Des athlètes fustigent la part belle faite au foot
APS
SENEGAL-SPORTS-DIFFICULTES

Des athlètes fustigent la part belle faite au foot


Asaba, 2 août (APS) – Des athlètes sénégalais présents à Asaba (Nigeria) aux 21-èmes championnats d’Afrique seniors d’athlétisme ont fait part ce jeudi de leur frustration par rapport ‘’à l’intérêt immense accordé au football au détriment des autres disciplines sportives’’.



‘’On dirait qu’il n’y a que le football dans notre pays, on ne demande pas des millions mais le minimum pour pouvoir faire notre sport’’, s’est plaint Henri Bandiaky, demi-finaliste du 100m aux championnats d’Afrique seniors d’Asaba (1er au 5 août).


Bandiaky, vainqueur des championnats nationaux 2018 et qui dit ‘’être arrivé par hasard en athlétisme’’, après avoir longtemps joué au football, rappelle que ‘’les athlètes n’arrivent même plus à s’entraîner normalement’’.


‘’J’ai débuté l’athlétisme en 2015, mais c’est vraiment très difficile’’, souffle le pensionnaire du DUC (Dakar université club) qui promet d’être finaliste ‘’au moins’’ lors des prochains championnats prévus en 2020.


‘’Il y a de la qualité et du potentiel dans notre jeune groupe, mais on manque cruellement de soutien’’, a-t-il déploré, regrettant que les athlètes soient souvent ‘’dégagés’’ du stade Léopold Sédar Senghor quand les Lions du football s’entraînent. ‘’Même quand ce sont des clubs qui ont match, nous devenons indésirables’’, a dit le jeune sprinter.



Son aîné, Moulaye Sonko se plaint ‘’aussi des gros avantages affectés au football dans le sport national au détriment de tous les autres’’.


‘’Je peux bien comprendre que le football soit mis en avant par rapport au nombre de licenciés et son poids dans notre société, mais il ne faut pas oublier que les autres sports existent aussi’’, a rappelé l’enseignant d’EPS au lycée Kennedy à Dakar.


‘’On n’arrive même pas à nous entraîner correctement’’, a-t-il déploré, appelant le ministère des Sports à ’’apporter plus d’équité’’ dans la gestion des disciplines sportives.


’’Je suis un grand fan de football, j’aurais pu rester dans ce sport’’, a-t-il dit dans un éclat de rires. Il ajoute : ’’J’ai préféré faire de l’athlétisme, mais mon pays ne me met pas dans les conditions pour m’adonner à mon sport favori’’.



Gnima Faye, spécialiste du 100m haies, s’interroge sur la place de l’athlétisme dans le sport sénégalais.


’’J’ai comme l’impression que nos autorités ont tourné le dos à l’athlétisme et ce n’est pas le cas quand j’ai démarré dans cette discipline’’, a rappelé la jeune dame qui n’a pu terminer sa série du 100m haies, après avoir buté sur la 2-ème haie.


’’Nous avons besoin d’être soutenus par nos autorités pour que cette discipline puisse continuer à briller’’, a estimé la pensionnaire de l’ES Montgeron (France).


’’Moi, je suis vers la fin de ma carrière que je veux conclure par une participation aux Jeux olympiques de Tokyo’’, a-t-elle dit, ajoutant qu’elle ne sent pas l’aide des autorités.


’’D’ailleurs, j’ai appris que c’est la Fédération (d’athlétisme) qui a versé les primes de participation’’, a-t-elle déploré avant d’appeler les autorités à changer les choses.


’’Quelle que soit sa volonté, la Fédération à elle seule ne peut rien faire et je peux vous assurer que les jeunes présents à ces championnats ont un énorme potentiel’’, a-t-il commenté.


Nafy Mané, demi-finaliste des Championnats d’Afrique d’Asaba, ne dit pas le contraire, estimant que pour progresser, ‘’la jeune génération a besoin d’être soutenue’’.’’Avec des bourses et des bonnes conditions d’entraînement, on peut remettre l’athlétisme sénégalais sur les rails’’, a-t-elle dit.

SD/OID/ASG