Vih/Sida : L’inaccessibilité et la prostitution à Kédougou posent des problèmes dans la prise en charge (médecin)
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SENEGAL-SANTE

Vih/Sida : L’inaccessibilité et la prostitution à Kédougou posent des problèmes dans la prise en charge (médecin)

  De l’envoyé spécial de l’APS : Abdoulaye Iba Faye


Kédougou, 14 mai (APS) - La région de Kédougou du fait de son inaccessibilité à tous les niveaux et d’une forte prostitution, est confrontée à des difficultés de prise en charge du Vih/Sida [et d’autres pathologies] a fait noter, lundi, le médecin-chef de région (MCD), le docteur Cheikh Sadibouh Senghor.



"Sur les 43 Points de prestation de service (PPS) il n’y a que 13 qui sont accessibles par la route" a-t-il fait comprendre aux membres de l’Association des journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD) en visite dans la région.

Le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS) en collaboration avec l’AJSPD documente les bonnes pratiques sur la Prévention de la transmission mère-enfant (PTME) dans la région de Kédougou.

Selon le docteur Senghor, Kédougou est une région montagneuse avec des reliefs très accidentés variant de 20 à 40 mètres d’altitude en sus d’une pluviométrie forte qui commence au mois de mai pour finir en novembre.

"L’accessibilité au niveau de certains PPS avec une pluviométrie aussi élevée fait que des points sont, durant la saison des pluies, coupées du reste des districts" a-t-il indiqué.

Ce qui fait, dit-il, "toute la difficulté" dans la prise en charge du Vih dans la région. "C’est une région fermée avec la particularité d’abriter des sites traditionnels d’orpaillage et son corolaire de comportements divers dû au fait que près de 9 nationalités de la sous-région y vivent" a relevé Cheikh Sadibouh Senghor.

"Toutes les nationalités de la sous-région s’y côtoient et elles n’ont pas les mêmes réalités culturelles, linguistiques et/ou religieuses" a souligné le médecin-chef de région, précisant que c’est "une région à haut risque qui regorge de nouvelles générations de riches".

Cheikh Sadibouh Senghor a fait remarquer que ces nouveaux riches sont pour la plupart de jeunes qui s’enrichissent rapidement dans les sites aurifères et le plus souvent ils ne sont pas préparés à cela et s’en suit alors une pratique sexuelle sans retenue avec les travailleuses du sexe qui sont très nombreuses.

"Ce qui incite à une forte prostitution avec une cohorte de professionnels du sexe originaires de Kédougou, mais aussi d’autres pays de la sous-région qui gagnent leur vie dans les sites d’orpaillage traditionnels" a expliqué docteur Senghor.

LTF/PON