La Ligue des Nations, une arme pour la bataille de la naturalisation ?
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La Ligue des Nations, une arme pour la bataille de la naturalisation ?

Dakar, 7 sept (APS) – La Ligue des Nations, une compétition européenne initiée par Michel Platini, mise en pratique par son successeur à la présidence de l’UEFA, le Slovène Aleksander Čeferin, rend une fière chandelle aux sélections européennes dans leur quête de naturalisation des binationaux.

Dans le cadre du renouvellement de sa sélection, l’Espagne a réussi un grand pas après la naturalisation du natif de Bissau, Ansu Fati. Entré en cours de jeu contre l’Allemagne (1-1), vendredi dernier, il a été titularisé dimanche lors de la large victoire contre l’Ukraine 4-0.

L’attaquant du FC Barcelone en a profité pour marquer son premier but avec la Roja à 17 ans et 311 jours, établissant un nouveau record de précocité.

Le Malien d’origine, Adama Traoré (Wolverhampton), convoqué dans cette liste de ‘’renaissance’’ de la Roja, a finalement été obligé de déclarer forfait pour cause du Covid-19.

C’est le deuxième forfait après un premier, en mars dernier, de l’attaquant Wolverhampton courtisé par les Aigles du Mali.

En France, le sélectionneur, Didier Deschamps a convoqué, pour les deux premières journées, Dayot Upemecano, une des belles découvertes de la Final 8 en Ligue des champions.

A 21 ans, le jeune footballeur évoluant à Leipzig (Allemagne) a été titularisé dans la défense à trois mise en place par le technicien français contre la Suède (1-0), samedi dernier.

Le défenseur passé par Valenciennes a l’habitude de jouer dans ce système à trois en club ;

La titularisation du jeune footballeur n’est pas dénuée de toute arrière- pensée. En faisant appel au natif de la région parisienne, Deschamps le sort des radars du Sénégal et de la Guinée Bissau qui auraient pu entreprendre des démarches pour son intégration.

Echaudé par le départ de Kalidou Koulibaly (Naples) pour la Tanière, Didier Deschamps n’est pas prêt de répéter les mêmes erreurs et l’appel du jeune milieu de terrain de Rennes, Eduardo Camavinga pourrait être classé dans cette envie de ne laisser personne.

Des médias français ont relevé que la Fédération française de football (FFF) n’a pas manqué d’apporter son soutien à Rennes quand le club breton faisait des pieds et des mains pour aider à la naturalisation du Congolais d’origine né en Angola.

Cette démarche des sélections européennes est d’autant plus compréhensible qu’une nouvelle législation peut changer la donne en faveur des sélections africaines dans les prochains jours.

Pour son congrès du 18 septembre prochain, la FIFA pourrait faire amender son règlement sur le changement de nationalité.

Actuellement, un joueur qui a disputé un match officiel pour son pays d’adoption ne peut plus changer de nationalité sportive. Mais ce pourrait ne plus être le cas face aux demandes d’assouplissement émises par certaines confédérations et fédérations nationales.

Cette loi avait empêché l’Espagnol d’origine marocaine, Munir El Haddadi, de disputer le Mondial 2018 avec les Lions de l’Atlas. Il n’avait joué que quelques minutes d’un match avec l’Espagne lors des éliminatoires de l’Euro, se privant ainsi de la possibilité de jouer pour le Maroc. Et depuis, il n’a plus jamais été rappelé par la Roja.

Au Sénégal, Bafétimbi Gomis, écartelé entre le Sénégal et la France, a succombé à la cour assidue de Raymond Domenech. Résultat : il a connu une carrière chiche avec le maillot des Bleus.

SD/OID