Doublure de gardien,
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SENEGAL-FOOTBALL-SELECTION

Doublure de gardien, "la plus mauvaise des places" (Kalidou Cissokho)


Dakar, 7 juin (APS) - Le statut de portier doublure est le "plus difficile à vivre pour un compétiteur", surtout en Coupe du monde, aucun footballeur ne renonçant jamais vraiment à jouer une telle compétition, estime l’ancien gardien des Lions Kalidou Cissokho.
 

"Il y a beaucoup de théories et de communications dans les déclarations mais quand on vous appelle dans une équipe, la suite logique, c’est de vouloir jouer surtout dans les sélections africaines ou le football dépasse le simple jeu", a commenté Cissokho.
 
Il juge à ce sujet que le poste de 3e gardien est "plus reposant" parce qu’un portier ayant ce statut est selon lui quasiment certain de ne pas jouer.
 
"Il y a moins de pression à ce niveau, tandis qu’en doublure, on se sait proche du titulaire sans savoir quand l’occasion se présentera", a analysé l’ancien portier international, troisième gardien des Lions au Mondial 2002 et à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de la même année. 
 
Kalidou Cissokho, qui va ensuite occuper le même poste deux années plus tard, lors de la CAN 2004, fait valoir que dans de telles situations, "la concurrence pousse certains à avoir des comportements en dehors de tout esprit d’équipe et cela peut se comprendre".
 
"Au FC Bakou (Azerbaïdjan), j’avais été mis sur le banc par un coach macédonien venu avec un portier serbe, mais je peux vous assurer que ma vie est devenu un enfer", s’est-il souvenu, rappelant que sa "mauvaise humeur" a dépeint sur l’ambiance de son foyer.
 
"Aujourd’hui, je dis encore merci à mon épouse d’avoir été compréhensive, sinon mon ménage aurait pu voler en éclat", a-t-il dit, ajoutant avoir pu compter sur le soutien de sa famille et de ses proches pour dépasser ces moments.
 
Or, en sélection, lors des grandes compétitions, "c’est encore plus difficile parce que tout le monde veut se montrer et se mettre à son avantage", a indiqué l’ancien portier de la Jeanne d’Arc, selon qui de "grandes qualités mentales et humaines" sont nécessaires pour accepter de telles situations.
 
"C’est à ce niveau qu’il est nécessaire de faire intervenir les préparateurs de gardien de but dans les équipes", a rappelé Sissoko, avant de signaler que dans certains grands clubs, "on cherche à en avoir deux" pour de pareils cas.
 
"Un pour le titulaire et l’autre pour les autres", a précisé l’ancien portier international, qui, à la fin de sa carrière, s’est reconverti en préparateur des gardiens de but 
 
SD/BK