JO : le pongiste Ibrahima Diaw donne les raisons de son choix pour le Sénégal
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JO : le pongiste Ibrahima Diaw donne les raisons de son choix pour le Sénégal

Dakar, 4 mai (APS) – Le pongiste Ibrahima Diaw, né en France d’un père sénégalais et d’une mère malienne, a expliqué à la chaîne du mouvement olympique international, Olympic Channel, les raisons de sa décision de défendre le drapeau du Sénégal. 
 
Diaw est devenu en février dernier le premier athlète sénégalais à se qualifier pour les JO prévus en juin prochain à Tokyo et reportés à l’année prochaine en raison de la pandémie de Covid-19. 
 
‘’Elevé par ma mère, je voulais d’abord jouer pour le Mali. Mais puisqu’il n’existe pas de fédération de tennis de table au Mali, j’ai donc su que c’était le moment pour moi de représenter le Sénégal’’, a expliqué le pongiste âgé de 27 ans à Olympic Channel. 
 
‘’C’était très difficile de jouer pour la France, surtout à cause des règles de l’ITTF (la Fédération internationale de tennis de table) qui n’autorisent que six joueurs par pays dans les compétitions internationales’’, a-t-il souligné. 
 
Diaw a choisi le Danemark, le pays de sa compagne, pour ses entraînements. Après les démarches nécessaires, l’orphelin de père depuis l’âge de 12 ans a appris en avril 2019 qu’il pouvait concourir pour le Sénégal. 
 
‘’C’était une journée folle. Je jouais à la Playstation avec un ami, et j’ai reçu un email de l’ITTF qui me disait que je pouvais jouer pour le Sénégal aux Championnats du monde de Budapest (Hongrie)’’, rappelle le pongiste licencié à Roanne, un club français. 
 
Le passeport sénégalais obtenu, les Jeux africains de septembre dernier au Maroc ont été sa première compétition officielle en Afrique et pour le compte du Sénégal. 
 
Professionnel depuis dix ans, Ibrahima Diaw a déjà joué pour les clubs de Nice, Saint-Denis et Metz, et il est obligé de rejoindre son club en France, une fois tous les quinze jours. A Copenhague, la capitale du Danemark, il dit trouver l’occasion de s’entraîner avec des joueurs de haut niveau. 
 
En novembre dernier, Diaw a remporté son premier titre dans un tournoi international, en Indonésie, mais le Graal est obtenu en février, lors d’un tournoi de qualification olympique à Tunis, où il a battu le numéro 1 africain, le Nigérian Qadri Aruna, pour décrocher la qualification. 
 
‘’Le match contre Aruna était une revanche, car il a m’a battu lors de la Coupe d’Afrique, à Lagos’’, a rappelé le pongiste sénégalais, précisant qu’il ne faisait pas de doute pour lui de battre le Nigérian. Il pouvait exulter d’avoir battu Aruna (11-7, 11-8, 11-8, 6-11, 11-13 et 11-7), non seulement parce qu’il venait de qualifier le Sénégal au tournoi olympique de tennis de table, mais il permettait aussi à son pays de se qualifier aux JO. 
 
Interrogé sur le report d’un an des Jeux olympiques, il a estimé que c’était une ‘’bénédiction’’. ‘’Mon premier objectif après ma qualification, c’était de rentrer chez moi pour m’entraîner et améliorer mon classement. Avec le report, j’ai plus de temps pour parfaire mon jeu et me préparer’’, a dit Diaw. 
 
Désormais numéro 3 du tennis de table en Afrique, son objectif, dit-il, est de décrocher un titre continental avant de penser aux Championnats du monde. Pour Ibrahima Diaw, surpris par la popularité du tennis de table au Nigeria, lors de la Coupe d’Afrique des nations, la quête d’un titre continental ne sera pas une mince affaire. 
 
Nommé ambassadeur des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) prévus en 2022 à Dakar, il estime que cette nomination sera l’occasion pour lui de mieux faire connaître sa discipline sportive. ‘’Le tennis de table au Sénégal n’est pas populaire. Mais nous essayons de le développer en perspective des JOJ’’, a-t-il dit, annonçant un projet de grande salle de tennis au Sénégal.
 
‘’Nous allons apporter du matériel et enseigner les bases du tennis de table : comment s’échauffer, comment se tenir, comment tenir une raquette, ainsi que les règles du jeu’’, a expliqué le pongiste, parlant de la future salle de jeu. 
 
Diaw faisait partie des représentants de la France aux Championnats d’Europe pour les juniors, en 2008. Le football était le sport préféré du jeune homme qui a grandi à Paris. Mais, après avoir touché une raquette de tennis de table à l’âge de sept ans, il est devenu accro de la discipline, rappelle-t-il.

SD/ESF/ASG