La crise des valeurs, ennemi numéro un du Sénégal, devant la crise économique (responsable)
APS
SENEGAL-SOCIETE-ANALYSE

La crise des valeurs, ennemi numéro un du Sénégal, devant la crise économique (responsable)

Tambacounda, 3 juil (APS) - La crise des valeurs est l’ennemi numéro un du Sénégal, devant la crise économique, avec une jeunesse menacée par une "agression culturelle sans précédent", a estimé l’inspecteur de l’éducation Ablaye Niom, en service à l’inspection d’académie (IA) de Tambacounda (est).
 
"La crise économique n’est pas le pire des maux dont souffre le Sénégal, l’ennemi numéro un de notre cher Sénégal, c’est la crise des valeurs", a notamment indiqué M. Niom qui présidait dimanche, au nom de l’IA, la fête de fin d’année de l’école El Hadji Lama Bâ du quartier Abattoirs de la commune de Tambacounda.
 
Cette rencontre ayant comme parrain le docteur Abdoulaye Diagne, médecin-chef d’une clinique dans la commune, était axée sur le thème de la crise des valeurs et avait regroupé des autorités locales, religieuses et des parents d’élèves dans l’enceinte dudit établissement scolaire.
 
Pour l’inspecteur Niom, "c’est une lapalissade que de dire que la jeunesse qui constitue notre levier principal pour l’émergence est aujourd’hui menacée par une agression culturelle sans précédent". "Ce qui ne justifie pas certains comportements contraires à notre religion et à nos traditions", a-t-il ajouté.
 
"La population sénégalaise est très inquiète de l’éducation de ses enfants", a-t-il poursuivi, évoquant les agissements d’un "groupuscule prompt à défendre le libertinage et la perversion au nom des droits de l’homme".
 
"Lorsque des contre-valeurs telles que l’indiscipline, l’incivilité, la sexualité précoce, le manque de probité morale et d‘éthique, la médiocrité, la dépravation des traditions, la crise de l’autorité, le développement des menaces terroristes et l’esprit calculateur jadis jugés comme des tares sont aujourd’hui érigées en principes, il y a de quoi s’inquiéter", a-t-il relevé.
 
M. Niom a souligné le devoir et la responsabilité de tous, toutes confessions confondues, de protéger les enfants, les valeurs morales et religieuses, "fondatrices de notre cher Sénégal", mais aussi de "veiller davantage aux programmes et spectacles contraires à nos valeurs".
 
Pour le responsable, certains médias "plus intéressés par la rentabilité" de leur activité que de leur rôle éducatif, sont aussi responsables de cette "désastreuse situation", en mettant au-devant de la scène, des sujets sensationnels comme les viols, vols, divorces, la diffamation, la sorcellerie, la diffamation, etc. 
 
Cela, au détriment de sujets éducatifs et de développement autrement plus importants, a-t-il dit.
 
D’où la nécessité d’une régulation par l’autorité compétente, de certaines émissions qui érigent en héros des marchands ambulants, des mécaniciens "occupant illégalement la voie publique et allant jusqu’à menacer l’autorité chargé de remettre de l’ordre".
 
A titre d’illustration de cette propension des médias à vulgariser certaines questions plutôt que d’autres, il a cité l’exemple de la célébration chaque année du 11 mai, date anniversaire du chanteur Bob Marley qui "n’échappe à aucun jeune Sénégalais".
 
Pourtant, cette même date coïncide aussi avec le décès, en 1934, du premier député noir d’Afrique à la chambre des députés en France, le Sénégalais Blaise Diagne, qui a "joué un rôle important dans le respect des droits des Noirs". "Mais combien le savent ?", s’est-il demandé.
 
Ablaye Niom estime que "la restauration des valeurs commence par une bonne éducation des enfants", bien qu’"éduquer son enfant consiste d’abord à s’éduquer soi-même’’. ‘’Enseignants et adultes doivent savoir que les enfants les imitent pour fonder leur manière d’être (…), d’agir", a-t-il poursuivi.
 
"Les valeurs comme l’union, l’amour du prochain, le respect des règles sociales, des pratiques religieuses et morales, la charité, la générosité, l’hospitalité, la solidarité, le respect des aînés, des invalides, la primauté de la collectivité sur l’individualité, le ’fit’ (courage), le ’ngor’ (retenue), ’jom’ (dignité) ’kersa’ (pudeur), doivent revenir le plus vite possible", a-t-il plaidé.
 
Pour lui, des rencontres de ce genre, dont il a salué le "choix réfléchi" du thème, contribuent à sensibiliser les populations sur l’urgence de restaurer ces valeurs en perdition.
 

ADI/BK