CM 2018 : les coups de pied arrêtés, la cause de l’échec
APS
SENEGAL-FOOTBALL-SELECTION-ANALYSE

CM 2018 : les coups de pied arrêtés, la cause de l’échec

De l’un des envoyés spéciaux de l’APS : Salif Diallo

Samara, 28 juin (APS) - Le but de la victoire de la Colombie sur le Sénégal, marqué sur corner par le défenseur des Cafeteros Yerry Mina, illustre à lui seul la faillite de la génération 2018 des Lions, dont le marquage relâché sur cette action leur vaut d’être éliminés du Mondial.

L’histoire retiendra que le Sénégal a été éliminé de la Coupe du monde 2018 (14 juin au 15 juillet) sur un but de la tête du défenseur colombien du FC Barcelone, consécutif à un corner bien travaillé par son coéquipier Juan Quintéro à la 74-ème minute.
 
Ce but résume la faillite de la génération 2018 des pensionnaires de la Tanière, incapables de se projeter contre ce défenseur qui avait déjà montré la voie du succès à son équipe contre la Pologne de la même manière, le 24 juin.
 
Mais au-delà de ce but ou du marquage relâché sur ce corner consécutif à la sortie sur blessure de Youssouf Sabaly, le fait plus inquiétant est que le Sénégal n’a jamais pu trouver une solution à ce problème.
 
Sur une action similaire, en première période, les Colombiens ont été encore les plus prompts mais la tête de Falcao était passée au-dessus des cages gardées par le gardien Khadim Ndiaye.
 
Aliou Cissé, le sélectionneur national, a pourtant assuré à la fin de la rencontre qu’il n’avait pas arrêté de travailler cet exercice, "aussi bien les coups de pied défensifs qu’offensifs", a-t-il répondu en conférence de presse.
 
Les observateurs n’avaient d’ailleurs pas manqué de faire observer les faiblesses récurrentes du Sénégal sur cet exercice, en dépit de la qualité athlétique jugée hors normes de ses joueurs.
 
L’équipe sénégalaise ne tirait rien des nombreux coups francs qu’elle a obtenus au cours de cette compétition, une chose incompréhensible, selon l’ancien milieu de terrain international des Lions, Alassane Ndour, interrogé sur le sujet par l’APS.
 
Les Lions, orphelins d’Henri Saivet, buteur sur coup franc lors de la CAN 2017, n’ont pas trouvé un titreur attitré. Mbaye Niang s’y collait, parfois Salif Sané et d’autres fois Sadio Mané ou Pape Alioune Ndiaye, sans aucune réussite.
 
Un gâchis, en comparaison des capacités de la génération 2002 sur ces phases de jeu, au point qu’on a l’impression que les adversaires du Sénégal en 2018, prenaient un malin plaisir à commettre des fautes en sachant que les Lions ne seraient pas plus dangereux que cela sur cet exercice.
 
L’équipe colombienne avait à l’opposé fait des coups de pied arrêtés une véritable arme, a assuré son sélectionneur, José Pekerman, en conférence de presse.
 
"On savait qu’une solution allait venir et je peux vous assurer que ce n’est pas le fruit du hasard, on a vraiment travaillé là-dessus", a-t-il déclaré au cours de sa rencontre avec les journalistes, peu après la victoire de ses poulains sur les Lions.
 
Chez les Cafétéros, si James Rodriguez n’est pas là pour frapper les corners, Juan Quintero peut tout aussi valablement le faire, comme ce jeudi soir, quand il bottait le ballon pour le deuxième but de Yerry Mina dans cette compétition.
 
Contre la Pologne déjà, alors que la situation était bloquée, le même défenseur barcelonais avait mis la tête sur une balle arrêtée de James Rodriguez pour ouvrir le score et la voie à son équipe qui a finalement gagné par 3-0.
 
Une victoire qui a permis à son équipe de définitivement se relancer pour la course à la qualification.
 
Ce jeudi soir, il a confirmé toute l’importance des coups de pied arrêtés en débloquant la situation en faveur de son équipe qui s’assure ainsi une présence aux huitièmes de finale de la Coupe du monde 2018.
 
SD/BK