En Ligue professionnelle, les salaires sont en sursis (dirigeants)
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SENEGAL-FOOTBALL-FINANCES

En Ligue professionnelle, les salaires sont en sursis (dirigeants)

Dakar, 31 mars (APS) – Des présidents de clubs évoluant dans la Ligue sénégalaise de football professionnel (LSFP) ont fait part ce mardi à l’APS de leur inquiétude sur la suite de la saison en cours, en raison de l’arrêt des compétitions dû à la pandémie du coronavirus.

Le président de Tengueuth FC, Babacar Ndiaye, déclare que son club, actuel leader de la ligue 1, n’a pas encore statué sur la question.

‘’On verra quoi faire, on paiera un pourcentage à déterminer par le Comité directeur’’, a-t-il expliqué. Mais il précise qu’en cas ‘’de force majeure ou de chômage technique, aucun club ne paiera de salaire’’.

‘’Si des clubs aussi riches que le Fc Barcelone (Espagne) ou la Juventus (Italie) ne peuvent pas suivre, imaginez le cas du football professionnel qui est le parent pauvre dans notre pays’’, a indiqué le président du TFC.

Chez les Catalans, les joueurs et la direction du club espagnol sont arrivés à un accord pour une baisse de 72 pour cent des salaires, selon le quotidien sportif français l’Equipe dans son édition de ce mardi.

Le manager général du Dakar université club (ligue 2), Samsidine Diatta, dit attendre la réaction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), qui prend en charge les salaires.

‘’Nous devons communiquer sur la question parce que tout est à l’arrêt partout et on doit faire preuve de compréhension à tous les niveaux’’, a-t-il expliqué.

Au Mbour PC (ligue 1), on attend de voir puisque le principal partenaire du club est une entreprise italienne. Tout est l’arrêt dans ce pays, l’un des plus touchés par la pandémie du coronavirus dans le monde, a rappelé le président Mbaye Diouf Dia.

‘’La priorité actuellement est d’évacuer le staff technique qui vit au Sénégal depuis plus de trois semaines sans rien faire’’, a-t-il déclaré. Pour cela, il dit attendre de discuter avec le partenaire avant de prendre une décision.

Si dans le business-plan il est prévu de mettre des joueurs sur le marché pour faire des bénéfices, il reste que dans la situation actuelle, une telle chose est impossible puisque tout est à l’arrêt, a-t-il relevé.

‘’Partout, c’est la même chose et il est difficile d’envisager que des clubs européens investissent dans l’achat de joueurs quand ils ont du mal à payer leurs salaires’’, a commenté le président du MPC.

A Génération Foot, autre club de l’élite, tout dépend du FC Metz (élite française), le partenaire stratégique avec lequel le club a signé une convention qui court jusqu’en octobre prochain.

"Mais humainement, c’est difficile de dire aux gens qu’à la fin du mois, on ne peut pas leur payer de salaire’’, a reconnu Mady Touré, le président du club. Néanmoins, si la situation doit continuer, ce sera difficilement tenable, prvient-il.

Il a rappelé que Génération Foot attend encore ses primes pour les deux titres de champion et de vice-champion du Sénégal.

Au Casa-Sports et au Jaraaf de Dakar, il est prévu de payer les salaires du mois de mars, selon les responsables de ces deux clubs. Pour le reste, on verra la conduite à tenir, déclarent-ils.

‘’Sérieusement, c’est une situation très compliquée’’, a admis le président du Casa-Sports, Seydou Sané. Mais s’il dit être prêt à payer les salaires de mars, il prévient que ce ne sera pas le cas pour les prochains mois.

‘’Si la situation perdure, on va tout arrêter et d’ailleurs, je lance un appel à la Ligue professionnelle pour qu’on puisse harmoniser nos positions’’, a-t-il suggéré.

Au Jaraaf, si le paiement des salaires de mars ne pose pas de problème, la suite en revanche se fera autour d’une table, promet Youssou Dial, le président de la section de football du club de la Médina.

‘’Nous sommes dans l’expectative, on est dans le flou total par rapport à cette situation’’, a-t-il reconnu.

Même son de cloche à l’US Gorée (ligue 1), où le président de la section de football, Mbaye Mbow, signale que le club doit déjà "faire face à des sollicitations des joueurs et prendre en charge les cas sociaux qui se posent quotidiennement alors que la situation est intenable’’. Il indique qu’il est difficile de faire appel à certaines personnes qui soutenaient le club.

’’Elles ont des priorités ailleurs et c’est compréhensible puisque tout est l’arrêt au niveau du football’’, a-t-il fait savoir.

A Niary Tally, la décision est prise de payer des moitiés de salaire entre les mois d’avril et de mai, sachant que c’est une cessation de paiement qui se profile si la situation doit perdurer, a indiqué le président du club, Djibril Wade.

‘’On ne peut plus continuer et personnellement, cette situation me perturbe beaucoup’’, a-t-il ajouté. Il appelle à une réflexion d’ensemble sur la viabilité du football professionnel au Sénégal.

Au Jamono de Fatick (ligue 2), l’idée d’un paiement des salaires ne devrait même pas traverser l’esprit, le club étant lié aux joueurs par des contrats de prestation de service.
 
’’Mais puisqu’aucune prestation n’a été faite, on ne peut exiger de paiement’’, a-t-il fait savoir, indiquant que toute façon, il va falloir s’asseoir et discuter de la question.

SD/ASG/ADL