Tambacounda : une coloration orientale pour coller à l’actualité nationale
APS
SENEGAL-RETRO-TAMBACOUNDA

Tambacounda : une coloration orientale pour coller à l’actualité nationale


Tambacounda, 29 déc (APS) - Tambacounda a globalement vécu au rythme de l’actualité nationale en 2016, avec quelques faits marquants qui apportent une coloration locale à la vie de tous les jours dans une région caractérisée par son éloignement de Dakar la capitale et par son enclavement.


Sur le plan de l’éducation, la grève des professeurs et le bras de fer qui s’en est ensuivi avec l’Etat, a été fortement ressentie dans la région orientale où plus de 500 réquisitions ont été servies à des enseignants, pour les amener à rendre les notes.


Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les résultats aux examens scolaires ont malgré tout connu, en 2016, une progression de 2 à 22 points par rapport aux deux dernières années, même si beaucoup reste encore à faire.


 De résultats scolaires en progression malgré tout


 Au Baccalauréat, le taux de réussite global en 2016 était 30,13%, contre 27,56% en 2015. Il y a eu un écart de +0,49 entre 2014 et 2015.


Quant au BFEM, une nette progression a aussi été enregistrée depuis 2014, avec des taux de réussite passés de 48,87% cette année-là à 61,58% en 2015 et 67,72% en 2016.


 Au CFEE, "une évolution positive" a été aussi notée, avec des résultats globaux qui sont passés de 19,45% en 2014 à 47,14% en 2016. Soit un écart positif de 27,69%, même si l’on est encore en deçà de la norme de 50%.


Sur le plan de la santé, quelques faits saillants peuvent être retenus, concernant par exemple la lutte contre le paludisme, à savoir les trois passages de la Campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) et la distribution de moustiquaires à longue durée d’action (MILDA).


Autre fait remarquable, le lancement du programme "Yeksinaa", pour un meilleur approvisionnement des postes de santé en médicaments. Il vient après un précédent dénommé "Jegesina", qui a permis de résorber les ruptures de médicaments contre le paludisme, surtout au niveau communautaire.


 Les promesses de la tournée agricole du président Sall


Dans le domaine de l’agriculture, on peut se remémorer la tournée agricole du chef de l’Etat, un périple qui avait mené Macky Sall à la bananeraie de Laboya, sur le fleuve Gambie.


Il avait, à cette occasion, promis 2,5 milliards de francs CFA aux producteurs de banane pour leur permettre d’atteindre les 22.000 tonnes restantes qui permettraient de couvrir la demande nationale de 50.000 tonnes et réaliser l’autosuffisance en banane.


 Le Sénégal assure pour le moment 28.000 tonnes par an.


La campagne agricole de cette année a été marquée par une faible pluviométrie, avec un hivernage qui s’est installé tardivement et qui s’est arrêté brusquement, avec comme résultat beaucoup de cultures, notamment l’arachide, qui n’ont pas bouclé leur cycle.


Sur le plan du commerce, les consommateurs de la région orientale ont du faire face à la hausse du prix du sucre de 600 à 650 voire 700 francs, résultant de celle du cours mondial du sucre, passé de 340 à 575 dollars.


Conséquence, les importateurs ne trouvent plus d’intérêt à importer cette denrée de l’étranger. D’où un retournement de situation, avec le sucre du Sénégal convoyé vers certains pays voisins où des commerçants de la région allaient s’approvisionner auparavant.


Dans le domaine de la pêche, le ministre Omar Guèye a mis 20 pirogues métalliques motorisées et 120 gilets de sauvetage à la disposition des pêcheurs de Gouloumbou, pour sécuriser leurs conditions de travail sur le fleuve Gambie où depuis 2003, une vingtaine des leurs ont été tués par des hippopotames.


Au sujet de l’environnement, il est à signaler l’opération conjointe que les forces de défense et de sécurité ont menée contre la coupe illicite de bois, le long de la frontière gambienne et dans la zone de Dialacoto.


A travers ces actions, ils ont mis la main sur au moins 500 troncs d’arbre, ont sensibilisé les habitants de quelque 200 villages contre ce phénomène et procédé à des interpellations.


 Vers une Fondation du Parc Niokolo-Koba


La visite au mois de juillet du ministre de l’Environnement Abdoulaye Baldé au parc Niokolo-Koba, où il a annoncé la création d’une fondation pour la gestion de cette réserve animalière et florale, classée au patrimoine mondial en péril, a aussi marqué d’une pierre blanche l’actualité environnementale.


La sécurité routière a été aussi un sujet préoccupant à Tambacounda, avec des accidents meurtriers qui ont eu lieu notamment sur le corridor Dakar-Bamako qui traverse la région.


La gendarmerie a dénombré 260 accidents qui ont causé 83 morts et 505 blessés entre janvier et novembre. A ce décompte macabre, est venue s’ajouter en décembre la collision à Koumpentoum entre un camion et un bus parti en flammes, occasionnant une douzaine de décès.


Ce qui porte à près de 100 le nombre de victimes, soit près du cinquième de la moyenne nationale des morts sur la route d’environ 500 par an.


La page nécrologique de la région a été surtout marquée par le décès de l’ancien maire très social de Tambacounda, Oury Bâ, de même que celui du responsable local de l’Alliance des forces du progrès (AFP).


La presse locale a été aussi endeuillée, suite au rappel à Dieu d’Algassimou Bâ, correspondant de la RTS et de Boubacar Bâ, qui a collaboré avec les sites régionaux alkuma et xibartamba.


Par ailleurs, la carte judiciaire de la région s’est enrichi de deux nouveaux tribunaux d’instance qui ont été ouverts à Koumpentoum et Goudiry, ainsi que la naissance du tribunal de grande instance (TGI) de Tambacounda dont la chambre criminelle a tenu au cours de l’année ses trois premières sessions, en remplacement de la Cour d’assises.


Au plan politique, Tambacounda n’a pas été en reste, concernant le référendum constitutionnel et les élections des membres du HCCT, lesquels se sont tous soldés par une large victoire de la majorité qui avait appelé à voter ’’oui’’ à cette consultation populaire.


La région a aussi bénéficié de quelques infrastructures routières et de pistes, même si elles sont encore loin de résoudre son enclavement interne. Le parc de forages hydrauliques a aussi connu une augmentation grâce au programme UE-PEPAM et au PUDC.


Plusieurs actions sociales et humanitaires de la part d’ONG, de bonnes volontés, d’associations, de bienfaiteurs, d’hommes politiques, entre autres, ont aussi attiré l’attention des observateurs. L’orphelinat de Tambacounda, l’hôpital régional, le village d’enfants SOS, des écoliers, entre autres, en étaient les principaux bénéficiaires.


 Sur le plan social toujours, la première pierre de la cité Niani qui devra compter 100 logements sociaux sur 17 hectares, a été posée par le directeur de la SNHLM Mamadou Kassé. Cette société n’avait plus construit de tels logements à Tamabacounda depuis 1986.


En ce qui concerne la culture, la région a abrité des évènements culturels comme la Semaine départementale des arts, des lettres et de la culture co-organisée par le conseil départemental de Tambacounda et la mairie.


 l y a eu aussi le Festival des ondes d’intégration de Bakel, ainsi que le festival du Niani dans le département de Koumpentoum.


 Enfin, en sport, un fils de Tambacounda du nom de Moustapha Ndiaye, a remporté le championnat du Sénégal de Taekwondo.

ADI/BK