CAN : le sacre des Lions, jour de gloire de Chita
APS
SENEGAL-AFRIQUE-BEACHSOCCER

CAN : le sacre des Lions, jour de gloire de Chita

Saly-Portudal (Mbour), 1er mai (APS) - La 6-ème victoire de l’équipe du Sénégal de beach soccer en Coupe d’Afrique des nations (CAN) samedi dernier, la première sur le sol sénégalais, a aussi consacré Ibrahima Ndiaye "Chita’’, ancien milieu de terrain des Lions dans les années 80, et surtout, père de la discipline au Sénégal. 
 
"Tout est parti de la lecture d’un magazine de football consacré au beach soccer au Brésil, en 2002. Je me disais que si ces gens peuvent le faire, pourquoi pas nous qui vivons au bord de l’eau et jouons à la plage à chaque instant", a expliqué à l’APS le manager général des Lions. 
 
Trouvé dans un des nombreux hôtels de Saly-Portudal qui a abrité l’édition 2021 de la CAN qui a consacré les Lions, "Chita" prenait le temps d’expliquer à l’entraîneur de la Tanzanie et à la déléguée des Seychelles comment il a réussi à faire entrer la discipline dans les mœurs sénégalaises. 
 
"En 2002, rares sont ceux qui croyaient en moi, mais je n’ai jamais lâché. Des premiers matchs avec des anciens internationaux à la plage de Ndénatte à Yoff, jusqu’à cette CAN que nous avons abritée, ce fut un long chemin tortueux mais plein d’enseignements", a-t-il dit. 
 
Le policier à la retraite a pris de son temps et de ses moyens (les premiers poteaux pour faire les buts ayant été payés après un prêt dans une banque de la place), allant même jusqu’à faire des voyages sans le sou jusqu’en Afrique du Sud.

Mais ce ne sont plus là que de vieux souvenirs, indique-t-il le sourire aux lèvres, affichant une barbe plus sel que poivre. 
 
Aujourd’hui, ses motifs de satisfaction sont, entre autres, les titres mais aussi la reconnaissance de cette discipline chez les plus hautes autorités de la place. 
 
"Ce n’était pas évident. A un certain moment, les gens avaient du mal à comprendre notre obstination", a-t-il raconté, ajoutant qu’heureusement tout va pour le mieux maintenant. 
 
"Nous avons oublié les incompréhensions et autres bisbilles normales quand les gens sont ensemble", a commenté l’ancien milieu de terrain international.

Il dit avoir presque eu les larmes aux yeux au moment de la remise du drapeau national aux Lions, à la salle de conférence du ministère de Sports, à Dakar. 
 
"Les joueurs ont compris pourquoi je leur demandais des sacrifices et cette réception avait fini de cicatriser les plaies et de souder la patrie derrière eux", a relevé le policier à la retraite, passé par des moments difficiles quand, en 2011, la Fédération sénégalaise de football (FSF) avait décidé de suspendre l’’équipe nationale de beach soccer. 
 
A la suite d’une compétition, cinq joueurs avaient fugué, la deuxième fois que cela arrivait après une participation à une Coupe du monde de la discipline en Europe. 
 
A Saly-Portudal sur les bords de l’Atlantique au soir du 29 mai, on est loin de cette ambiance quand le président Patrice Motsepe remettait le trophée à Alsény Ndiaye, le portier et capitaine des Lions.

Ce dernier a permis à "Chita" de compter les premières récompenses parce qu’en plus de ses titres individuels, le portier international a réussi à signer dans des clubs professionnels en Allemagne (Munster) et avec Barcelone (Espagne) avec lequel il a joué la Coupe du monde des clubs. 
 
"J’étais rempli de fierté quand il m’a ramené le maillot de Barcelone à son retour de la compétition, ce maillot porté par Messi, Xavi, Iniesta et autres", s’enthousiasme-t-il le sourire aux lèvres. 
 
A défaut de remporter un trophée majeur dans le football à 11, l’ancien milieu de terrain qui a accompagné les premiers pas de Jules Bocandé et Amadou Diop dit "Boy Bandit" en équipe nationale, peut dire : "Je l’ai fait".

"Mais ce n’est pas encore maintenant qu’il faut dormir sur nos lauriers, nous devons aider à enraciner cette discipline dans notre pays, en Afrique et surtout, dépasser le stade des quarts de finale en Coupe du monde", a-t-il dit, regrettant toutefois que ce qu’il a vu à Saly-Potudal pendant cette CAN, n’ait pas été très convaincant. 
 
"Nous devons à la vérité de reconnaître que le niveau est faible et il faudrait travailler davantage pour nous mettre au niveau des meilleurs", a-t-il par ailleurs ajouté. 

SD/ASG/BK