Le renouvellement des titres de séjour : nœud  géorgien des expatriés (diplomate)
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Le renouvellement des titres de séjour : nœud géorgien des expatriés (diplomate)

+++De l’envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly+++

Genève (Suisse), 29 mai (APS) - Le renouvellement des titres de séjour et celui des documents administratifs comme le passeport et/ou la carte d’identité sont les principaux problèmes auxquels sont confrontés les expatriés africains en Suisse en général et les Sénégalais en particulier, a indiqué le représentant permanent de la Mission du Sénégal aux Nations unies à Genève (Suisse), Coly Seck.
 
 
En suisse le principal problème pour les sénégalais comme pour tous les autres expatriés africains concerne le renouvellement des titres de séjour, de leurs papiers d’origine comme les passeports, les cartes nationales d’identité, a dit l’ambassadeur Coly Seck dans un entretien avec l’envoyée spéciale de l’APS.
 
"Les Africains qui viennent en Suisse de manière légale le font principalement pour une affectation dans les nombreuses institutions internationales des Nations unies, par le biais de la demande d’asile politique, du regroupement familial" a estimé M. Seck, soulignant qu’ils sont rarement des immigrés clandestins comme dans d’autres pays européens.
 
 
"Sans titre de séjour, sans pièce d’identité, il est impossible de s’insérer dans l’activité économique et sociale du pays" a fait noter le diplomate.

Selon qui, "l’admission des ressortissants africains sur le marché suisse de l’emploi est devenue de plus en rare avec l’accord sur la libre circulation en 2002 dans les pays de l’Union européenne".

"L’employeur doit apporter la preuve qu’il n’a pas réussi à trouver le travailleur qu’il recherche dans le marché de l’emploi prioritaire (citoyen suisse ou de l’UE) s’il veut engager un africain" a-t-il indiqué.
 
Prés de 80 mille citoyens de l’UE travaillent en Suisse dont certains traversent chaque jour la frontière, confie le diplomate sénégalais.
 
Il y a des africains qui s’installent avec le statut d’étudiant, d’autres se marient avec un citoyen suisse.

Des chemins existent donc, mais ils sont toujours plus étroits du fait des "conditions drastiques pour le renouvellement du titre de séjour", renseigne un sénégalais, fonctionnaire à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) installé à Nyon à 24 kilomètres de Genève.
 
"Venir en Suisse comme travailleur immigré, c’est devenu une mission quasiment impossible, tant les critères d’admission sont précis et nombreux", explique un ressortissant sénégalais, Assane Mbaye installé à Ferney Voltaire, dans la partie française de l’autre côté de la frontière avec la Suisse. 
 
Assane Mbaye qui fait le tour des marchés hebdomadaires de la région française jusqu’à la frontière Suisse pour écouler sacs, accessoires pour cheveux et pochettes ne dépasse pas Ferney Voltaire pour entrer en Suisse du fait des contrôles inopinés d’identité à la frontière.

"Les bus des lignes F et Y qui relient chaque jour les villes françaises de Ferney, du Jura et de Gex à la gare de Cornavin, à Genève ou à l’aéroport reçoivent très souvent les contrôleurs" a-t-il expliqué, expliquant ainsi "les entrées pratiquement nulles en Suisse"

"Les Africains privilégient les pays méditerranéens comme l’Espagne et l’Italie, plus faciles d’accès et dotées de législation plus souple" a, pour sa part, souligné un réceptionniste sénégalais dans un hôtel à Genève.
 
L’immigré africain doit prouver qu’il est bénéficiaire d’un contrat de travail et d’un logement et qu’il est capable de s’intégrer dans l’activité économique suisse.

Une montagne de conditions, que certains Africains parviennent malgré tout à réunir , selon les statistiques des services consulaires du ministère des Affaires étrangères Suisse qui a recensé prés de 90 000 africains dont 1500 sénégalais sur le territoire.
 

ADL/PON