Vers une journée ’’Zéro pharmacie’’ pour s’insurger contre la vente illicite de médicaments (syndicat)
APS
SENEGAL-SANTE

Vers une journée ’’Zéro pharmacie’’ pour s’insurger contre la vente illicite de médicaments (syndicat)

Dakar, 27 juil (APS) - Le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS) compte organiser à partir de la semaine prochaine, une journée ’’Zéro pharmacie’’, pour dénoncer la restitution de produits pharmaceutiques saisis chez des vendeurs ensuite libérés sans avoir été jugés.
 
L’annonce a été faite jeudi lors d’une conférence de presse par le secrétaire général dudit syndicat, docteur Assane Diop, qui a par ailleurs évoqué d’autres actions retenues par le SPPS qui compte par exemple dénoncer cette décision auprès de la CEDEAO et des organismes pharmaceutiques internationaux.
 
Selon le pharmacien, la vente illicite de médicaments est un problème de santé publique en Afrique. Il signale que l’Organisation mondiale de la santé relève que 30 à 70 % de ces médicaments sont contrefaits et tuent environ 800.000 personnes par an dans le continent. 
 
"C’est dans ce contexte, explique le SG du SPPS, que le Comité national de lutte contre les faux médicaments et l’exercice illégal de la pharmacie, en collaboration avec Interpol, a initié les 6 et 7 juillet derniers, une vaste opération dénommée HEERA". 
 
Elle consistait à lutter contre le trafic de produits médicaux illicites et le démantèlement des réseaux impliqués dans les 15 pays de la CEDEAO et la Mauritanie.
 
D’après lui, l’opération s’est bien déroulée avec "de bons résultats "obtenus et salués par la profession pharmaceutique, parce qu’ayant permis la saisie de plusieurs tonnes de médicaments. Des interpellations ont été faites, suivies pour la plupart de jugements.
 
"Mais, ajoute-t-il, la profession pharmaceutique est fortement indignée du fait que cette opération s’est déroulée sur toute l’étendue du territoire, à l’exception de la ville de Touba, qui pourtant, constitue la plaque tournante de ce trafic avec plus de 300 dépôts illégaux".
 
Il a relevé aussi le cas de Darou Mousty où la gendarmerie a effectué normalement sa mission pour saisir les médicaments entre les mains de personnes non autorisées à la vente. 
 
"Non seulement les autorités ont restitué aux fraudeurs tous les produits saisis (plus d’1 tonne 200), mais les personnes interpellées ont été relâchées sans être jugées’’, a regretté le docteur Assane Diop.
 
"Nous trouvons cette décision irresponsable, voire criminelle, car elle fait fi de l’impact nocif que ces produits ont sur la santé des populations. La plupart de ces produits sont périmés ou contrefaits", fait-il observer, précisant que cela expose les populations de Touba et de Darou Mousty à ’’la consommation de médicaments de qualité inférieure’’.
 
’’Et nous, note-t-il encore, en tant que syndicat de professionnels ayant une mission de santé publique, nous trouvons qu’exposer une partie de la population en leur servant des médicaments de mauvaise qualité est extrêmement grave’’.
 

LTF/OID/BK