Ziguinchor pleure Souleymane Ndiaye Dimitri, un ‘’monument’’ du basketball national
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Ziguinchor pleure Souleymane Ndiaye Dimitri, un ‘’monument’’ du basketball national

Ziguinchor, 20 août (APS) – Des proches ont rendu hommage à Souleymane Ndiaye Dimitri, un ancien entraîneur de l’équipe nationale féminine de basketball du Sénégal, décédé des suites d’une longue maladie, jeudi à Ziguinchor (sud), sa ville natale, à l’âge de 85 ans.
 
Très connu dans le monde du basketball, Ndiaye est considéré comme un ‘’monument’’ de cette discipline sportive. Une notoriété qu’il doit à un parcours glorieux, notamment en tant que membre de l’équipe nationale féminine sénégalaise.
 
‘’Dimitri fut une icône du basketball national. Il fut un éminent membre du staff technique national. Il en était le stratège et le maître à penser. Il était un homme clé lors des campagnes victorieuses de l’équipe nationale féminine, dans les années 1970’’, a déclaré à l’APS un proche du défunt, Yakhya Ndiaye.
 
Membre du staff technique de la sélection nationale féminine de basketball, qui a connu des moments de gloire en Afrique, dans les décennies 70 et 90, Souleymane Ndiaye Dimitri fut un formateur respecté par ses pairs. Lors d’un stage de perfectionnement en France, en 1973, il est sorti major de sa promotion et obtint le diplôme de troisième degré d’entraîneur de basketball.
 
‘’Il a pris part à toutes les campagnes victorieuses de l’équipe nationale féminine en Afrique, entre 1970 et 1990. Il était un des adjoints de Bonaventure Carvalho sur le banc des Lionnes et se distinguait beaucoup par ses prouesses dans l’encadrement technique, lors du Mondial de basketball féminin en 1973 en Corée du Sud et celui de 1979 en Colombie’’, a rappelé Yakhya Ndiaye.
 
Souleymane Ndiaye Dimitri, dont le nom évoque d’anciennes gloires, Kankou Koulibaly, Rokhaya Pouye, Mame Maty Mbengue, Maman Diawara, Coumba Ndikel Diawara, parmi d’autres, était connu aussi pour sa contribution à la formation des basketteuses de Ziguinchor, sa région natale.
 
‘’Depuis plusieurs décennies, l’équipe nationale féminine de basketball compte dans ses rangs des filles de la Casamance (sud). Souleymane Ndiaye Dimitri n’y est pas étranger. Il a formé de nombreuses basketteuses à Ziguinchor lorsqu’il fut directeur technique régional de la discipline’’, s’est souvenu Yakhya Ndiaye. Basketteur, il a bénéficié, lui aussi, de l’expérience du défunt.

Selon l’historien Nouha Cissé, ancien président du Casa Sports, club multisports de Ziguinchor, Dimitri fut un ‘’acteur majeur’’ du sport en général, et du basketball surtout. 
 
‘’Il était un grand militant du sport, qui a consacré toute sa vie aux disciplines sportives. Il a codirigé (avec d’autres techniciens) l’équipe nationale féminine de basketball. Et il n’a jamais échangé sa qualité d’encadreur à quelque sinécure que ce soit. C’était un passionné’’, a témoigné M. Cissé.
 
Souleymane Ndiaye Dimitri fut le premier directeur du stade Aline-Sitoé-Diatta de Ziguinchor, en 1991. Il le restera jusqu’à la fin des années 1990. 
 
‘’Il avait beaucoup influé sur le choix du stade Aline-Sitoé-Diatta pour héberger la deuxième poule de la Coupe d’Afrique des nations, au Sénégal, en 1992’’, rappelle Nouha Cissé.
 
Souleymane Ndiaye Dimitri fréquentait beaucoup les terrains de basketball à Ziguinchor, malgré son âge avancé. ‘’Le basketball, il avait ça dans le sang. Même malade et très âgé, il venait au terrain pour superviser ce que faisaient les jeunes pousses’’, témoigne encore Yakhya Ndiaye, par ailleurs présentateur d’une émission sportive sur la radio Kassoumay FM, à Ziguinchor.
 
Polygame et père de plusieurs enfants, longtemps sollicité par la Guinée-Bissau pour la direction technique nationale du basketball de ce pays, il consacrait plus de temps à cette discipline qu’à sa famille.
 
‘’Il a divorcé avec sa première femme parce qu’un jour de Tabaski (l’Aïd-el-Kébir, la plus importante fête musulmane), il était resté avec des jeunes qu’il encadrait pour un tournoi de basketball, au lieu d’aller passer la fête en famille. Sa femme ne pouvait rien comprendre de son attitude. Et elle s’en est allée’’, a raconté Yakhya Ndiaye.
 
Nouha Cissé exhorte les autorités locales à rendre au défunt un hommage à la hauteur de ce que fut sa personnalité. ‘’Le stade de basketball de Ziguinchor, qui était sa deuxième demeure, doit porter son nom. Il doit être choisi comme parrain du stade du CDEPS dont lui-même a participé à la construction’’, a plaidé M. Cissé, ajoutant qu’il faut l’‘’immortaliser’’.
 
‘’C’est un monument du basketball national qui vient de partir. Presque personne à Ziguinchor ne connaissait son vrai nom. Tout le monde l’appelait Dimitri. Il a beaucoup fait pour cette discipline’’, a réagi Ben Michel Kanfoudy, journaliste sportif à la station radio Sud FM de Ziguinchor.
 
Deux des enfants du défunt pratiquent le basketball. Un de ses fils est entraîneur adjoint de l’équipe féminine de basketball du Jaraaf de Dakar. Une de ses filles déroule sa carrière dans les petites catégories de basketball de la Turquie.
 
Souleymane Ndiaye Dimitri a été inhumé jeudi au cimetière mixte (chrétien et musulman) de Santhiaba, son quartier ziguinchorois.

MTN/ESF/ASG