Forages ruraux : un préfet veut que le passage à la gestion privée soit
APS
SENEGAL-HYDRAULIQUE-GOUVERNANCE

Forages ruraux : un préfet veut que le passage à la gestion privée soit "le plus doux possible" pour les communautés

Tambacounda, 11 avr (APS) - Le préfet du département de Goudiry (Tambacounda), Abdou Sow, a attiré l’attention des autorités en charge de la réforme des forages ruraux sur la nécessité de faire en sorte que le passage de la gestion communautaire à la gestion privée soit "le plus doux possible", pour éviter des conflits éventuels.

"Il faut que le passage au privé soit le plus doux possible pour les communautés", a relevé M. Sow qui présidait mardi les travaux d’un atelier régional de restitution des rapports bilan diagnostic des plans de gestion des ressources en eau (PGRE).
 
Cet atelier portait également sur la situation de référence sur les actions GIRE (Gestion intégrée des ressources en eaux) dans la sous-unité de gestion et de planification (UGP) Sandougou, dans le cadre de la composante GIRE du projet PEPAM-UE, financé pat l’Union européenne.
 
"Des conflits risquent de survenir entre les privés et les communautés, si on ne sensibilise pas", a averti le préfet de Goudiry, lors de cette rencontre qui regroupait au conseil départemental de Tambacounda, divers acteurs du secteur de l’eau.
 
Selon Abdou Sow, les associations d’usagers de forages (ASUFOR) avaient atteint "un certain nombre de limites", mais eu égard à la gestion communautaire, elles étaient soucieuses de l’accès à l’eau du plus grand nombre. 
 
"Mais avec les privés, je ne pense pas qu’ils aient le même souci", a-t-il relevé, non sans préciser que même s’il peut y avoir des exceptions, avec les privés, c’est la recherche du bénéfice qui prime sur tout selon lui.
 
Avec les ASUFOR, les populations connaissaient le président de la structure qu’elles pouvaient critiquer, destituer par des élections, et l’autorité administrative pouvait intervenir pour remettre les choses en place, a-t-il encore commenté. Il a fait part de sa "crainte, si l’on n’y prend garde", que l’autorité administrative ne puisse pas avoir le même droit de regard sur le privé.
 
Le préfet Sow a laissé penser que la nouvelle mission assignée aux ASUFOR dans le cadre la réforme, pour défendre les intérêts des usagers auprès des privés, ne sera pas une tâche simple.
 
Aussi a-t-il souligné la nécessité d’anticiper sur certains conflits par la GIRE, qui peut aussi aider à résoudre des problèmes notés dans son département, notamment dans l’arrondissement de Kouloï et dans la commune de Sinthiou Bocar Aly.
 
 "Des conflits naissent à cause de la transhumance", dans ces deux localités, porte d’entrée des éleveurs en provenance du Ferlo, avec des milliers de têtes de bétail. "Les populations autochtones sont réticentes à leur fournir de l’eau", a-t-il dit, ajoutant de ce fait, les éleveurs veulent avoir chacun son puits. 
 
Pour le directeur de la gestion et de la planification des ressources en eau, Niokhor Ndour, les comités locaux eau dont la mise sur pied est prévue dans le cadre de ce projet, contribueront à résoudre ces problèmes. 
 
Le Code de l’eau en gestation qui intègre l’aspect GIRE, va mettre l’accent sur les outils de prévention des conflits, a-t-il dit. Il a souligné la forte pression sur la ressource en eau qui existe dans cette zone et la nécessité d’agir, avant que ne surviennent des conflits d’une certaine ampleur.
 
 

ADI/BK