Vers des systèmes nationaux d’information fiables sur les drogues en Afrique de l’Ouest
APS
SENEGAL-CEDEAO-SOCIETE

Vers des systèmes nationaux d’information fiables sur les drogues en Afrique de l’Ouest

Dakar, 26 sept (APS) - La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mauritanie comptent arriver à une harmonisation de leurs méthodes de collecte des données épidémiologiques sur les drogues, en vue d’aboutir à ’’des systèmes nationaux harmonisés’’ et fiables.
 
Dans cette perspective, un atelier régional s’est ouvert lundi à Dakar, portant sur la collecte et l’analyse des données sur la consommation des drogues et l’estimation de la taille des usagers parmi la population générale.
 
Cette rencontre se poursuivra jusqu’au 29 septembre, en partenariat avec le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avec la participation d’une quarantaine de spécialistes de la CEDEAO et de la Mauritanie.
 
Les pays concernés "ne disposent pas de statistiques mais nous voulons les aider avec des outils adaptés à travers des méthodes de collecte des données épidémiologiques sur les drogues", a expliqué Cheikh Ousmane Touré, coordonnateur du Projet d’appui au Plan d’action régional de la CEDEAO en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, la criminalité organisée et l’abus des drogues.
 
Ce projet financé par l’Union européenne est mis en œuvre par l’ONUDC, en collaboration avec la CEDEAO.
 
Selon Pierre Lapaque, représentant régional de l’ONUDC, cet atelier régional "entend participer à cet effort pour des données épidémiologiques plus fiables parce mieux collectées grâce à une méthodologie éprouvée et des outils fiables". 
 
"Lutter contre la drogue et la criminalité associée, c’est avoir des données statistiques sur les saisies, les quantités et la typologie des drogues en circulation, sur les réseaux criminels et leurs méthodes", a relevé M. Lapaque.
 
Cette initiative vient rappeler la nécessité de "disposer de données épidémiologiques sur les usages et les usagers au sein de la population générale, "car les rapports périodiques et annuels que nous produisons à l’échelle nationale et internationale, sont des moments clés où toutes les données compilées par divers acteurs de la lutte contre la drogue, donnent une photographie qui doit être la plus correcte possible de la situation", a-t-il ajouté.
 
De l’avis de M. Lapaque, "disposer de données épidémiologiques, c’est aussi mettre en lumière les conséquences sanitaires du trafic de drogue par des réseaux criminels, grâce à des méthodes de collecte fiables ; c’est aussi affiner nos méthodes et notre action grâce à une information collectée par des spécialistes".
 
L’harmonisation des méthodes de collecte devrait par ailleurs permettre de disposer de données épidémiologiques sur la toxicomanie, ce qui aura "un impact considérable" sur la connaissance du contexte dans lequel doivent évoluer ceux qui sont supposés agir contre les drogues.
 
La déclaration politique des chefs d’États de la CEDEAO sur le trafic de drogues et le crime organisé en Afrique de l’Ouest, et le Plan régional de la CEDEAO issu de cette déclaration, mentionnent la nécessité de disposer de données fiables pour pouvoir évaluer correctement l’ampleur du trafic et l’abus des drogues dans la région.
 
SKS/BK