Thiès : 5 centrales syndicales mettent en garde contre une
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SENEGAL-TRAVAIL-DOLEANCES

Thiès : 5 centrales syndicales mettent en garde contre une "impasse" du Pacte national de stabilité

Thiès, 1er mai (APS) - La coalition des centrales syndicales des travailleuses et travailleurs de Thiès (ouest), fédérant 5 regroupements de syndicats affiliés à la Centrale syndicale internationale (CSI), a attiré mardi l’attention du gouvernement sur l’"’impasse" qui guette le pacte national de stabilité et d’émergence économique.

En déposant son cahier de doléances à la gouvernance, à l’occasion de l’édition 2018 de la Fête du travail portant sur le thème "Unis pour des salaires dignes et décents", la Coalition des centrales syndicales, par la voix du secrétaire général régional de l’UDTS Amadou Sarr, a égrené plusieurs griefs consignés dans une déclaration. 
 
Il a notamment évoqué la crise scolaire qui a amené les enseignants à observer un mot d’ordre de grève de plusieurs mois, même si elle connaît un début de solution, avec l’accord trouvé entre le gouvernement et le G6. 
 
M. Sarr a aussi cité le mouvement dans le secteur de la santé, qui a pour conséquences "la recrudescence de maladies naguère maîtrisées ou en voie de l’être", et "une santé des Sénégalais qui va dangereusement régresser". 
 
Le secteur des transports se trouve également "en ordre de bataille", face à "beaucoup de goulots d’étranglements", a noté M. Sar, selon qui le rail notamment se trouve dans "une situation catastrophique, presque à l’arrêt", du fait d’un "échec lamentable de la transition". 
 
L’industrie minière comme textile constituent par ailleurs "un creuset de conflits devant l’IRTSS et les cours et tribunaux", pendant que le secteur de l’économie informelle selon lui fortement représenté dans les organisations syndicales, s’organise pour cesser d’être traité en "parent pauvre" des politiques de la nation, poursuit-il.
 
L’informel regroupe des professionnels de toutes spécialités, qui ont droit à une couverture et une protection sociales, fait-il valoir, sans compter que les travailleurs des entreprises en difficulté "courent toujours derrière des droits identifiés, évalués, mais (sans) aucune stratégie de mise en œuvre sérieuse connue". 
 
La Coalition des centrales syndicales affiliées à la CSI veut par conséquent offrir son expérience et son expertise, "pour toute étude tendant à revenir aux fondamentaux du Pacte national de stabilité sociale et d’émergence économique".
 
Ce qui devrait se matérialiser par le "respect scrupuleux" des engagements pris par l’Etat, la sauvegarde du pouvoir d’achat et des acquis sociaux des travailleurs, la sauvegarde des acquis de la CMU, la réinsertion des jeunes diplômés. 
 
La promotion du dialogue social, la protection des travailleurs de l’économie informelle, le respect des libertés et droits syndicaux et enfin la promotion du salaire digne et décent, devraient aussi constituer des retombées d’un retour à ce pacte. 
 
Contrairement au traditionnel défilé des travailleurs jusqu’à la gouvernance, les militants de cette coalition se sont regroupés cette année à la Place Mamadou Dia. 
 
De là, des responsables syndicaux sont allés déposer leur cahier de doléances. Une quinzaine d’orateurs devraient se succéder pour dépeindre les défis à relever dans leurs secteurs respectifs.
 
 Après avoir reçu les cahiers de doléances qu’il a aussitôt transmis à l’inspecteur du travail Amadou Baldé qu’il avait à ses côtés, le gouverneur Amadou Sy a promis que les organisations syndicales seront conviées le plus tôt possible pour retenir avec elles des dates d’examens de leurs revendications. 
 
Celles pouvant trouver des solutions à l’échelle de la région, seront résolues et les autres transmises avec des recommandations à la hiérarchie.
 

ADI/BK