Nyantakyi.
 

Le gouvernement ghanéen a annoncé jeudi avoir décidé de la dissolution de l’instance dirigeante du football ghanéen "après les révélations explosives d’une enquête journalistique sur la corruption de dirigeants et d’arbitres".
 
Dans un documentaire présenté mercredi à Accra, des journalistes d’investigation affirment, images à l’appui, que le Ghana Football Association (GFA) est impliqué dans plusieurs délits de corruption présumés mettant en jeu des millions de dollars de pots-de-vin.
 
Kwesi Nyantakyi, président de la GFA, a été piégé par des journalistes infiltrés dans le film "Number 12", présenté en avant-première au Centre international de conférence d’Accra, où étaient présents de nombreux diplomates et responsables politiques.
 
’’On y voit notamment Kwesi Nyantakyi proposer à de supposés investisseurs financiers (en fait des journalistes) de lui verser 11 millions de dollars pour leur faciliter l’accès à des personnalités clés du gouvernement ghanéen, dans l’espoir d’obtenir d’importants contrats dans les domaines de l’agriculture, de la construction et du pétrole’’, rapportent des médias.
 
Nyantakyi, président de la GFA depuis 2005 sans discontinuer, est aussi premier vice-président de la Confédération africaine de football (CAF).
 
A l’occasion d’une conférence de presse co-animée en septembre dernier à Accra avec le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Malgache Ahmad, le président de la GFA, interrogé sur la suspension à vie de son compatriote arbitre gJoseph Lamptey, accusé par la FIFA d’avoir manipulé le match Afrique-Sénégal en novembre 2016, avait botté en touche.
 
"Le football ghanéen n’a rien à avoir avec le comportement de cet arbitre", avait affirmé le président de la GFA, lavant à grandes eaux le football de son pays.
 
Cette dernière affaire de corruption tombe mal pour le football ghanéen qui tente de se remettre de l’élimination des Black Stars de la Coupe du monde 2018.
 
Le Ghana, depuis 2006, s’est régulièrement qualifié à la Coupe du monde jusqu’en 2014, avant de se faire éliminer lors des qualifications pour le Mondial 2018, dans un groupe où évoluait l’Egypte de Mohamed Salah, Ballon d’or africain 2017.
 
D’ailleurs, les Black Stars, éliminés dès le premier tour au Brésil en 2014, après avoir frôlé la qualification en demi-finales lors de l’édition 2010, avaient laissé une mauvaise image en réclamant leurs primes à cor et à cri, avec à l’appui des menaces de boycott.
 
Le football ghanéen, par ailleurs en quête d’un trophée continental qui le fuit depuis 1982 en seniors, veut se remettre à l’endroit à travers l’organisation de compétitions majeures, en sachant que le Ghana, pour les besoins de la CAN 2008, s’était doté de stades de football de dernière génération.
 
Le pays a d’ores et déjà été désigné pour abriter la CAN féminine en décembre prochain.
 
Il reste que sous la présidence de Kwesi Nyantakyi, le football ghanéen a remporté la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2009, une première pour une équipe du continent africain.
 
SD/BK