Les médicaments des dépôts exposent les populations à de réels dangers (pharmacien)
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SENEGAL-SANTE

Les médicaments des dépôts exposent les populations à de réels dangers (pharmacien)

+++ Envoyée spéciale : Adama Diouf Ly+++

Touba, 1er août (APS) – Les médicaments commercialisés dans le marché parallèle à Touba (Diourbel) exposent les populations à de réels dangers de santé, a soutenu le président du Regroupement des pharmaciens de la région de Diourbel, Dr Mamadou Moustapha Mbengue.
 
’’C’est  un problème de santé publique et l’autorité étatique doit parler avec celle religieuse pour éradiquer ce fléau parce que le médicament soigne certes, mais c’est également un poison’’, a-t-il soutenu, mercredi à Touba.

M. Mbengue s’entretenait avec des journalistes en santé venus s’enquérir de la mise en œuvre de la politique de distribution de médicaments menée par la Pharmacie régionale d’approvisionnement (PRA)
 
‘’Si quelqu’un manipule un poison sans le savoir, il se met en danger, et par ricochet,  tout son entourage.  Le circuit parallèle est en général un circuit mafieux de contrefaçon de médicaments’’, a t-il ajouté. 
 
Pour le pharmacien, le circuit normal part du fabricant agréé vers le  distributeur autorisé et vers les pharmaciens qui sont des professionnels de santé. 
 
‘’Le marché noir des médicaments est mafieux et géré par des malfaiteurs qui ne  se soucient pas de la santé des populations, tout ce qui les intéressent c’est l’argent’’, a-t –il encore soutenu. 

Il y a ‘’de plus en plus de maladies d’insuffisance rénale chronique qui sont essentiellement dues à la prise de médicaments, dont la qualité et la traçabilité ne sont pas garanties par les autorités sanitaires’’’, selon Dr Mbengue qui confirme le médecin-chef de région et le médecin chef adjoint du District sanitaire de Touba. 
 
Pour le pharmacien, le problème de coût ne se pose pas, c’est juste une habitude et une méconnaissance des dangers.
 
Il a plaidé pour ‘’volonté politique plus accrue afin de régler définitivement ce problème’’.
 
L’implantation de plus en plus importante des officines dans la région et notamment à Touba, qui compte une quarantaine de pharmacies légales, contribue à ‘’faire baisser le recours des populations aux dépôts même s’ils sont toujours nombreux, surtout devant les structures de santé’’, a t-il relevé.
 
L’implantation des pharmacies est soumise à une réglementation qui les oblige à observer une distance de plus de 200m entre elles, alors que les dépôts s’installent côte à côte, devant les structures de santé et dans les marchés et à tous les coins de rue, a encore dit M. Mbengue.
 
L’Ordre des pharmaciens ne dispose pas aujourd’hui de ‘’pouvoir de régulation’’ pour faire face à ce problème, s’est t-il désolé. 
 
"Nous ne sommes ni policier ni gendarme, encore moins autorité religieuse et politique. Il appartient à ces derniers de réguler, nous ne pouvons que sensibiliser les populations des dangers qu’elles courent en achetant ces médicaments de la rue’’, a -t-il ajouté.
 
Pour le pharmacien, seule une approche multisectorielle peut venir à bout du fléau avec l’implication du secteur de la justice, du commerce, de l’intérieur avec les forces de l’ordre chargées du contrôle du transport des médicaments.
 
En effet, les camions de la Pharmacie nationale d’approvisionnement, les convoyeurs des grossistes agréés par l’Etat sont seuls autorisés à transporter des médicaments aux normes et standards arrêtés par la Direction nationale de la pharmacie et du médicament.

ADL/OID/ASG