Son club turc lui tourne le dos, l’international Chérif Salif Sané en pleine galère
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Son club turc lui tourne le dos, l’international Chérif Salif Sané en pleine galère


Dakar, 20 mai (APS) – L’ancien attaquant du Casa Sports, Chérif Salif Sané transféré en juillet dernier à Boluspor (D2 turque) a annoncé, dimanche à l’APS, avoir été "viré" du logement mis à sa disposition par son club qui lui a demandé de résilier le contrat les liant.
 


"Ils m’ont fixé un ultimatum, soit j’acceptais leurs conditions, soit, ils me sortaient du logement mis à ma disposition", a expliqué l’attaquant sénégalais qui avait paraphé un contrat de trois ans avec le club turc.


"J‘ai été opéré de la cheville en début mai dernier mais une semaine avant l’intervention, le président du club m’a fait appeler pour me signifier qu’il fallait résilier mon contrat à la fin de la saison", a-t-il ajouté dans un entretien téléphonique.


"Mais ils n’ont voulu me payer que mes deux mois et demi d’arriérés de salaire", a-t-il dit, indiquant que le club a refusé d’évoquer les deux années restantes.


"Des parents m’ont conseillé de contacter l’agent de joueurs Seydi (Thierno). C’est d’ailleurs lui-même qui a pris en charge l’hôtel où je suis actuellement", a narré l’ancien international.


Chérif Salif Sané avait été appelé par Aliou Cissé dans la sélection A lors de la double confrontation contre le Niger en éliminatoire de la CAN 2017.


Thierno Seydi, interpellé par l’APS, a confirmé les informations soulignant avoir appelé à son tour l’attaquant français d’origine sénégalaise Bafétimbi Gomis qui évolue à Galatasaray pour ébruiter ce "traitement inhumain".


"J’ai intervenu pour Chérif Sané parce que c’est un compatriote et son exemple doit servir de leçon à nos jeunes footballeurs", a-t-il dit, soulignant s’être engagé à donner un coup de main à l’ancien joueur du Casa Sports.


Cherif Salif Sané est laissé en rade par l’agent turc qui l’avait pourtant dirigé vers ce club.


"Il m’a demandé de me rapprocher d’un intermédiaire sénégalais qui m’avait mis en rapport avec lui parce que lui est en froid avec les dirigeants du club", a-t-il expliqué, ajoutant que l’agent turc refuse d’ailleurs de le prendre au téléphone.


Quant à l’intermédiaire, entraîneur dans une académie, a confirmé les difficultés du footballeur tout en minimisant le rôle qui était le sien dans cette affaire. Il a d’ailleurs demandé à ne pas être cité "pour ne pas perdre son travail".


"Moi, j’ai agi pour aider parce que c’est un jeune que je connaissais bien", a-t-il dit, reconnaissant toutefois avoir conseillé au footballeur de signer quand ce dernier a évoqué le salaire de 4000 euros mensuels (plus de 2.500.000 francs).


"Par contre, je l’ai prévenu au sujet du contrat qu’il ne devait pas signer s’il ne maîtrisait pas certaines clauses", a-t-il ajouté.


"Je n’ai pas reçu le contrat entre les mains et je peux vous certifier n’avoir rien perçu sur ce transfert. Ni pour lui ni pour les autres joueurs qui j’ai mis en rapport avec des agents", a-t-il insisté.


"D’ailleurs, j’ai arrêté cet appui que je donnais aux joueurs pour me concentrer sur mon job d’entraîneur", a-t-il dit.


Au sujet de l’agent turc, il renseigne que "s’il n’a pas voulu s’impliquer, c’est parce que Chérif (Salif Sané) a refusé de signer un contrat avec lui".


"Mais c’est quand même lui qui l’a mis en rapport avec cette équipe et a perçu une commission non ?", interroge-t-on.


"Ce que je sais, moi j’ai fait ce qu’il fallait faire en mettant la pression sur l’agent qui, à son tour, a contacté le club qui accepté de prendre en charge l’intervention chirurgicale", a-t-il avancé sans trop se mouiller.


"Voilà en voulant aider des gens, les choses finissent par te tomber dessus", a-t-il lâché, insistant à ne pas être cité sous peine de perdre son travail.


"Vous savez je n’ai pas utilisé le nom de mon club pour donner ce coup de main et si vous me citez dans cette affaire, je risque gros", a-t-il admis au cours de l’entretien qui a eu lieu dans un jardin public.


SD/PON