Le changement climatique est également un problème de territoire (expert)
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Le changement climatique est également un problème de territoire (expert)

++++De l’Envoyée spéciale de l’APS : Adama Diouf Ly+++

Ouagadougou, (Burkina Faso) 24 fev (APS) – L’idée de l’Association internationale des Maires Francophones d’instaurer un groupe de plaidoyer sur le changement climatique est une réponse à un problème des collectivités territoriales, a soutenu l’expert consultant en économie du changement climatique, Antoine Faye.



 


‘’Le plaidoyer initié par les maires relève du fait que le changement climatique est également un problème territorial dans la mesure où les vulnérabilités d’un pays à un autre sont différentes comme elles sont aussi différentes d’un territoire à un autre’’, a t –il dit dans le cadre des travaux du groupe de plaidoyer lors de la Conférence annuelle de l’AIMF vendredi à Ouagadougou.


 


Dans les négociations, la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques concerne seulement les Etats nations, a t-il précisé.


 


Il a donné l’exemple du Sénégal où la zone Ferlo, comme territoire, ne peut être comparée, en termes de changements climatiques, à la zone côtière.


 


‘’Si la réponse nationale qui est apportée aux effets du changement climatique n’est pas scindée, en termes de territoires, on risque de favoriser une zone par rapport à un autre’’, a t –il assuré.


 


C’est pourquoi, a t –il rappelé, des organisations, des réseaux de par le monde se sont levées pour demander à la Convention des Nations Unies sur le climat de considérer cette perspective de territorialisation de la réponse face au défi climatique avec l’implication des élus locaux.


 


Mais pour cela, il faut introduire dans le texte de la Convention des accords et des références qui adressent cette dimension nouvelle, selon Faye. ‘’Cette transition de réponses face au défi climatique demande des moyens qui peuvent venir de financements du fonds climatique’’, a t –il ajouté.


 


Pour le consultant, le Sénégal est parvenu depuis quelque temps à équilibrer cette préoccupation avec le Comité national sur les Changements climatiques ouvert à toutes les institutions, à toutes les expertises pour faire en sorte d’établir un lien entre la réponse nationale et la préoccupation territoriale.


 


Depuis le mois de décembre, avec la préparation du programme pays au Fonds vert climat, le Comité se déplace dans les régions par territoire (Fatick, Kaolack, Kaffrine, Diourbel, Tambacounda) pour les former en termes de compréhension de ce mécanisme de financement et de l’apport demandé aux bénéficiaires. Le même exercice a été fait pour la région Sud et la région Nord. Une expérience partagée lors de la Conférence de Ouaga.


 


Toutefois, a t –il relevé, ‘’chaque municipalité, chaque territoire doit veiller à créer en son sein, une capacitation technique pérenne qui ne dépend pas du mandat électoral des maires’’.


 


‘’Certes les collectivités territoriales ont toujours besoin du leadership des maires, mais ils sont là pour un temps déterminé alors que la problématique du changement climatique est toujours là’’, a t –il précisé.


Lors de la restitution des travaux du groupe de plaidoyer sur le changement climatique, le maire de Ndjob, Secrétaire permanent de l’Association des maires du Sénégal (AMS), Oumar Bâ, a souligné la nécessité pour l’AIMF de ‘’renforcer la sensibilisation et les compétences techniques des élus sur les enjeux des changements climatiques’’.


 


Il s’agit également de ‘’renforcer l’appui aux collectivités locales dans la mise en œuvre de leurs études de faisabilité et de leurs projets’’, a t –il dit.


 


Des recommandations ont été également faites aux maires, selon Oumar Bâ, pour intervenir dans les systèmes de collecte et de production de statistiques locales afin de favoriser l’utilisation des Systèmes d’informations et de Gestion (SIG) pour les déchets, la foresterie et la fertilité des sols ainsi que l’identification des zones à risque.


 


Les élus locaux devraient aussi respecter l’engagement fait à Yamoussoukro en 2016 d’allouer 1% de leur budget au Fonds climat Territoire.

ADL/OID