Jean Gomis raconte l’argent de Dia Ba à Séoul 1988
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Jean Gomis raconte l’argent de Dia Ba à Séoul 1988

Dakar, 4 août (APS) - Amadou Dia Bâ, à ce jour le seul Sénégalais médaillé aux Jeux olympiques, "aurait pu remporter l’or’’ au lieu de la médaille d’argent aux 400 m haies de l’édition de 1988, s’il n’avait pas trop calculé le favori de la finale, l’Américain Edwin Moses, a soutenu l’actuel secrétaire général de la Fédération sénégalaise d’athlétisme (FSA), Jean Gomis, membre à l’époque du staff technique du Sénégal.
 
"J’étais aux premières loges lors de cette finale historique mais des années plus tard, je pense que Dia Ba avait l’or au bout des pieds, s’il n’avait pas calculé le favori qui a finalement terminé à la 3-ème place", s’est souvenu l’ancien directeur technique national.
 
"Finalement, en portant son attention sur lui, l’autre a filé droit vers l’or et c’est à ce moment, sachant que le favori est dépassé, qu’il a repris la foulée mais il n’a pas réussi à revenir", a rappelé le technicien sénégalais.
 
Favori de la course, l’Américain Edwin Moses avait fini à la 3-ème place avec un chrono de 47s 56, derrière son compatriote Andre Philips 47s 19 et Amadou Dia Ba, deuxième avec un temps de 47s 23.
 
"Une performance de niveau mondial qui permettait de battre le record d’Afrique à l’époque et de faire partie des meilleurs performeurs de tous les temps sur la distance", a rappelé Jean Gomis avec la fierté d’avoir assisté à ces "moments historiques" à Séoul (Corée du Sud).
 
"Nous savions pendant la préparation qu’il pouvait prétendre à la finale, mais le voir gagner cette première médaille pour le Sénégal, c’était immense", s’est-t-il souvenu.
 
"C’était la folie, les gens se congratulaient et il y a une grande effusion chez les officiels comme chez les athlètes", a relevé Jean Gomis, citant l’entraîneur national, Mamadou Ndiaye Tokyo (décédé en 2008), le ministre des sports de l’époque, Abdoulaye Makhtar Diop, mais aussi Lamine Diack, alors président de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA).
 
Si c’était la joie dans les camps sénégalais, notamment du côté de la FSA, "on voulait aussi capitaliser sur ce succès pour relancer définitivement la discipline", mais au finish, les promesses sont loin d’avoir été concrétisées, a déploré Jean Gomis.
 
"C’est tellement vrai que de 1988 en 1992, l’athlétisme avait traversé des moments difficiles" qui ont amené à la tenue d’un Conseil interministériel sur l’athlétisme, "après les mauvais résultats du meeting de l’Unité qui avait eu lieu à Dakar", a-t-il rappelé.
 
"Face aux résultats affligeants, le Premier ministre (Habib Thiam) était ému et a demandé la convocation d’un Conseil ministériel, et c’est de cette rencontre qu’est né le Plan de relance pour l’athlétisme, qui a permis la mise en place des Ecoles fédérales", a poursuivi M. Gomis.
 
"Grâce à ces Ecoles fédérales et aux fonds mis en place, nous avons réussi à sortir des générations exceptionnelles à partir de 1996 jusqu’au début des années 2000, avec les Amy Mbacké Thiam et autres Kène Ndoye", a-t-il indiqué.
 
Nommé au poste de directeur adjoint des Sports après ces JO de 1988, Jean Gomis a cumulait cette fonction avec celle de DTN.
 

SD/BK