La mairie de Thiès ouest rebaptise 20 rues de sa commune  en 3 mois
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La mairie de Thiès ouest rebaptise 20 rues de sa commune en 3 mois

Thiès, 29 avr (APS) - Le maire de la commune de Thiès ouest, Alioune Sow a dévoilé, samedi à la cité Malick Sy, la plaque de la rue Momar Fall Nahwou, ainsi nouvellement rebaptisée, a constaté l’APS.
 


Cette cérémonie entre dans le cadre d’un programme entamé depuis 3 mois et qui a permis, à ce jour, de donner à 20 voies de la collectivité territoriale des noms de personnalités locales ayant rendu des services aux populations.

 
 
Longue d’environ 500 mètres, la rue Momar Fall Nahwou est coincée entre le Lycée Malick Sy et la cité du même nom. Momar Fall Nahwou était un disciple du chef religieux tidiane Elhadji Malick Sy de Tivaouane, qui lui avait enseigné le Coran et donné le surnom Nahwou (grammaire en arabe), en raison de ses compétences reconnues dans cette matière.


Né à Nguith Fall en 1886, il s’est établi et ouvert, après ses études, un "daara" dans la ville de Thiès où il avait officié comme imam pendant 40 ans. De cette ville, il propageait l’islam dans les villages environnants, selon le doyen de la famille du parrain, Mayoro Fall, qui n’a pas caché son émotion.

La cérémonie qui a eu lieu dans cette rue, s’inscrit dans une initiative du conseil municipal qui a permis depuis 3 mois de baptiser ou renommer une vingtaine de rues, a indiqué le maire Alioune Sow.

Qui ajoute que "désormais ses rues portent des appellations d’imams, de directeurs d’école, d’agents de santé, d’hommes politiques, dont les services rendus à la population ont été attestés par des sages de la localité".

"Il reste 18 rues à inaugurer", a dit le maire Alioune Sow, informant que trois le seront le 12 mai prochain et l’une d’elles portera le nom de Lucien Preira, un ancien directeur d’école.

"Aucune rue n’a été rebaptisée par sentiment ou considération familiale" a précisé l’édile, laissant entendre que "les diplômes obtenus ou le niveau de richesse importent moins que les services rendus aux Thiessois".

Alioune Sow a en outre fustigé le fait que beaucoup de passages, comme la plus grande avenue de Thiès, portent toujours des patronymes d’Européens dont "nul ne sait ce qu’ils ont fait pour les habitants de Thiès", reléguant au second plan des hommes de valeurs.

Pour lui, dans un contexte où on parle de retour aux valeurs, il est temps de "revaloriser des personnalités locales" qui les incarnent, pour les offrir en modèles aux jeunes. Cette démarche a comme autre effet induit de garantir la propreté de ces rues, puisque les familles des parrains y veillent, a-t-il noté.

La rue Momar Fall, naguère très sale, a été nettoyée et le mur du lycée qui la longe repeinte en blanc par la famille qui a aussi supporté les frais d’organisation de la cérémonie, après avoir été saisie par le conseil municipal.

A titre d’illustration, le maire a fait remarquer que "depuis qu’il porte le nom de Amadou Sakhir Ndiéguène, l’hôpital régional de Thiès est devenu très propre, grâce à l’engagement de la famille du parrain".

Cette décision a suscité beaucoup de critiques de la part des politiques, mais a été très bien accueillie par les populations riveraines des rues rebaptisées, a affirmé M. Sow, notant que pour certaines propositions de baptême étaient sur la table, depuis 15 à 20 ans.

Sur la longue liste des suggestions de parrains figurent la socialiste Mantoulaye Diène, l’ancien Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré, l’écrivain et dramaturge Mbaye Gana Kébé, entre autres.

ADI/PON